Lundi 11 avril, soit un mois et demi après le début de la guerre en Ukraine et un jour après la réclamation de Zelensky pour de plus fortes sanctions envers la Russie, la banque française Société Générale annonce quitter le pays, par crainte de devoir s’affronter à des contre-sanctions.
Avec 12 000 employés, ce qui représentait 10 % des effectifs de la société, la filiale russe Rosbank de la Société Générale était un poids lourd du secteur financier russe : la Russie représentait le troisième marché au monde pour l’entreprise. Elle cède donc sa filiale à Interros, société russe d’investissement dirigée par deux milliardaires dont Vladimir Potanine, oligarque russe proche de Vladimir Poutine, président de la Russie.
La banque française a cessé ses activités en Russie sous la pression. L’impact de ce retrait s’élèverait à 3,1 milliards d’euros.
Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste (il est notamment l’auteur de « La Fabrique du crétin », 2005), en connaît un rayon sur le chapitre de l’école. Il répond aux questions du Méridional dans une interviewdétaillée.
Le Méridional : Jean-Paul Brighelli, votre diagnostic sur la « fabrique des crétins »et sur les carences de l’instruction publique est partagé aujourd’huipar de nombreux enseignants. Que proposez-vous pour permettreaux élèves des classes primaires d’acquérir les savoirs fondamentaux(lire, écrire, compter) avant leur entrée en sixième ?
Jean-Paul Brighelli : A l’école, il faut imposer des méthodes qui marchent ! En clair, des méthodes alpha-syllabiques : Blanquer a expérimenté en grand pour Paris la méthode Lego qui donne d’excellents résultats, mais le principal syndicat du Primaire, le SNUIPP, l’a accusé de « caporalisme » et d’interférence avec la liberté pédagogique — beau masque pour la routine et la paresse de certains. Il faut que les quatre opérations de base soient un objectif clair pour le CP — alors que la division, par exemple, commence à peine à être enseignée aujourd’hui en CM1 ! Et encore avec une méthode très discutable, qui nous enfonce dans le classement (TIMMS) mondial des capacités mathématiques. Nous sommes à des années-lumière des « tigres » du sud-est asiatique — et juste devant le Chili, dernier de la classe. Pas de quoi pavoiser.
L.M : Doit-on à votre avis rétablir le certificat d’études qui a si bienfonctionné jadis ?
J-P B : Non : il n’aurait aucune valeur marchande. Le Bac lui-même n’en a plus — et c’est l’une des raisons qui m’amène à prôner son remplacement par un Certificat de fin d’Etudes octroyé à tous — puis on laisserait le Supérieur trier les étudiants, comme en Espagne par exemple. Ou comme le font déjà 40% des sections du Supérieur (Classes préparatoires, BTS, IUT, etc.)
il faut que les quatre opérations de base soient un objectif clair pour le cp
L.M : A quoi sert le « brevet des collèges », où l’on se contente surtoutd’apprécier les « engagements civiques » des élèves ?
J-P B : À rien. Ce n’est même plus un rite de passage, puisque la plupart des élèves l’ont avant même de le passer.
L.M : Seriez-vous favorable à un contrôle continu des connaissancespour remplacer le baccalauréat, totalement démonétisé de nos jours ?
J-P B :Je suis pour la vérité des notes sur le Bulletin scolaire — on en est très loin aujourd’hui, tous les élèves sont surnotés. Quant au Bac, avec 98,5% de réussite, il peut se targuer d’un taux de réussite qui ne s’observe qu’en Corée du Nord.
L.M : Pourquoi le bac est-il quasiment « donné » aux élèves, quel que soitleur niveau, au risque d’embouteiller les universités et de les transformeren déversoirs sociaux ?
J-P B : Pour faire plaisir aux familles — et pour s’offrir le luxe, très français, de claquer 900 millions d’euros pour rien chaque année. Les Universités devraient afficher la couleur, et annoncer au départ le nombre de places par spécialité — comme en médecine.
L.M : Faut-il à votre avis supprimer l’écriture inclusive et la culture dugenre indifférencié à l’école ?
J-P B : La question porte sa réponse. L’écriture inclusive est une offense à la langue — y compris la féminisation à outrance de certains mots ; « Je suis professeure » — on a envie d’ajouter « peuchère ! », tant cela sonne comme une finale marseillaise. Certaines universitaires tiennent à se faire appeler « maîtresse de conférence » — mais ne vous avisez pas d’appeler « maîtresse » votre avocate — sauf dans l’intimité. C’est incohérent. Quant à la culture woke, c’est le fer de lance de l’islamo-gauchisme qui déferle sur certaines sections du Supérieur — voir l’IEP de Grenoble. C’est la liberté d’expression à l’envers — l’obligation de se taire.
L.M : Comment rétablir l’autorité des professeurs dans des établissementsoù ce sont les élèves qui font la loi ?
J-P B : Souvent, tout tient à la personnalité et à l’autorité du chef d’établissement. Il faut dégager ceux qui tolèrent le moindre écart — sortir son portable pendant les cours, par exemple. Par ailleurs, il faut confiner les parents à la porte des établissements — ils n’ont pas à s’introduire pour agresser les enseignants ou l’administration. Enfin, il faut délocaliser les collèges sensibles — quitte à faire du « busing », comme aux Etats-Unis, pour y amener en bus les élèves. On a trop tendance à construire des ghettos scolaires dans les ghettos sociaux.
il faut confiner les parents à la porte des établissements
L.M : Peut-on envisager la suppression du collège unique ?
J-P B : Dans les faits, c’est déjà le cas dans nombre d’établissements, qui composent de « bonnes classes (via le jeu des options linguistiques, entre autres). Le procédé peut être aisément généralisé — à condition de construire des ponts qui permettent aux élèves méritants de passer d’un type de classe à un autre.
L.M : Comment parvenir à responsabiliser les familles d’élèves perturbateursou asociaux ou absentéistes ou fanatiques ?
J-P B : Frapper à la caisse — par exemple en supprimant la « prime de rentrée » correspondant à tout élève perturbateur. Suspendre les allocations familiales serait injuste et disproportionné — et n’aurait aucune chance de passer au niveau du Conseil constitutionnel, car cela aboutirait à créer deux catégories de Français. ¨Par ailleurs, les cas difficiles ne doivent plus être réintégrables à volonté, mais éloignés dans des « internats d’excellence » où on les dépayserait en les contraignant à se discipliner. Les conseils de discipline doivent porter majoritairement la parole des enseignants et de l’administration, alors qu’aujourd’hui les parents y ont un poids excessif.
Propos recueillis par José D’ARRIGO, rédacteur en chef du Méridional
« C’est quelqu’un qui ne connaît pas du tout la vie de nos concitoyens, qui n’est pas du tout préoccupé de ce décrochage terrible dans lequel sont aujourd’hui les classes moyennes, qui ne regarde pas les questions de pouvoir d’achat, qui considère que les services publics, l’école, l’hôpital sont des charges pour le pays, plutôt qu’un point d’appui pour notre pays et notre population », estimait Anne Hidalgo sur RTL début avril. La candidate socialiste qui a cumulé 1,8% de voix au premier tour affirmait que « Macron n’est pas de gauche ». Une étiquette politique que ce dernier se plaît à endosser.
La candidate malheureuse est même allée plus loin, en classant Emmanuel Macron « à droite ». Elle appelle donc à vote pour un candidat qui se dit de gauche, qu’elle dit de droite, et que la plupart des Français considèrent comme n’étant « ni de droite, ni de gauche ». Difficile logique.
Que voir cette semaine ? Le Méridional vous présente une sélection des films à l’affiche à partir du mercredi 13 avril, et des sorties du moment sur les plateformes.
Retrouvez ce jeudi sur Le Méridional la chronique Ciné/TV/plateformes.
CÔTÉ CINÉMA
• « Les Animaux fantastiques : les secrets de Dumbledore » (David Yates ; J.K Rowling -Scénario; Fantastique, Aventure) : dans les années 1930, des sorciers venus du Bhoutan, d’Allemagne et de Chine sont impliqués dans la Seconde Guerre mondiale. Avec l’ascension de Gellert Grindelwald, puissant mage noir au pouvoir, Albus Dumbledore, personnage de la série culte Harry Potter, sollicite Norbert Dragonneau, personnage principal des « Animaux fantastiques », pour qu’il réunisse une équipe afin de lutter contre Grindelwald et ses partisans. Conscient de l’importance des enjeux et de la guerre qui approche, Dumbledore se demande combien de temps encore il pourra rester en marge des évènements.
• « A l’ombre des filles » (Etienne Comar – Musical, Comédie) : ce film français met en scène Luc, un chanteur lyrique renommé qui accepte de se rendre à un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes, mais se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des détenues. Luc va alors tenter d’offrir à ces femmes un semblant de liberté. « A l’ombre des filles » parle aussi de musique: « La retranscription d’une émotion à travers l’abstraction musicale, je l’associe aisément à l’écriture cinématographique », explique le réalisateur, Etienne Comar, qui s’est inspiré de vrais détenues pour ce film, qu’il a eu l’occasion de rencontrer.
• « Le Stade » (Eric Hannezo, Matthieu Vollaire – Documentaire) : ce documentaire est une immersion au sein de l’équipe de rugby à XV du Stade Toulousain – équipe la plus titrée de France -, et son objectif de décrocher la 5ème étoile de champions d’Europe, afin de devenir le club européen le plus titré de l’Histoire, malgré des adversaires tenaces et les blessures.
• « Max et Emmy : mission Pâques »( Von Münchow-Pohl – Animation, Famille) : à l’approche de Pâques, Max, Emmy et leurs amis s’activent pour faire une fête mémorable. Mais les renards veulent supprimer Pâques : ils décident de s’emparer de tous les œufs décorés. Max, Emmy et leurs amis partent alors en mission pour les récupérer et sauver leur grande fête. A partir de 3 ans, ce film aborde des thèmes comme la coopération, le travail, l’amitié et la jalousie.
CÔTÉ PLATEFORMES
• « Mourir peut attendre » (Fukunaga – Action, Thriller; le 16 avril / sorti en octobre 2021 : James Bond doit sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé, alors qu’il a quitté les services secrets et qu’il se repose en Jamaïque. Mais il se retrouve aux trousses d’un mystérieux ennemi qui possède des armes redoutables…
L’inflation est restée la principale préoccupation des Français et le sujet abordé en priorité par les candidats à l’élection présidentielle. Alors que la hausse des prix ne semble pas vouloir s’arrêter, l’Insee a publié les résultats (provisoires) pour le mois de mars 2022. En février déjà, on a connu une hausse de +3,5%. Sur un an au 1er mars, les prix à la consommation ont bondi de 4,5%. Ce qui représente un record depuis les années 1980. « Cette hausse marquée de l’inflation résulterait d’une accélération des prix de l’énergie, de l’alimentation et, dans une moindre mesure, des services », a souligné l’Insee.
L’OM a empoché sa 7ème victoire d’affilée hier face au Montpellier Hérault. 3 points qui comptent presque double avec les mauvais résultats de Nice (0-3 face à Lens) et de Strasbourg (1-1 contre Lyon), et qui permettent aux Olympiens de se donner de l’air avant la réception du PSG dimanche 17 avril à 21h. Une forme olympique qui doit beaucoup à la capacité de rotation de l’équipe, avec Amine Harit en tête de liste.
Quand Payet s’essouffle, Harit soulage
Le mois de février a été un véritable tournant dans la saison marseillaise : avec la défaite face à Clermont (0-2), le nul contre Troyes (1-1), et 0 point pris contre Monaco au Vélodrome (0-1), les joueurs de Sampaoli commençaient à souffrir physiquement de la tactique de l’entraîneur argentin. On sentait les jambes lourdes, et ceux qui portaient l’équipe depuis le début de saison disparaissaient un peu plus à chaque match. Sans Payet en forme, les « Bleus et Blancs » n’étaient pas les mêmes, et cette « Payet-dépendance », ce qui devait être leur force, semblait se retourner contre eux.
Forcé de faire sans le numéro 10 marseillais contre Brest le 13 mars dernier, Sampaoli donne enfin des minutes à Amine Harit, presque mis au placard depuis le début de saison, et c’est la révélation. Vivacité, percussion, vision du jeu : l’international marocain se révèle finalement être un excellent substitut à Dimitri Payet, et participe grandement à la victoire olympienne contre les Brestois (1 but, 1 passe décisive). Depuis, l’ancien de Schalke 04 continue de gagner du temps de jeu, et survole dans la rencontre contre Saint-Étienne (2-4) avec un but et une omniprésence sur le terrain. Hier, il délivre une superbe passe décisive pour Dieng après une course pleine de sang-froid, et permet aux Olympiens d’ouvrir le score.
🌪 @Amine_000 🇲🇦 qui élimine la défense adverse pour une merveille de passe à 𝗕𝗮𝗺𝗯𝗮 𝗗𝗶𝗲𝗻𝗴 😍🇸🇳
Les places sont chères dans l’effectif olympien. Avec les indéboulonnables (Guendouzi, Payet, Ünder, Milik, Kamara),Amine Harit devra batailler avec Dieng, Gerson, Bakambu s’il veut prétendre à un gros temps de jeu dans le couloir gauche de l’attaque – le poste de numéro 10 et de buteur étant respectivement promis à Payet et Milik, dès que les deux seront titulaires. Mais le virevoltant numéro 7 impressionne de plus en plus et progresse sous Sampaoli, si bien qu’il commence presque à devenir l’un des nombreux chouchous du public. En continuant sur cette lancée, il fera à coup sûr partie intégrante du rush final marseillais.
Le coach argentin souligne d’ailleurs ses efforts et ses progrès lors de la conférence de presse d’après-match de la victoire contre Montpellier :« Harit ? Ce n’est pas une surprise, on l’attendait à ce niveau. Quand il a débuté avec nous, il se mettait peut-être parfois dans des situations compliqués avec le ballon. Il a évolué. C’est devenu un joueur vital, déséquilibrant, en un contre un ».Une déclaration qui ne manquera pas de faire plaisir au joueur de 24 ans, qui a mis du temps à véritablement convaincre son coach.
C’est un peu le symbole de ce qui fait la force de l’OM cette saison : un effectif complet et complémentaire, permettant aux joueurs de souffler, sans quoi ils auraient eu beaucoup de mal à suivre les consignes et le projet de jeu du coach. Jeudi, l’OM se déplacera en Grèce pour y affronter le PAOK, après la victoire 2-1 au match aller, et devra user de sa force de rotation – Dieng, Gerson et Kamara étant suspendus – pour se qualifier en demi-finale de Conference League.
Cela fait une quinzaine de jours que les passants matinaux de la rue d’Aubagne s’interrogent sur la présence des caméras et des camions autour de la place Homère – rebaptisée place du 5-Novembre (2018), date à laquelle a eu lieu le tragique effondrement d’immeuble, entraînant la mort de huit personnes. Les habitants eux, se sont habitués à cette ambiance particulière.
Le réalisateur Robert Guédiguian est actuellement en train de tourner un film sur le drame, avec l’acteur Jean-Pierre Darroussin notamment. On en sait peu pour l’instant sur la réalisation.
Du mardi 5 au dimanche 10 avril 2022, Limoges Métropole et la ville de Limoges ont accueilli les championnats de France de natation organisés par la Fédération française de Natation et la Ligue Régionale de Natation Nouvelle-Aquitaine. Qualificatifs pour les Championnats du Monde qui auront lieu du 18 juin au 3 juillet 2022 à Budapest et pour ceux d’Europe qui se dérouleront en août 2022 à Rome, ces championnats ont réuni 600 nageurs, accompagnés de leurs entraîneurs.
Résultat : 7 nageuses et 14 nageurs ont été qualifiés. Parmi ces gagnants, certains viennent de Marseille, tels que Marie Wattel, championne du 50m et du 100m en nage libre ; Mélanie Hénique, arrivée également en première place au 50m en papillon et en deuxième place au 50m de nage libre ; Florent Manaudou qui a gagné la médaille d’argent pour le 50m en papillon et la médaille de bronze pour le 50m en brasse ; et enfin Clément Secchi, arrivé premier au 100m en papillon et deuxième au 200m. Ces finalistes, tous membres du Cercles des nageurs de Marseille (CN Marseille), club de natation ayant déjà remporté dix coupes de France, pourront ainsi participer aux Championnats du Monde à Budapest organisés par la Fédération internationale de natation (FINA).
Cependant, tout ne s’est pas passé comme prévu pour nos nageurs marseillais : à la suite du 50m de brasse jeudi 7 avril, soit deux jours après le début des championnats, Florent Manaudou déclare sur les réseaux sociaux avoir ressenti des douleurs au niveau du genou.
Il était prévu qu’il se confronte à Maxime Grousset, champion de France gagnant de trois médailles d’or lors de ces championnats, pour le 50m de nage libre prévu samedi.« Je pense qu’il était peut-être un peu triste de ne pas m’avoir à côté de lui parce qu’on est un bon duo, on se fait la course toute l’année » a déclaré Manaudou. A l’issue des cas championnats, Grousset, nageur de 22 ans, s’est adjugé la meilleure performance mondiale de l’année sur le 100m de nage libre, et malgré tout, Florent Manaudou a réussi à s’imposer et devrait pouvoir participer aux championnats à Budapest et à Rome, même s’il a avoué être déçu de sa performance.
Ce sont les deux nouvelles mamelles politiques de la France : celle des barragistes et des potagistes. Les uns se prennent pour des castors et font barrage à tout ce qui bouge, les autres vont à la soupe présidentielle sans le moindre scrupule, qu’ils soient socialistes ou républicains…
Parmi les champions de France de la course à l’échalote figure la socialiste Anne Hidalgo, désormais honnie à Paris, qui a appelé à voter Macron à 20 h 04. Record battu. Il est vrai qu’avec 1,8% des suffrages, la belle Andalouse pourrait songer à une reconversion. Elle a été suivie de près à 20 h 20 par Valérie Pécresse (LR), candidate d’un parti qui n’était quasiment plus le sien et traversé par des dissensions tous azimuts.
Puis ce fut le tour à 20 h 26 de Yannick Jadot, vert de rage, d’annoncer son ralliement à Emmanuel Macron, puis à 20 h 28 de Roussel le rouge. Enfin, le grand battu de ce premier tour, le gauchiste mondain Jean-Luc Mélenchon, qui change de casquette comme de chemise, s’est exprimé à 20 h 46 en postillonnant à ses ouailles à trois ou quatre reprises : « Vous ne devez pas donner une seule voix à Madame Le Pen ». Ce qui revient à dire : « Abstenez-vous si ça vous chante ou bien votez Macron… Moi, je m’en lave les mains ! »
Les « potagistes » ont donc d’emblée ouvert les bras au président sortant dans l’espoir d’un maroquin ministériel ou d’une prébende quelconque pour subsister jusqu’à la session prochaine. Nul doute que chacun de ces nouveaux « marcheurs » sera bien accueilli pour la randonnée à venir car M. Macron a besoin des l’abstention des Insoumis et du bon report des suffrages socialo-communistes pour faire le plein des suffrages dits « progressistes et mondialistes ».
Le président sera-t-il réélu pour autant avec un score de maréchal ? C’est douteux. La cohorte de ses opposants est en effet devenue impressionnante. Un sondeur ami est certes venu à son secours dès vingt et une heure pour annoncer, des trémolos d’effroi dans la voix, qu’un score « très serré » de 51 % à 49 % en sa faveur était envisageable. Mais ce sondage très opportun ne visait qu’à apeurer les électeurs de gauche pour les inciter à se prononcer contre le diable qui s’habille en Prada, Marine Le Pen, et sa clique de nazis, fascistes, extrémistes, etc.
Le festival antifascistes et antinazis, c’est reparti pour quinze jours. L’anathème est de rigueur. Tous les médias vont s’y mettre à l’unisson. Foin de ces manipulations éculées : le tour est joué.
Mais cette probable victoire d’Emmanuel Macron sera une victoire à la Pyrrhus, c’est à dire une victoire obtenue au prix de lourdes pertes. Pourquoi ? Parce que le président sortant a bien compris qu’il était loin d’être majoritaire dans l’opinion en France. Si vous additionnez en effet le bloc du camp national (Le Pen-Zemmour-Dupont-Aignan), soit 33 % des voix, plus le capital accumulé du chef des contestataires en carton-pâte (Mélenchon), soit 22 %, vous obtenez un total de 55 % des votants qui ne veulent à aucun prix d’Emmanuel Macron.
Ce triomphe bâtard des « barragistes » et des « potagistes » – les deux nouvelles mamelles politiques de la France – c’est celui d’un homme désormais isolé sur son Aventin. Il incarne le succès a minima d’une France minoritaire qui impose sa vision du pays à une France disparate mais majoritaire. Où est passée la démocratie dans ce micmac ?
On a l’impression d’assister, non plus à des élections, mais à des éliminatoires. Avec, au poteau d’arrivée, un double torpillage de l’intérieur du PS et des LR par le président sortant, dont l’habileté féroce s’apparente à celle d’un strip-teaser enclin à dépouiller ses adversaires de toutes leurs forces vives. Les scores du PS et des LR sont à cet égard très éloquents.
Cependant, les ralliés à Emmanuel Macron vont être amenés à cautionner une politique migratoire, fiscale, sécuritaire et sociétale qu’ils combattaient ardemment jusque-là. Autant vous dire qu’ils vont avaler leur chapeau et être confrontés à l’intense mépris de leurs électeurs. Les reniements opportunistes passent très mal dans l’opinion. Surtout quand des députés LR tels que Bernard Reynès ou Bernard Deflesselles assument le score de leur parti et restent fidèles à leurs couleurs.
A Marseille, par exemple, il suffit de constater les scores dérisoires obtenus par le PS et LR pour se rendre compte que 65 % des électeurs marseillais de gauche et de droite sont vent debout contre Emmanuel Macron. Avec seulement 1,10 % des suffrages pour Anne Hidalgo, Gaston Defferre doit se retourner dans sa tombe ! M. Macron lui-même n’arrive qu’en troisième position à Marseille, une ville qu’il a pourtant arrosée de milliards pour la réfection des écoles et des logements !
La victoire à la Pyrrhus du camp macroniste contient en germe tous les ingrédients d’une révolte sociale dans la rue. Voilà pourquoi le président paraissait si fébrile lors de son discours un peu échevelé d’ouverture dimanche soir. Bref, c’est la soupe à la grimace pour lui, mais aussi pour tous les autres : Eric Zemmour, en dépit d’une bonne campagne a été diabolisé d’emblée par la presse parce qu’il s’entête à défendre la France, non mais, où se croit-il donc Zemmour ?
Son score de 7 % n’est pas celui qu’il escomptait et il devra tirer les leçons de certaines erreurs et de sa propension à dire l’âpre vérité à des Français habitués désormais à l’euphémisme, à la componction et à l’infantilisme.
C’est aussi la déception à peine masquée pour un président qui a été illégitime durant cinq ans et le sera de nouveau, pour sa principale opposante qui a encore raté la marche et devra s’effacer à l’issue du second tour, déception énervée pour Mélenchon qui devra songer à une retraite paisible et passer la main au jeune rouquin du nord Adrien Quatennens, dont le talent est infiniment supérieur au sien, pour Jadot, piètre incarnation d’une écologie qui a pourtant le vent en poupe, et pour Valérie Pécresse, héritière impuissante d’une implosion annoncée, préméditée, préparée par le président en exercice…
Reste une inconnue, de taille : M. Macron pourra-t-il de nouveau faire élire à l’assemblée nationale une majorité « rose-horizon » à sa dévotion ? Ce n’est pas sûr du tout. Si Marine Le Pen et Eric Zemmour parviennent à conclure un accord électoral pour les législatives de juin, le camp national pourrait avoir de nombreux élus dans toute la France et si les Mélenchonistes vont un tant soit peu aux urnes, ils obtiendront aussi une belle brochette de députés.
L’exaspération est telle dans le pays que le camp national et l’union populaire de Mélenchon pourraient obtenir une majorité au Parlement et contraindre Emmanuel Macron à une cohabitation inédite qui permettrait enfin de prendre en compte des réformes dont il ne veut pas entendre parler en matière d’insécurité, d’immigration, d’identité, d’ensauvagement, de pouvoir d’achat…
Si l’abstention n’est pas trop importante en juin, ce scénario pourrait se réaliser et redonner espoir au peuple français et aux patriotes de tous horizons qui souhaitent que la France reste la France et que les petites gens aient enfin voix au chapitre.
L’OM évolue une nouvelle fois à domicile avec la réception de Montpellier. Les Marseillais sont bien mieux au Vélodrome depuis un certain temps, ils ont l’occasion de faire le break après la lourde défaite de Nice (0-3 face à Lens).
La belle surprise du soir est la titularisation de Steve Mandanda par le coach Sampaoli qui a choisi un 4-3-3 avec Harit à la place de Payet et Kamara en défense centrale. Un milieu de terrain à trois avec Gueye, Guendouzi et Gerson, les couloirs son eux gérés par Rongier, et Ünder côté droit, et Luan Peres et Dieng à gauche. Les deux équipes font un début de match mais c’est l’OM qui dès la 9ème minute ouvre le score. Harit, bien servi en profondeur par Rongier, vient offrir un caviar à Dieng qui n’a plus qu’à pousser dans le but vide. La rencontre est débridée : les Montpellierains se créent deux grosses occasions, mais c’est une nouvelle fois l’OM qui, après un tacle en retard sur Dieng, reçoit un penalty, ce dernier transformé sans trembler par Ünder. Les Héraultais proposent un jeu débridé, ils libèrent beaucoup d’espace que les Marseillais ne se privent pas d’exploiter.
La deuxième période repart sous les mêmes dispositions et les deux équipes se procurent beaucoup d’occasions. Les changements interviennent à l’heure de jeu avec les entrées de Dimitri Payet et Luis Henrique, que nous n’avions pas vu depuis un certain temps. Le deuxième acte est tout de même moins emballant que le premier. Les deux nouveaux entrants, Lirola et Kolasinac, viennent asseoir une victoire olympienne somme toute méritée.
Le joueur le plus en vue du match a été Amine Harit, qui se dresse en véritable successeur de Payet pour le futur. Pour le moment, ils sont tous deux en forme pour notre plus grand plaisir. L’OM a préparé au mieux le déplacement de jeudi en Ligue Europa Conference ; en attendant le classico dimanche prochain, les hommes de Sampaoli poursuivent leur belle série en championnat.
Fabrice HUART
Fabrice Huart est entraîneur de football depuis une vingtaine d’années. Né à Nîmes, il a suivi sa pré-formation et sa formation au club de sa ville natale : le Nîmes Olympique. Ayant exercé à différents niveaux, il est aujourd’hui entraîneur en National 3 avec le FC Côte Bleue et consultant pour le Méridional, où ses articles sur l’OM sont à lire chaque semaine. Formateur occasionnel pour la Ligue Méditerranée, il forme et certifie les diplômes des futurs entraîneurs régionaux.