mardi, juillet 14, 2020
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MARSEILLE ET L’EXPERIENCE DU MALHEUR Notre série d’évocations par Gabriel CHAKRA 1. Pourquoi Jules César assiégea Marseille

Aussi loin que plonge notre regard dans le passé, et sur la très longue distance, l’élément majeur qui apparait réside dans l’étonnante capacité de Marseille à affronter les épreuves, à les endurer, puis à les surmonter. C’est un invariant historique. Toujours elle a survécu quand on la croyait définitivement déchue ou perdue, parfois même rayée de la carte. Cramponnée à la vie comme à son rivage, l’aptitude au rebond est dans son ADN. Voici des événements qui jalonnent son histoire mouvementée et qui marquent encore sa conscience collective. Ils sont développés en de larges traits, en allant à l’essentiel, ce qui est aussi une manière de raviver la mémoire.

1.- Je te fais la guerre si tu n’es pas mon ami…

Pourquoi Jules César assiégea Marseille

Dès sa fondation, Marseille tira sa richesse de la mer. La navigation lui permit de développer ses activités commerciales, de fonder des colonies – Le Brusc, Hyères, Antibes, Nice. Entre 218 et 203 avant l’ère chrétienne, le déclin de Carthage affaiblie par la Deuxième Guerre punique menée par Rome contre sa grande rivale du Sud, lui assura la primauté. Aussi rayonna-t-elle sans concurrence de Gênes aux Pyrénées et dans le golfe du Lion.

Entre Marseille et Rome, la bonne entente prévalait. Les Romains avaient besoin de la marine de commerce marseillaise et, en contrepartie, Marseille bénéficiait de la puissante protection de Rome. Et pour cause : dès leur implantation au bord du Lacydon, l’actuel Vieux-Port, les Grecs originaires de Phocée suscitèrent l’hostilité de la tribu ligure des Ségobriges, bien décidés à bouter hors de leur terre ces gens venus d’Ionie, en Asie Mineure, sur les côtes égéennes de l’actuelle Turquie.

Car cette tribu ligure, contrairement à ce qu’on croit, était rétive à une greffe étrangère sur son sol. Aussi prit-elle les armes après la mort de leur chef Nann. Un conflit échelonné sur plusieurs siècles. Régulièrement assaillis, souvent en difficulté, les Grecs de l’antique Massalia ne durent leur salut qu’à l’intervention des légions romaines en 122 avant notre ère. Les soldats de Gaius Sextius Calvinus, en garnison sur le site de la future ville d’Aix, vinrent au secours de leurs alliés, détruisant l’oppidum d’Entremont, forteresse ligure, au nom de l’amitié séculaire qui régissait les deux villes. En effet, pendant la Seconde Guerre punique opposant Rome à Carthage, les Marseillais avaient apporté aux Romains une aide décisive. Compensant les faiblesses romaines en mer, ils mirent chaque fois leurs vaisseaux au service des Romains, notamment lors de la destruction de Carthage en 146 avant Jésus-Christ.

En ce temps-là, Rome, à l’apogée de sa puissance, possédait en Espagne des richesses minières. Un trésor à protéger. Stratégiquement, l’arrière-pays marseillais – le sud de la Gaule – devint le passage obligé entre l’Italie et l’Ibérie. Et sur cet axe routier les Romains, toujours enclins à administrer et à équiper les terres conquises, créèrent la province de la Narbonnaise avec, sur la via Domitius – la toute première grande voie du pays – la ville-capitale de Narbo Martius (Narbonne) en 118 av. J.-C.

Mais dans cet empire qui visait à dominer tout l’Occident, deux hommes briguaient le pouvoir : le noble sénateur Pompée et l’ambitieux Jules César. Figure respectée par les notables, Pompée jouissait d’un grand prestige. En Espagne, il venait de mater Sertorius qui voulait y créer un Etat indépendant. Pompée y cantonna ses troupes mais, pour consolider ses positions, il partit en Orient qui était, pour reprendre la formule usitée, la « pompe à finance » de Rome. L’Anatolie, la Syrie et l’Egypte recelaient de grandes richesses, et c’est en les accaparant que Pompée, comme le fit avant lui Alexandre le Grand, pouvait subvenir aux besoins de ses soldats en Espagne d’une part, et à entretenir d’autre part son armée et sa cagnotte personnelle. Le commerce en Méditerranée servait aussi à ce type de nécessité.

A son retour, Pompée constitua avec César et Crassus le premier triumvir détenant tout pouvoir à Rome. A la mort de Crassus, Pompée fut nommé par le Sénat consul unique de Rome. Cependant il eut du mal rétablir l’ordre dans une ville énorme, la plus importante de l’univers, secouée par des troubles permanents. Et il y avait un autre motif d’inquiétude : Jules César. Se tenant en retrait, mais guettant le moment propice pour agir, César qui avait le savoir-faire expéditif et qui rêvait d’un pouvoir personnel, franchit le Rubicon – un fleuve d’Emilie-Romagne – avec ses troupes, le 17 décembre 50. Aléa jacta est – les dés en étaient jetés ! La guerre fut déclarée avec Pompée, lequel alla se réfugier en Grèce. Prompt à tirer les marrons du feu, César s’empara sans coup férir de l’Italie et fonça droit sur l’Espagne, pour rallier à sa cause les soldats de Pompée.

Cruel dilemme : Pompée ou César ?

Sur la route de l’Espagne, en 49 avant J.-C., il y avait Marseille, l’amie reconnue de Rome. La ville était dirigée par un conseil de six cents représentants des corps de métiers, les timouques, sorte d’aristocratie sensible aux formes et aux convenances. La gestion des affaires courantes incombait à quinze magistrats issus de ces corps. Les circonstances obligeaient la ville à choisir entre César et Pompée. Cruel dilemme ! En fait, ces quinze magistrats, plutôt conservateurs, eussent aimé rester fidèles à Pompée, d’autant que celui-ci, pour garder Marseille dans son giron, y envoya Domitius à la tête de plusieurs vaisseaux de guerre, preuve de son soutien aux sages notables marseillais. Mais César postulait un principe simple : où tu es mon ami et tu me suis, ou tu es mon ennemi, et je te combats… Pour lui, les Marseillais devaient suivre l’exemple des Italiens plutôt que d’obéir à Pompée.

Après des tergiversations et hésitations, Domitius, fin manœuvrier, parvient à gagner l’édilité marseillaise à la cause de Pompée. Outré, Jules César mobilisa trois légions et déclara la guerre à la Cité. Les dix mille Marseillais, ayant fait provision de vivres et de matériel, se calfeutrèrent dans leurs remparts qui couraient sur deux kilomètres, englobant le Centre Bourse, la porte d’Aix et la butte des Carmes, tandis que leur flotte mouillait au large du Frioul en prévision d’une bataille navale. La place était commandée par Apollonidès et les quinze magistrats assuraient l’ambassade auprès du QG romain.

En face, Jules César alignait vingt-cinq mille hommes supérieurement armés et d’une expérience sans commune mesure avec une population aspirant à la paix… Il confia l’armée à Trébonius et la marine à Brutus. Un moment, il eut l’idée de prendre la ville par surprise mais celle-ci, bien défendue, l’en dissuada. Depuis son poste de commandement établi sur le plateau de Saint-Charles, le « Grand Jules » fit édifier (avec le bois de centaines d’arbres abattus dans le massif de la Sainte-Baume) une tour de 10 mètres de haut pour deux raisons : résister aux brandons lancés depuis les remparts contre ses soldats, et ouvrir une brèche dans ces remparts à l’aide d’une « tortue » fonçant droit comme un lourd et puissant bélier glissant sur une rampe. Le Génie militaire romain fit des prouesses techniques, mais la cité assiégée et défendue par Apollonidès résistait vaillamment. D’autant que César, parti en Espagne, laissait la conduite des opérations à ses deux lieutenants.

Guerre d’usure

Sept mois plus tard, avec le retour du conquérant, le sort des assiégés fut scellé. Malgré leur courage à mener vaillamment assauts et contre-attaques, sur terre et sur mer, ils ne pouvaient l’emporter. La guerre d’usure leur fut fatale. Face à un tel adversaire, aux moyens largement supérieurs en logistique, en armement et en expérience, la résistance s’avéra vaine. Seize vaisseaux marseillais furent détruits au Frioul. La population, accablée par le confinement, mais aussi par la chaleur et la maladie, manquant de blé et d’eau potable, se rendit à l’évidence.

Au final, les Romains réussirent à entamer les remparts d’une large brèche, et leur flotte déclarée victorieuse au Frioul. Bien que triomphant, César la joua modeste. Il rançonna la cité, il lui enleva des colonies sauf Nice et les îles d’Hyères, mais lui laissa les prérogatives d’une ville libre. A vrai dire, il punit Marseille d’une façon détournée, en favorisant l’émergence d’Arles, la Rome des Gaules, grand emporium voué à doter Rome de blés et de… fauves dont ses gladiateurs et un public conquis raffolaient. Panem et circenses !

Gabriel Chakra

Exposition au Château Borély L’HÉRITAGE (vraiment) SURRÉALISTE DANS LA MODE par Béatrice CHAKRA

Je vous recommande particulièrement cette nouvelle exposition Mode au Château Borély car elle permet de donner libre cours à votre imagination.

L’héritage du surréalisme dans la mode est proposé au travers de 30 modèles des collections du Château Borély. Au programme, des créateurs tels qu’ Issey Miyake, Chanel, Gaultier, ou Jean-Rémy Daumas . Une signification qui n’est pas anodine puisque la mode est l’art (visuel) du prêt-à-porter.

La critique de Béatrice Chakra :moi, j’ai bien aimé”

J’ai bien aimé cette expo présentant des robes, des tenues aux « beautés convulsives », sujet d’inspiration des années 30 et revendiqué dans les années 60/70 dans un contexte de libération sexuelle. Un clin d’œil envers la mode dure d’André Breton, je trouve.

Le motif des lèvres ainsi que d’autres parties du corps, comme l’œil ou la main dessinés sur des pièces précises reviennent de manière récurrente depuis les années 60 dans l’univers de la mode. Mais la plus belle, selon moi, est celle aux effets « trompe-l’œil » de Mary Katrantzou s’appliquant sur les textiles notamment en 3D. Une merveille !

Cependant, l’exposition est trop courte. Basculée sur deux pièces du premier étage, elle se visite en moins de quinze minutes. C’est mon seul bémol !

Béatrice CHAKRA

Musée Borély – Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode
Château Borély
134 avenue Clot-Bey
13008 Marseille

Entrée gratuite – 18 juin au 27 septembre, du mardi au dimanche de 9h à 18h.

Kiosquier, un métier en péril Par Jean-Paul BRIGHELLI

Où achetez-vous vos magazines en ce moment ?
À Marseille et Lyon, plus aucun titre national n’est disponible depuis plus d’un mois. Depuis la mise en redressement judiciaire à la mi-mai de Presstalis, principal diffuseur de la presse nationale, les antennes (SAD) des deux plus grandes villes de France après Paris ont déclaré forfait, occupées qu’elles sont par la CGT, qui sous prétexte de défendre l’outil de travail, est en train de le détruire.
Et de détruire du même coup les distributeurs de journaux, d’hebdomadaires et de mensuels, tout ce qui tisse le réseau d’information essentiel à la vie démocratique. Inutile de se plaindre de la désaffection des urnes : ce second tour des élections municipales s’est déroulé dans un trou noir de la presse papier.

Les incidences d’une telle politique jusqu’au-boutiste sont nombreuses.
D’un côté, la presse, sans débouchés commerciaux, meurt par étouffement. De plus en plus de magazines ne comptent plus que sur la diffusion en ligne pour survivre — et il y a des gens qui tenaient à lire leur journal en le tenant à la main, pas devant un écran. À le lire durant leurs trajets, en métro ou en train. À le lire le soir, tranquilles, allongés dans leur lit.
Par ailleurs, une désaffection se crée nécessairement vis-à-vis des kiosquiers, qui n’ont plus que des étalages vides à proposer à leur clientèle. En 2004, il y avait 55 kiosques à Marseille. Il en reste 20. Demain, ils seront bien moins nombreux, faute de rentrées financières. Pour le moment la Provence à Marseille ou le Progrès à Lyon ne réclament pas leur dû — mais jusqu’à quand ? Au sortir de la crise sanitaire, pendant laquelle les kiosquiers n’ont en général ouvert que le matin, ils se retrouvent obligés de pérenniser une option qui nécessairement réduit leur capacité de vente — et réduit d’autant le réflexe des clients, dépités de s’entendre répondre que non, Marianne, le Point, l’Express, Paris-Match, Valeurs Actuelles, et l’ensemble des hebdos de télé ne sont pas là. Ni aucun des quotidiens nationaux.
Enfin, cela supprime l’accès à une presse libre et diversifiée. Demain ne subsisteront que les fake news d’Internet.

Curieuse attitude que celle de la CGT, qui reste arcboutée sur des pratiques héritées du mythe ouvrier du XIXe siècle. La centrale de Philippe Martinez vit encore à l’époque de Germinal. Front contre front, sus aux patrons, faisons-leur rendre gorge.
Mais ça ne marche pas — on l’a bien vu à la SNCF. Le risque évident est l’ubérisation de tous ces services pris en otages par des syndicats irresponsables. Défendre son travail, certes — mais pas en menaçant le travail des autres.

Kiosque marseillais – photo Le Méridional

Vincent* est kiosquier près du port — et son métier, il le fait bien, un mot aimable à chacun, une science sans faille de son stock. Septuagénaire, il n’a que son kiosque pour vivre (et ce qu’il touche pour chaque exemplaire vendu est vraiment dérisoire). Depuis quatre mois, son métier est au point mort, d’abord par la faute d’un confinement radical car pensé dans l’urgence, faute d’une réflexion en amont, puis à cause du blocage de la SAD marseillaise. On hésite à lui demander avec quoi il mange. Son kiosque, c’est sa vie. Ce que le coronavirus, auquel il a échappé, n’a pas fait, la CGT s’en charge. À petit feu.

L’information est un rouage essentiel de la démocratie. Quotidiens et hebdomadaires offrent un autre son de cloche que des chaînes d’info qui imposent plus de chaînes que de vraies infos, on l’a assez vu depuis quatre mois. La CGT devrait comprendre que c’est dans une presse pluraliste qu’elle trouvera les relais médiatiques dont elle a besoin, pas dans une information monocolore, centralisée et contrôlée par de grands groupes qui font silence sur les revendications d’employés mécontents. Bloquer la distribution est le plus sûr moyen de mettre en faillite une entreprise déjà défaillante, qui sera remplacée demain par des systèmes indépendants, avec des livreurs payés au lance-pierre, juchés sur leurs vélos. Et non-syndiqués.

Jean-Paul Brighelli

(*) J’ai changé son nom, à sa demande. Il préfère ne pas s’exposer, me dit-il, aux représailles syndicales. Et il parle en connaissance de cause.

Elle a été réélue à la majorité absolue Martine Vassal : le plébiscite

C’est la politique des montagnes russes : battue à la régulière samedi aux municipales de Marseille par Michèle Rubirola, (celle qui se pose un peu là), Martine Vassal (LR) a pris sa revanche cinq jours plus tard en étant réélue présidente de la métropole Marseille-Provence avec une majorité beaucoup plus large que celle espérée par sa famille politique.

Détestée hier, adulée aujourd’hui : Martine Vassal est passée en cinq jours de l’abattement à la résurrection. Déjà majoritaire avec 109 voix dans l’hémicycle du Pharo, Mme Vassal a largement étoffé son capital naturel de suffrages puisqu’elle a été élue dès le premier tour de scrutin avec 145 voix sur 239 suffrages exprimés, soit 25 voix de plus dans son escarcelle puisqu’il suffisait de 120 voix pour obtenir la majorité absolue.

Il s’agit donc d’un véritable plébiscite puisque 25 voix de gauche se sont spontanément portées sur son nom.  Lesquelles ? Inutile de fureter et de lancer Eliott Ness ou le commissaire Maigret dans des recherches d’isoloir, elles demeureraient vaines car le vote a eu lieu à bulletins secrets. N’empêche, la claque essuyée par le communiste Gaby Charroux est éclatante : il ne réunit que 61 suffrages sur les 95 espérés et il va sans doute se demander longtemps quels sont ses amis aux humeurs printanières mais parfois versatiles qui l’ont abandonné en chemin…

Le fait est là. Charroux s’est fait empapahouté dans les grandes largeurs. On ne saurait en dire autant de Jean-Pierre Serrus, candidat de La République en Marche, ex-LR, qui a obtenu 22 voix au total, au lieu des 13 sur lesquelles il pouvait compter. Soit 9 de plus que son assiette normale. Des suffrages surnuméraires qui ne peuvent, là aussi, que venir des rangs de la Gauche, décidément très éclatée, puisque Mme Vassal et Stéphane Ravier ont chacun fait le plein de leurs voix.

Si vous ajoutez les 25 voix d’élus de Gauche qui ont choisi Vassal et les 9 voix de Gauche qui ont opté pour Serrus, vous obtenez un total faramineux de 34 élus de Gauche qui ont boycotté d’emblée leur camp. Voilà qui promet bien des tracas à Mme Rubirola, la nouvelle mairesse de Marseille, qui va devoir évoluer avec cette épée de Damoclès permanente au-dessus de la tête et cette interrogation lancinante : quels sont les 34 renégats qui nous ont fait défaut ?

La fin du « monstropole »

La métropole étant bipolaire, avec une tête à Marseille, et une tête à Aix-en-Provence, l’élection de l’excellent financier et économiste aixois Gérard Bramoullé en qualité de premier vice-président est un gage d’équilibre et de répartition équitable des ressources. Lui aussi, notez-le, a rassemblé 145 suffrages sur son nom, contre 80 votes blancs et 15 abstentions. C’est bien la première fois de sa vie que M. Bramoullé pourra s’enorgueillir d’avoir été élu par une partie de la Gauche…En tout cas, Maryse Joissains, mairesse inamovible d’Aix, sera bien présente à ses côtés pour « épauler » Martine Vassal et l’empêcher de sombrer dans les délires du « monstropole » qu’elle éreintait sous la présidence de Gaudin.

Très applaudie par sa large majorité, Mme Vassal a reconnu qu’elle ne s’attendait pas à un tel plébiscite : « mon score prouve que j’arrive à rassembler bien au-delà de ma famille politique », a-t-elle constaté sobrement. C’est le moins qu’on puisse dire. Ceux qui avaient préparé en douce un coup de Jarnac ou une nouvelle « enfillonade » en seront pour leurs frais. C’est raté.

Martine Vassal va pouvoir en toute légitimité amorcer une réforme profonde de cette institution assez lourde dont le fonctionnement a été jusqu’ici un échec. Elle va lancer sa « métropole de projets » en s’appuyant davantage sur les maires : à eux les compétences de proximité, à la métropole les compétences stratégiques relatives à l’aménagement du territoire et à la mobilité.

Martine Vassal sera la présidente de la république Marseille-Provence et les 92 maires seront ses premiers ministres qui pourront, enfin, s’occuper de ce qui les regarde. Souvent entravée par les difficultés administratives et l’inertie du « millefeuille », la métropole vient de renaître de ses cendres. Exactement comme une certaine…Martine Vassal.

José D’Arrigo

Rédacteur en chef du Méridional

Photo : extraite de la page Facebook de Martine Vassal

Martine Vassal – Bruno Gilles La double mort du Gaudinisme

Non, les Républicains ne pouvaient pas gagner cette élection municipale. Pour une raison très simple : ils étaient marqués par les stigmates de la division et l’infamie de la rue d’Aubagne, même s’ils n’en étaient pas directement responsables.

Le fameux « ticket » Gaudin-Muselier a bien fonctionné jusqu’en 2014, date à laquelle Jean-Noël Guérini n’a été battu que sur le fil grâce à un changement radical de slogan de campagne entre les deux tours de scrutin : « j’aime Marseille, je vote Gaudin ».

Cette fois, les Républicains se sont désunis d’emblée en se livrant à une pitoyable guerre des egos. Ils ont offert à l’opinion un « ticket inversé » selon les secteurs : Vassal-Gilles, Gilles-Vassal. Dans les huit secteurs de Marseille, les électeurs de droite ont été invités, à leur corps défendant, au spectacle désolant des escarmouches, des petites phrases assassines, des suspicions de fraudes sur les procurations et des procès d’intention entre les deux « bébés Gaudin » : Martine Vassal et Bruno Gilles.

Malgré les objurgations de Renaud Muselier, les deux prétendants au trône ont vite oublié que leur division ne pouvait qu’être néfaste, voire suicidaire, pour leur camp. Certes, tous deux ont eu le courage de se ressaisir et de revenir à de meilleurs sentiments : Vassal en s’effaçant in extremis au profit de Guy Teissier après son échec dans le 6/8, et Bruno Gilles en donnant ses deux voix à son ex-parti. Mais c’était bien trop tard pour réparer les pots cassés. Ils étaient devenus inaudibles.

Aucun dauphin à sa taille

Juché sur son piédestal, les mains croisés sur son embonpoint, Gaudin le rassembleur de chrysanthèmes a dû jubiler en douce et ricaner sous cape en voyant ses héritiers putatifs s’étriper à qui mieux mieux. Son vœu ultime s’ancrait ainsi dans la légende : rendre les clefs à la Gauche, aucun dauphin n’étant jugé à sa taille, comme Defferre en son temps…

L’histoire retiendra sans doute que Gaudin n’est qu’une créature de Gaston Defferre, effaré de l’ambition dévorante de Charles-Emile Loo et de son ascension en qualité de trésorier national du PS, et qui décida d’y mettre brutalement un terme aux législatives de 1978 à Marseille…en faisant voter les gros bataillons socialistes en faveur du jeune et primesautier Gaudin, incarnation d’une droite centriste jugée inoffensive.

De même, Guy Teissier l’a bien compris, Gaudin n’a pas fait tout ce qu’il pouvait faire pour conserver Marseille dans son camp politique. Il a divisé sa propre famille, puis il a assisté au désastre comme à un match de l’OM. En se frottant les mains et en comptant les points. Le jeu politique ressemble ici à un exercice de tuerie sur fond de mots doux et d’étreintes amicales. Gaudin m’avait confié un jour, alors qu’il briguait la présidence du Sénat :

« Vous savez, au Sénat aussi, on tue en douce ses adversaires, mais les moquettes du palais du Luxembourg sont si épaisses que les cadavres ne font jamais de bruit en tombant sur le sol… »

Non, décidément, la Droite ne méritait pas de gagner cette élection. Lorsque les médias socialistes se félicitent de la défaite de Stéphane Ravier (RN) dans le 13/14 et de la victoire au forceps de David Galtier (LR) au second tour, ils feignent d’ignorer que ce résultat inespéré n’a été rendu possible que par la défection volontaire de la Gauche au second tour, ce qui revient à reconnaître que le score final de Martine Vassal est aussi lié au bon vouloir de ses adversaires, et donc, sans grande signification.

Dans l’autre sens, Samia Ghali, elle aussi en panne de mémoire, fait semblant d’oublier que si Martine Vassal n’avait pas retiré de la course au second tour son candidat Moussa Maaskri (14 % des voix), elle aurait été battue à plate-couture par le Printemps marseillais de Coppola et jetée aux orties. Elue avec 5025 voix sur 47 912 inscrits, Ghali n’a recueilli « que » 10,48 % des inscrits mais elle a su faire payer très cher son petit pécule à ses nouveaux amis. Croyez-vous que ce résultat étique, squelettique, justifiait ses prétentions exorbitantes qui semblent davantage relever du caïdat politique que de la légitimité républicaine ?

Conciliabules interminables, chantage, pression, Mme Ghali aura maintenu le suspense de sa double allégeance possible jusqu’au bout du bout. Finalement, Mme Rubirola a cédé. Elle lui a tout donné pour bénéficier d’une majorité absolue de 51 voix au sein du conseil municipal : elle lui a confié un poste de deuxième adjointe, Payan étant inamovible à ses côtés, et trois autres adjoints choisis parmi les huit élus de sa liste : Roland Cazzola (11eme adjoint), Marguerite Pasquini (22eme adjointe) et Sébastien Jibrayel, le fils de son père (29 eme adjoint).

La mairesse et la traitresse

Dans l’autre camp (supposé), Mme Ghali a une sœur qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau : il s’agit de Lisette Narducci, la dame de tous les bons partis, mais surtout du sien. Voilà une élève de Guérini, qui soudain devient gaudiniste, puis qui fait campagne aux côtés du gaulliste Bruno Gilles parce qu’elle se sait barrée par Solange Biaggi dans le 2/3 et qu’elle n’a pas d’autre issue pour exister dans ce secteur. Elle réussit à battre sa rivale d’une poignée de voix au premier tour mais doit s’incliner au second tour, ce qui la condamne à être une simple conseillère municipale, poste qui ne satisfait pas ses ambitions.

Alors, elle va crier famine chez Rubirola sa voisine dans l’espoir de décrocher une prébende contre son allégeance et son vote. Et, bingo, elle décroche un poste de 26eme adjointe qui sanctionne sa piteuse félonie. Toutefois, la nouvelle mairesse de Marseille devrait se méfier des convictions versatiles de Lisette qui a été guériniste, socialiste, radicale, gaudiniste, gilliste et nouvellement rubiroliste…et se souvenir de l’avertissement de Stéphane Ravier : « nous préférons laisser entre eux les magouilleurs et les marchands de tapis ».

Cette élection marquera aussi l’échec d’une toujours possible union des droites tant espérée par les patriotes depuis des lustres :celle qu’avait réalisée de concert Jean-Claude Gaudin et Ronald Perdomo (FN) avait permis de conquérir le conseil régional en 1986 mais l’expérience n’a pas eu de suite. La double mort du gaudinisme, elle est là, aussi. Teissier et Stéphane Ravier n’ont pas réussi à s’entendre, au grand dam de leurs électeurs respectifs, ce qui remet cette entente hypothétique aux calendes grecques.

Que restera-t-il de cette échauffourée électorale empuantie par des suspicions tous azimuts de fraudes aux procurations et de bourrages d’urnes, y compris dans le secteur de Mme Ghali, ce qui pourrait conduire à une annulation du scrutin dans le 15/16, puisque seulement 386 voix séparent la nouvelle deuxième adjointe de Jean-Marc Coppola…Rien ou presque.

 Un parfum de désolation et de frustration. Comme toujours après les brusques montées de température qui rythment la vie de Marseille. Dans le secret de son cabinet, la nouvelle mairesse va devoir arbitrer entre des ambitions contradictoires dans un contexte budgétaire drastique avec l’obligation absolue pour l’ancienne hippie du Larzac et la talentueuse chanteuse de Gospel de trouver le bon tempo entre les diverses intonations de son patchwork ingouvernable.

Rubirola est bien là, mais elle devra trouver le « la ». Entre des partis qui se détestent (Verts, PS, PC), elle devra faire prendre la mayonnaise avec autant de brio qu’elle a réussi à le faire durant la campagne, c’est-à-dire en empaquetant le tout dans un concept marketing affriolant (le printemps) pour mieux masquer la flétrissure d’étiquettes vérolées. Puis, elle devra remettre à leur place ses alliées de circonstance qui marchandent le destin de la ville comme des brocanteurs du marché aux Puces. Elle aura largement le temps de se rendre compte, elle, la « technicienne de l’humain », qu’elle est entourée de techniciennes de surface politique…

Ce n’est pas Vassal, c’est elle, Rubirola, qui devra incarner « une volonté pour Marseille ». Elle semble pleine de bonne volonté, mais il n’est pas interdit de penser qu’elle finira, elle aussi, tôt ou tard, dans les bégonias. Parce que c’est ça Marseille.

José D’Arrigo

Rédacteur en Chef du Méridional

Rubirola hélas! Marseille : le printemps de Prague

Toutes les grandes escroqueries politiques sont nées sur la promesse d’un monde meilleur. La pseudo-révolution de mai 1968 en France a engendré une génération entière de dirigeants et de PDG qui épouvanterait les étudiants chahuteurs qu’ils ont été durant leur adolescence.

L’avènement de Mitterrand en 1981 a été perçue comme une libération festive par toute une jeunesse socialiste et communiste qui a été cruellement déçue par la suite. De même, l’élection de Jacques Chirac à la présidence en 1995 devait permettre l’éclosion des valeurs de la droite nationale : indépendance, liberté, ordre, responsabilité, souverainisme. Il n’en a rien été.

Avec Sarkozy, ils croyaient au karcher et ils ont eu Kouchner. Hollande et Macron n’ont été que les clones invertébrés de leur propre substance. La politique n’est souvent qu’une malédiction saluée par la liesse populaire. Les idées mirifiques s’y enlisent inexorablement dans la mélasse du quotidien…

Voilà pourquoi la victoire surprise de Michèle Rubirola me paraît du même ordre que les espoirs fous suscités en 1968 par le printemps de Prague et son fameux « socialisme à visage humain ». Le réformateur Alexander Dubcek avait cru pouvoir s’émanciper de la tutelle du parti communiste soviétique en introduisant en Tchécoslovaquie la liberté de la presse, la liberté de circulation et la démocratisation de la vie publique. Le printemps de Prague s’est soldé le 21 août 1968 par l’invasion des chars de combat et les soldats du pacte de Varsovie qui ont imposé leur « normalisation » en abandonnant toutes les réformes libérales de Dubcek. Rideau.

Les rêves idéologiques s’achèvent souvent par un réveil brutal aux réalités. Le Printemps marseillais n’échappera pas, hélas, à cette issue tragique. Tout se passe comme si le patchwork bricolé par le tandem vert et rose, Rubirola-Payan, était irisé de reflets brillants qui attirent les électeurs déboussolés. On appelle ça un « miroir aux alouettes ». C’est un leurre trompeur doté d’un emballage clinquant qui permet de piéger, en fin de cycle, ceux qui croient encore en un Marseille débarrassé pour toujours du clientélisme, du clanisme, du communautarisme, du népotisme et des guichets obligatoires sur le fronton desquels on peut lire la formule magique : « un tien pour deux tu me rendras… »

Les mêmes qui exultent aujourd’hui sur les décombres du gaudinisme auront demain la gueule de bois. Qui trop embrasse mal étreint. Les nouveaux venus veulent que « tout le peuple de Marseille s’implique dans la gouvernance de la ville » (Fortin), ils rêvent de « réconciliation entre Marseille-Nord et Marseille-Sud » (Ghali) alors que ces deux Marseille ne sont plus dos à dos mais face à face, et la nouvelle mairesse promet à ses ouailles que « le clanisme, le clientélisme et le népotisme, c’est fini ». Formidable. Génial.

La vérité, c’est que les marionnettistes du système politique vont simplement changer de titulaires. Voilà tout. Les alouettes folles de La Plaine vont s’écraser inéluctablement contre les bouts de miroir agités frénétiquement au-dessus de la Bonne Mère par les écolos, les socialos, les cocos et les gauchos. Le stratagème brillant ne fonctionnera qu’un temps, puis il s’écroulera, comme d’habitude, victime des vices de la nature humaine et des rouages d’un système implacable qui broie les plus belles intentions et saccage les âmes.

Que va-t-il se passer maintenant ? Les Marseillais qui croyaient naïvement à la légende de la pastèque (verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur) vont probablement vivre un été caniculaire avec une crise sociale, économique et financière sans précédent. Ils vont ramer jusqu’à l’automne dans l’attente d’une embellie et verront alors avec tristesse et consternation que les arbres de Rubirola ne tiennent pas la promesse des fleurs. Les feuilles tomberont en abondance et la végétation naguère luxuriante s’étiolera. Puis viendra l’hiver, semblable à celui de novembre 1956 à Budapest au cours duquel les révoltes populaires furent écrasées sans pitié et dans le sang.

Les nouveaux « gilets jaunes » seront tabassés et emprisonnés, leurs utopies abolies. Ils comprendront alors que l’élection au rabais de Rubirola (66512 suffrages seulement pour le printemps marseillais sur un demi-million d’inscrits) n’était qu’une victoire à la Pyrrhus, obtenue au prix de promesses si lourdes et si incohérentes qu’elles compromettent d’emblée leurs chances de succès final.

Et le Printemps marseillais aura vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin…

José D’Arrigo

Rédacteur en Chef du Méridional

Il a largement battu la mairesse sortante Vincent Goyet : un solide rempart pour Saint-Mitre

Vincent Goyet, 40 ans, nouveau maire de Saint-Mitre-Les-Remparts, s’est battu comme un lion durant six ans pour parvenir à convaincre une large majorité des électeurs Saint-Mitréens  du bienfondé de son projet. Le 28 juin, il les a ralliés à sa cause.

En 2014, Vincent Goyet n’avait réuni sur son nom que 24,12 % des suffrages contre 42,99 % à sa rivale Béatrice Aliphat, une mairesse qui s’est révélée être assez dirigiste et dont la gestion chaotique du personnel municipal a abouti à de nombreuses procédures judiciaires.

Très respectueux de la démocratie, considérant que Béatrice Aliphat était du même bord politique que lui, Vincent Goyet lui avait alors tendu la main pour travailler avec elle en bonne intelligence, mais il avait alors essuyé un refus dédaigneux. Alors, le pugnace Goyet s’est tourné vers ses coéquipiers et leur a dit : « nous allons nous transformer en laboureurs…»

En laboureurs politiques, évidemment. Vivant tous à Saint-Mitre et rencontrant les habitants au quotidien, ils ont tissé des liens avec eux, écouté leurs doléances et creusé patiemment le sillon de la proximité tandis que la mairesse, élue et vice-présidente de commission au conseil régional, passait le plus clair de son temps à Marseille. Présents en permanence à Saint-Mitre et bossant leurs dossiers, Goyet et ses amis ont pointé les erreurs grossières de Béatrice Aliphat, par exemple son idée saugrenue de construire 1000 logements à Saint-Mitre alors que 450 suffisent amplement aux besoins des habitants et qu’ils permettent de s’insérer dans le paysage sans porter atteinte à la beauté du site.

Pour Vincent Goyet, il n’est pas question de céder aux sirènes de l’urbanisation galopante et il sera un véritable rempart contre les jobards du gigantisme et de la bétonite aiguë. « Construire d’accord, estime Goyet, mais sans dévorer nos collines et sans rien cacher aux riverains sur certaines parcelles enclavées et peu propices à l’aménagement de logements collectifs. La forme urbaine, la hauteur et la densité des logements nouveaux doivent s’intégrer harmonieusement dans le site existant et ne pas injurier la nature ».

Nos Photos : Vincent Goyet et son équipe : un sourire rayonnant pour le renouveau de Saint-Mitre-Les-Remparts. (Photos Jean-Baptiste Raboin)

La stratégie du laboureur

La mairesse, trop préoccupée par son mandat régional et ses responsabilités à la commission « croissance verte, transition énergétique, énergie et déchets », aurait été bien inspirée de penser en priorité au développement durable de son propre village. A ceux qui osaient lui reprocher son absence, elle a laissé entendre que finalement, le cumul des mandats avait du bon et pouvait se justifier pour être plus efficace, une sornette régulièrement agitée par Jean-Claude Gaudin pour faire accepter sa double casquette marseillaise et parisienne.

Bref, la belle mairesse n’a pas senti venir la patate, tant et si bien que le 28 juin, à l’issue du second tour de scrutin, le score des deux rivaux s’est tout simplement inversé : Vincent Goyet 54,37 % des suffrages et Béatrice Aliphat 45,63 %.

Vincent Goyet, le laboureur, a gagné 632 voix en six ans tandis que sa rivale en perdait 247 durant le même laps de temps. Avec une participation de 60 % des électeurs inscrits, la victoire du jeune républicain est à la fois éclatante et indiscutable. Nul n’a d’ailleurs songé à la discuter et la mairesse sortante a reconnu sa défaite avec fair-play, souhaitant bonne chance à son successeur.

Vincent Goyet va à présent réanimer Saint-Mitre et la faire revivre. Les charges excessives de personnel seront réexaminées car la mairesse les avait augmentées de 500 000 euros environ en trente mois, le centre-ville sera revitalisé et le sens unique de circulation qui ne permet pas aux visiteurs de s’arrêter sera revu et corrigé. Saint-Mitre va changer d’ère, avec un nouveau plan local d’urbanisme plus cohérent, plus écologique et surtout plus en phase avec les vœux des habitants.

 Sept nouvelles plages seront aménagées sur le modèle de celles de Martigues avec tables de pique-nique et plantation de palmiers. Comme les eaux de l’étang de Berre sont de plus en plus pures et que les anguilles et les hippocampes sont de retour, voilà une très heureuse initiative. Le centre ancien sera restauré au fil du temps et plus personne ne pourra dire que Saint-Mitre est une cité qui dépérit.

Saint-Mitre ville dortoir, c’est fini. Cap sur l’animation, le changement, le commerce, la vie. Vincent Goyet va s’appuyer sur des gens bien, pas des idéologues sectaires, des gens de tous horizons qui ont la même ambition pour leur village et parlent donc le même langage. Ceux qui ont tenté de multiplier les attaques sordides sur l’équipe Goyet en seront pour leurs frais : on ne gagne pas en éclaboussant des torrents de boue sur ses adversaires dans les réseaux sociaux sans se discréditer soi-même. Oui, Vincent Goyet sera le vrai rempart de Saint-Mitre contre les miteurs et autres dynamiteurs de paysage qui tenteraient d’abîmer son site merveilleux.

José D’Arrigo

Rédacteur en Chef du Méridional

Marseille : les clefs d’une élection souterraine

Incroyable ironie de l’histoire : Guy Teissier pourrait être sacré maire de Marseille ce samedi 3 juillet 2020 au bénéfice de l’âge (75 ans) par l’homme qui l’exècre le plus au monde, Jean-Claude Gaudin. Il faut savoir que depuis cinquante ans, Claude Bertrand l’éminence grise du maire, et Jean-Claude Gaudin lui-même, ont juré que cet ancien parachutiste, friand d’ordre, de responsabilité et de justice sociale, ne serait jamais élu maire de Marseille.

Le duo machiavélique a-t-il conspiré en secret contre son propre camp pour convaincre certains de leurs conseillers municipaux amis de voter pour l’extrême-gauche ou de s’abstenir à seule fin de mettre un terme définitif aux ambitions de leur éternel rival ? Les deux compères sont-ils à l’origine de l’extravagante sortie de Lionel Royer-Perreaut, réélu maire du 9/10, qui a décidé de se présenter contre son mentor en politique, celui qui lui a tout apporté après la mort tragique de Yann Piat dont il était l’attaché parlementaire ?

On serait tenté de le croire lorsqu’on considère les arguments de Lionel Royer-Perreaut pour justifier son choix : un, Teissier aurait passé des accords occultes avec le Rassemblement national pour bénéficier de leurs neuf suffrages, deux, Martine Vassal n’aurait consulté personne pour désigner Guy Teissier à sa place et seulement parce que c’est le doyen des conseillers, trois, l’électorat marseillais a décidé, par la nature de son vote ambiguë, de ne pas trancher entre l’extrême gauche et la droite républicaine, obligeant ainsi les élus des deux camps à s’entendre en vue d’une nouvelle « gouvernance partagée », naguère assurée par Teissier lui-même à la tête de la communauté urbaine.

Sur ce troisième argument, on ne saurait donner tort à Lionel Royer-Perreaut car les scores enregistrés par l’extrême-gauche et la droite républicaine sont beaucoup plus serrés que ne l’indiquent les médias socialistes. Au premier tour de scrutin, le « Printemps marseillais » a en effet totalisé 6735 voix de plus que Martine Vassal (LR) sur 507 412 électeurs inscrits, et au second tour, lorsque Martine Vassal et Bruno Gilles mêlent leurs suffrages, cet écart se réduit à 2232 voix, c’est-à-dire une poignée de figues au regard du demi-million d’inscrits sur les listes électorales. C’est là qu’on comprend que la Gauche n’a pas vraiment gagné cette élection, elle a profité des divisions de la droite qui s’est en quelque sorte « auto-flinguée »…

Teissier-Royer-Perreaut : une animosité ancienne

En revanche, les autres arguments de Royer-Perreaut sont fallacieux. Ils cachent une réalité plus prosaïque. Souvenez-vous de la préparation des élections municipales en 2019 : il avait fallu que Martine Vassal se déplace elle-même à Mazargues pour éteindre l’incendie entre Teissier et Royer Perreaut, tous deux candidats au même poste de maire. Teissier avait fini par s’effacer pour sauvegarder les intérêts de son camp mais tout le monde avait compris qu’il y avait désormais de l’eau dans le gaz entre l’élève et son maître.

Nous pouvons même vous confier que ce conflit larvé a failli dégénérer en bagarre judiciaire, tant la tension était vive entre ces deux-là. Finalement, tout s’est arrangé en surface avec grands sourires et embrassades en face des caméras. Mais les arrières pensées vindicatives viennent d’éclater au grand jour : entre le député et le maire du 9/10 c’est la détestation cordiale. Et si Royer-Perreaut s’est précipité pour briser la dynamique impulsée par Martine Vassal, c’est parce qu’il sait fort bien que si Teissier est élu, lui, l’élève très indocile, ne tardera pas à finir à la trappe…

La défection de Lionel-Perreaut et sa stratégie du « tout sauf Teissier » peuvent-elles empêcher Teissier d’être élu à la majorité absolue ? Certes oui. Pour que Teissier recueille les 51 voix nécessaires (sur 101 conseillers), il faut qu’il table sur les trois conseillers de Bruno Gilles – ça, c’est fait, en principe -, ce qui porte le score à 42 élus partout entre l’extrême gauche et la droite républicaine. A partir de là, si Teissier parvient à convaincre quelques élus du Rassemblement National et de Samia Ghali de voter pour lui, il peut flirter avec les 51 voix de la majorité absolue, mais il devra décompter de son total la précieuse voix de son ex-ami Royer-Perreaut qui fera défaut à son camp.

Vous voyez qu’on n’est pas sorti de l’auberge. D’autant moins que les voix de Samia Ghali, femme de gauche qui aimerait avoir l’appui de la Droite, n’iront certainement pas toutes au Printemps marseillais qui peut mathématiquement espérer obtenir 50 voix avec cet appui providentiel des savoureux chichis-fregis de « Ma-Ghali » à l’Estaque.

Seulement voilà, Ghali est clairement enférocé contre le Printemps marseillais qui a voulu l’évincer du champ politique en maintenant contre elle la candidature de Jean-Marc Coppola alors que le RN était bien placé pour l’emporter. Ghali sait parfaitement que si Coppola l’avait emporté – ça s’est joué à 386 voix seulement ! -, elle serait aujourd’hui confortablement installée dans les poubelles de l’histoire politique de la gauche marseillaise. La pasionaria de l’Estaque sera donc tentée de rendre à l’extrême gauche la monnaie de sa pièce, peut-être en faisant à son tour la courte échelle à Martine Vassal qui l’a puissamment aidée à vaincre en retirant son candidat du 15/16.

« Une personne de confiance »

En outre, Olivia Fortin, la tombeuse de Martine Vassal dans le 6/8, ne s’est pas gênée pour affirmer sur les ondes qu’il n’était pas question de nommer Samia Ghali en qualité de première adjointe de Mme Rubirola. « Il faut désigner une personne de confiance issue de nos rangs », a-t-elle tranché. Une « personne de confiance » en marseillais, ça signifie qu’on ne peut pas nommer n’importe qui à un poste clef. Bonjour l’ambiance.

Pour corser un peu cet imbroglio municipal, on s’aperçoit, en lisant les noms des neuf élus du Rassemblement national, que six d’entre eux sont « Teissier-compatibles ». Bernard Marandat, Franck Allisio, Eléonore Bez, Sophie Grech, Cédric Dudieuzère et Stéphane Ravier lui-même auraient du mal à accepter en effet que Marseille soit gouvernée par des zozos de l’extrême gauche, un camp qu’ils ont toujours ardemment combattu. Ils seraient assez favorables à un « pacte marseillais »pour faire barrage au péril rouge.

Par ailleurs, qui peut avancer avec certitude que le camp Ghali est monolithique ? Personne. Qui peut soutenir que Roland Cazzola, Sébastien Jibrayel (le fils d’Henri), Marguerite Pasquini, Nadia Boulainseur et Samia Ghali elle-même vont célébrer en grandes pompes leurs épousailles avec leurs tueurs présumés ?

Enfin, tous les conseillers de l’extrême gauche voteront-ils comme un seul homme pour Mme Rubirola ? Nul ne le sait. Réponse samedi à bulletins secrets dans les urnes, et au troisième tour à la majorité relative. Mais si Guy Teissier réalise enfin son rêve d’enfant, celui de devenir maire de Marseille, lui l’enfant pauvre des quartiers nord, on ne saura jamais à qui il devra son écharpe. A Samia Ghali ? A Stéphane Ravier ? A Martine Vassal ? Ou bien aux trois partiellement réunis ? Mais certainement pas à son éternel rival : le rancunier Jean-Claude Gaudin.

José D’Arrigo

Rédacteur en Chef du Méridional

L’Ombre de Staline, d’Agnieszka Holland

Comme c’est curieux, comme c’est étrange ! Ni l’Humanité, ni la Marseillaise, toujours si friands de faits culturels, n’ont parlé du remarquable film d’Agnieszka Holland, L’Ombre de Staline. Ni la Provence, qui ne veut pas faire de peine à Mme Rubirola et à sa coalition rouge-vert — n’essayez pas sur votre palette, le résultat est innommable.

Le film devait sortir à la mi-mars. Trois mois de confinement plus tard, il arrive sur les écrans, et il ne faut pas le rater.

Outre que l’Holodomor, la famine programmée de l’Ukraine, en 1932-1933, qui a fait entre 2,6 et 5 millions de victimes, est un sujet fort peu traité au cinéma, la virtuosité dont fait preuve la réalisatrice franco-polonaise, sa direction d’acteur (elle a appris le métier auprès d’Andrzej Wajda, qui n’était pas un tendre), son maniement de l’Histoire et l’insertion délicate d’une intrigue presque sentimentale sont des qualités trop rares dans le cinéma international pour qu’on ne les souligne pas.

En deux mots, un jeune journaliste anglais, Gareth Jones (joué par un James Norton en situation de Candide horrifié), après avoir réussi un premier scoop en interviewant Hitler, se rend à Moscou avec la ferme intention d’interviewer Staline : il n’était pas si fréquent, dans ces années 1930, d’identifier aussi sûrement les deux grands bienfaiteurs du XXe siècle.

 Son contact sur place, un autre journaliste anglais, qui flairait en Ukraine une horreur indicible et avait commis l’erreur d’en parler au téléphone, a opportunément fait la rencontre de quatre balles tirées par des inconnus — les rues de la capitale soviétique n’étaient pas sûres : c’est bien la peine de faire une révolution. Jones se rend donc par lui-même en Ukraine, y voit des horreurs absolument indicibles, se fait arrêter, extrader — et il a beau faire et beau dire, personne ne le croit.

Personne ? Un journaliste de gauche, Eric Blair, l’écoute et comprend peu à peu ce qu’est Staline. Il en fera un premier livre, la Ferme des animaux, sous le pseudonyme de George Orwell. La rédaction de cette fable totalitaire, publiée en 1945 quand tout le monde chantait les louanges du Petit Père des Peuples, scande le film, permettant de glisser de la réalité à la fiction, la première insoutenable, la seconde d’une ironie mordante.

Personnage secondaire mais essentiel, Walter Duranty, correspondant sur place du New York Times, feint de ne rien voir, et dresse de l’URSS pour les Américains un portrait quasi-idyllique. Ce qui donnera à Roosevelt un bon prétexte pour reconnaître le régime des Soviets, et aux hommes d’affaires américains embusqués d’y investir des capitaux juteux.

Je ne vous dis pas la fin : elle est à la hauteur du reste.

Les films déprogrammés pour cause de Covid risquent de ne pas rester longtemps à l’affiche. Pour le moment, l’Ombre de Staline plane sur les Variétés, le César, le Madeleine et au Chambord. Courez-y — et si ça ne fait pas plaisir aux communistes, nous nous en remettrons.

Jean-Paul Brighelli

Professeur émérite, écrivain

Marseille : la Droite sauve les meubles

Des Républicains qui résistent, des écolos qui pavoisent, une égalité en sièges qui se profile (42 pour Rubirola contre 39 à Vassal), la République en marche totalement hors-jeu (zéro élu), une abstention record et un Gaudin qui peut se frotter les mains : c’est l’embrouillamini total à Marseille.

Marseille est beaucoup plus forte que Lyon ou Bordeaux car elle a réussi à contenir la vaguelette verte et rouge qui a inondé la France un peu partout. Elle y est parvenue précisément parce que les Républicains eux aussi reprennent des couleurs dans tout le pays et qu’ils ont conquis un nombre impressionnant de villes moyennes.

Donc tempérons d’emblée l’enthousiasme délirant des commentateurs socialistes toujours prompts à défendre la Gauche et les écologistes : nous avons assisté ce dimanche à une double vaguelette verte et bleue. La question principale n’est pas dans le calcul d’un savant dosage sur l’amplification de telle ou telle tendance mais dans l’incroyable grève civique qui semble frapper les Marseillais : comment peut-on accorder quelque crédit que ce soit à un scrutin qui ne recueille que 35 % de participation ?

Ce n’est pas nouveau : les Marseillais ont tendance à voter avec leurs pieds. Ils sont en grève citoyenne. Leur abstention est une forme de protestation froide, une insurrection pacifique visant à signifier aux élus : nous n’avons pas besoin de vous, nous n’avons plus confiance, continuez vos tambouilles entre vous, ce sera sans nous ». Le « dégagisme » engagé en 2017 a encore de beaux jours devant lui.

« Ce n’est pas de la passivité »

Ce n’est pas de la passivité, c’est une forme de rejet en bloc des méthodes politiciennes et des petits arrangements entre amis. Certains évoquent la peur du Coronavirus, d’autres l’absence de campagne, les interrogations pesantes sur des suspicions de fraudes, mais ce sont de faux alibis : les Marseillais, en vérité, affichent clairement leur dédain de la démocratie représentative qui ne prend jamais en compte leur avis. Et puis ils répugnent au devoir électoral car ils considèrent à juste titre que la plupart des partis politiques ont renoncé à leur mission première, celle d’éclairer les citoyens sur les problèmes de la société contemporaine.

« Le choix démocratique appartient à ceux qui se déplacent », a fait valoir Edouard Philippe. Certes. Mais à Marseille, le choix ultra-majoritaire est celui de s’abstenir et de ricaner en douce en voyant le résultat de leur petite espièglerie électorale : un coude à coude entre Michèle Rubirola (42 conseillers municipaux élus) et Martine Vassal (39 élus) et un triple arbitrage à venir entre Stéphane Ravier et ses neuf conseillers municipaux, Samia Ghali et ses huit conseillers, et Bruno Gilles et ses trois conseillers…

Comme il faut obtenir 51 élus pour obtenir la majorité absolue au sein du conseil municipal, c’est la porte ouverte à toutes les tractations d’arrières salles, d’un côté et de l’autre. Bruno Gilles acceptera-t-il de jeter la rancune à la rivière et de se ranger comme un seul homme derrière Martine Vassal pour égaliser à 42 partout ? Samia Ghali choisira-t-elle de renoncer  à un coup de pouce éventuel de Martine Vassal pour être réélue sénatrice ou bien préfèrera-t-elle rentrer au bercail socialiste avec ses anciens amis ?

Peut-on imaginer le scénario du pire à Marseille, celui du blocage total, qui nous conduirait à un score de 51-50 ou de 50-51 ? Qu’on le veuille ou non Michèle Rubirola a raison de parler de « victoire relative » pour son cartel d’extrême gauche et Martine Vassal a beau jeu de répliquer que ce second tour n’a pas permis de dégager une majorité assez claire pour désigner la future mairesse de la ville.

« Faites vos jeux »

Rien n’est joué. Faites vos jeux. Passe, impair et manque. Je fais tapis sur le 8 de Ghali et toi sur le 3 de Gilles…Les Marseillais, eux, n’ont plus leur mot à dire. Ils ont installé l’imbroglio, débrouillez-vous ! C’est le choix du loto idéologique : pencheront-ils pour la promotion du soja, pour faire du vélo et planter trois géraniums cours Lieutaud, ou bien se décideront-ils pour le développement économique harmonieux de la ville ? La situation inextricable de blocage qui se profile me rappelle les municipales échevelées de 1983 : Deferre triche, bourre les urnes et gagne au nombre de sièges alors qu’il est minoritaire en voix…

A l’époque, ce sont les colistiers de Gaudin qui avaient crié au scandale et au déni démocratique. La loi PLM est la même. Chacun son tour. Il est vrai que cette fois Jean-Claude Gaudin a lui-même créé les conditions de l’incroyable embrouillamini qui s’annonce : il a d’abord désigné Bruno Gilles comme son dauphin attitré, puis il a fait volte-face et choisi Martine Vassal, ce qui a entraîné la guerre intestine préjudiciable à la Droite.

Gaston Defferre, mort en 1986 sur le fauteuil, avait lui aussi désigné deux dauphins putatifs : Michel Pezet et Philippe San Marco et aucun des deux n’est parvenu à lui succéder. C’est un médecin intègre, Robert-Paul Vigouroux, qui a raflé la mise, y compris dans le 6/8 comme feint de l’ignorer Olivia Fortin, la nièce de Pierre Rastoin, l’ancien adjoint socialiste de Defferre.

Match nul. Avantage Rubirola. Avantage détruit. La politique, c’est comme le tennis. On subit des revers et on se relève. On place des coups droits à la Djoko et des amortis à la Fédérer. Au foot, on appelle ça une prolongation. Mais les joueurs sont très fatigués par cet interminable entre-deux-tours. Ils n’en peuvent plus et nous non plus. Seuls les arbitres sont très fringants sur la touche et se frottent les mains…

Quelle que soit la gagnante en fin de semaine, c’est Marseille qui sera condamnée à un long statu quo de six ans, sous le regard badin des Marseillais, fort amusés de leur coup de maître en gélification.

José D’Arrigo

Rédacteur en Chef du Méridional

« Je suis pas prête » L’incroyable aveu de Michèle Rubirola à Benoit Payan

Michèle Rubirola, tête de liste de l’extrême gauche et du « Printemps marseillais » a-t-elle décidé de saborder sa propre candidature ?

On serait tenté de le croire après l’aveu stupéfiant qu’elle a fait à Benoît Payan (PS) sur son impréparation et sur ce qui pourrait passer pour de l’incompétence notoire.

 La candidate de l’extrême gauche, issue de l’écologie, donc particulièrement qualifiée en principe sur les questions touchant à l’écologie, était interviewée dans le cadre de l’émission « C Politique » animée par Karim Rissouli sur France 5. Elle n’avait rien à craindre : elle était en territoire ami avec des journalistes dévoués entièrement à sa cause et soucieux de la faire briller.

Pourtant, oubliant le micro qu’elle a fixée à son corsage, elle confie précipitamment à Benoit Payan, son collègue du parti socialiste présent à ses côtés lors de l’interview :

«Benoit, prend la parole, toi, tu parles beaucoup, hein, tu parles beaucoup de la pollution, tout ça, c’est toi… »

Sidéré, Benoît Payan lui réplique qu’elle connait parfaitement ces problèmes puisqu’ils sont au cœur de sa candidature à la mairie de Marseille et qu’elle est à même de répondre sur ce sujet aux journalistes.

« Non, moi c’est trop dur, je suis pas prête… » avoue-t-elle.

S’ensuit une cascade de rires et un nouvel aveu lorsque Payan lui désigne son micro : « Mince, décidément je les ferai toutes… »

« Moi je suis pas prête ». Inouï. Jamais vu. Comment la candidate qui se présente sous les couleurs de l’écologie peut-elle prétendre appliquer à Marseille un programme fondé sur l’écologie alors qu’elle en ignore à peu près tous les contours et qu’elle mise sur son coéquipier socialiste pour éclairer les journalistes ?

Comment peut-elle se prononcer, par exemple, pour le tout-vélo alors qu’elle ignore que n’importe quel cycliste marseillais, fût-il très musclé, ne peut pas monter le boulevard Périer, ni le Boulevard André Aune, ni le vallon de Montebello qui sont bien trop escarpés ? Et que Marseille ne sera jamais le plat pays d’Amsterdam : 750 000 vélos pour 800 000 habitants…

Les Marseillais feraient bien de réfléchir à deux fois avant d’élire à la tête du conseil municipal et pour six ans une femme sectaire, égérie de Jean-Luc Mélenchon, qui ne sait pas de quoi elle parle et qui semble ne rien savoir de ce qu’elle prétend savoir.

José D’Arrigo

Rédacteur en chef du Méridional

Nasser Larguet : « Les contrats pro, ça se mérite!»

Nasser Larguet, 62 ans, directeur du centre de formation de l’OM depuis un an après avoir été directeur technique national du Maroc, se félicite de l’excellente saison de la pépinière olympienne mais il avertit les joueurs qui seraient portés sur le dilettantisme : « il faut se surpasser, il faut donner tout ce que l’on a pour son équipe et ne pas se concentrer sur sa personne. »

Nasser Larguet est un éducateur pragmatique. Lorsqu’il est arrivé à la tête du centre de formation de l’OM en juillet 2019, il a compris que le personnel venait de vivre une période de turbulences et il s’est mis à l’écoute des éducateurs et du staff médical pour comprendre ce qui pouvait être amélioré dans le domaine de la formation. Il a été agréablement surpris de constater que la politique de jeunes mise en place par le président Jacques Henri Eyraud et Andoni Zubizaretta portait ses fruits puisque, au cours des dernières années, onze joueurs issus du centre de formation se sont retrouvés au sein de l’équipe professionnelle et 95 % des pensionnaires du centre ont obtenu leur bac.

Sa priorité a été d’abord « d’unifier » le travail des entraîneurs, des préparateurs physiques et du staff médical, car chaque entité avait tendance à travailler toute seule. Il a fallu recentrer les esprits autour de l’institution OM. « Quand je suis arrivé au club, il n’y avait plus d’entraîneur pour la Nationale 2. Au niveau des U 17, il y avait deux entraîneurs et un seul pour les U 19, j’ai donc dû m’atteler à restructurer le centre de formation en recrutant des gens compétents ».

La chance de Nasser Larguet est d’avoir pu enregistrer l’arrivée de Philippe Anziani et de Maxence Flachez, deux formateurs aguerris, pour s’occuper de la Nationale 2 qui est l’équipe réserve de l’OM. Il a convaincu ensuite Olivier Januzzi et Jacques Abardonado de prendre en charge les U 19 car l’objectif premier de cette équipe qui était descendue au niveau régional était de remonter.

Nasser Larguet a donc recruté deux nouveaux éducateurs pour l’équipe des U 17 : Stéphane François et Titou Hasni, ancien entraîneur de Gémenos et formateur expérimenté. Il est ensuite passé à la seconde phase de son projet : la mise en concordance du staff médical, des préparateurs physiques et des entraîneurs. « Dans le foot tout est lié, estime Nasser, on entraîne des joueurs qui courent, sautent, frappent, et font des efforts énormes pour réussir en raison de l’investissement physique très élevé exigé par les compétitions actuelles ».

« L’état d’esprit est essentiel »

Cet objectif de « former une équipe » transversale susceptible de s’occuper d’un joueur et de l’accompagner de A à Z a été atteint et ce n’était clairement pas le cas avant son arrivée. Avec un beau fair-play, Nasser rend hommage à son prédécesseur Jean-Luc Cassini et au président Jacques Henri Eyraud qui ont obtenu, grâce à leur travail, le label « Prestige » de la fédération française de football.

Ce que veut améliorer Nasser Larguet, au-delà des résultats, en tous points excellents cette année, c’est l’état d’esprit, la volonté, l’envie de se surpasser à tous les échelons du club. On ne peut valablement juger une politique de formation qu’à long terme. Mais d’ores et déjà, chacun peut constater que les U 19 sont montés en National et que les U 17 terminent premiers devant des équipes comme Montpellier ou Nice dont l’excellence en matière de formation n’est plus à prouver.  Quant aux U 16 ils ont réalisé eux aussi un superbe parcours en championnat.

« Pour obtenir de tels résultats, estime Nasser, il faut se surpasser, il faut donner tout ce que l’on a pour son équipe et ne pas se concentrer sur sa personne. C’est un peu le défaut actuel des jeunes : qu’est-ce que je vais devenir ? Est-ce que je vais signer un contrat pro ? Oui, mais il faut pour cela que le jeune s’intègre dans un collectif qui essaie de suivre et d’imiter les très bons résultats de l’équipe première en Ligue 1. Le joueur qui ne pense qu’à lui en ne fournissant pas les efforts nécessaires court à l’échec. »

Nasser, c’est l’antidilettante.  « A l’OM, dit-il, il faut être très exigeant. On doit se hisser vers l’excellence car on a un public qui attend et ne pardonne pas. S’il constate que son équipe se surpasse, il peut pardonner une défaite. Mais si les joueurs ne se surpassent pas, il ne pardonnera rien ! » Cette vision guerrière du « mouiller le maillot ou cassez-vous !», popularisé par les Ultras, sera désormais l’axe principal des éducateurs de l’OM. Et gare aux feignants ou aux mal-lunés, ils seront écartés.

La politique de recrutement de l’OM est axée sur son vivier interne. Grâce au travail conjugué de Januzzi, Abardonado et Marek les U 18 ont réussi à remonter en National. Et cela n’a pas été simple car de nombreux jeunes se sont blessés et certains ont été promus au sein de l’équipe réserve de l’OM. De même les excellents Stéphane François et Titou Hasni ont permis à l’équipe des U 17 de terminer en tête de leur poule lors de l’arrêt des compétitions. Il est vrai qu’ils disposent de la magnifique génération 2003 qui a permis l’éclosion, entre autres de Bertelli, Rahou et Sciortino. Les U 16, ont terminé premiers haut la main avec des pépites à suivre la saison prochaine, les U 15 et U 14 ont obtenu des résultats honorables mais peuvent mieux faire. Le potentiel est là, mais il faut améliorer le sens du rythme, la vitesse, l’explosivité, et surtout…le caractère guerrier. En s’identifiant à Dib ou Abardonado par exemple !

Nasser Larguet a confié que l’entraîneur Andres Villas-Boas était très sensible au travail du centre de formation et il profite de chaque trêve internationale pour passer en revue les jeunes du centre de formation.  Il fait ensuite un retour d’examen à Nasser Larguet en pointant les faiblesses et les points forts : « il est essentiel de se frotter au plus haut niveau si l’on veut y accéder un jour sans compromettre son avenir », conclut Nasser Larguet.

José d’Arrigo

Rédacteur en chef du Méridional

Retrouvez l’interview de Nasser Larguet sur le site officiel de l’OM.

Le vrai scandale La Gauche veut « enFilloner » Vassal

C’est une tempête dans un verre d’eau. Une histoire de cornecul aux effets « abracadabrantesques », comme dirait Jacques Chirac.

De quoi s’agit-il ? De vraies-fausses procurations ? Pas du tout. De procurations permettant de faire voter les morts, comme le faisaient naguère les caciques du parti socialiste et leurs sbires stipendiés ? Pas du tout. De l’usage de faux documents visant à s’octroyer indûment des votes ? Pas du tout.

Il s’agit simplement d’un excès de zèle de certains militants des Républicains qui ont cru bon de faciliter les démarches administratives destinées à l’établissement des procurations. Normalement, pour être valables, les procurations doivent être homologuées par un officier de police judiciaire qui vérifie de visu l’identité de la personne qui désigne un mandataire pour voter à sa place.

Or, l’exhortation principale de Martine Vassal, comme celle de ses adversaires, vise à mobiliser les 69 % d’abstentionnistes du premier tour. Et ils ont tous raison : sans une participation plus importante de l’électorat marseillais, ce scrutin pourrait être considéré comme illégitime et peu représentatif de l’opinion réelle des Marseillais.  Rameuter les brebis égarées du premier tour pour solliciter leurs suffrages, est-ce un crime ?

Non, bien sûr. Il n’y a rien de répréhensible dans ce labeur ingrat de réveil citoyen, quel que soit le parti en cause. Ce qu’on reproche à une poignée de militants républicains débusqués de façon honteuse par les agents de propagande de France 2 opérant comme des espions en caméra cachée, c’est d’avoir simplifié la procédure pour faciliter la tâche aux citoyens n’étant pas en mesure de se déplacer le 28 juin. C’est un geste humanitaire qu’on essaie de transformer en une sordide affaire de magouilles à la marseillaise.

Holà Rubirola ! Halte là Mélenchon ! N’en jetez plus ! Voilà que de nombreux médias emboîtent le pas de France 2 et se jettent à bras raccourcis sur Martine Vassal. Voilà que le  tribunal médiatique la presse de se justifier d’une fraude gigantesque et de manœuvres  déloyales visant à altérer la sincérité du scrutin. Passez au large messieurs et mesdames les inquisiteurs au petit pied ! Vous vous trompez d’adresse. Vous vous trompez d’époque.

Pour qu’il y ait, en effet, un «soupçon de fraude avérée », comme dirait M. Castaner, faudrait-il encore que la candidate des Républicains ait extorqué le consentement des signataires des procurations et ce n’est pas le cas. Encore faudrait-il aussi que ces procurations dites « litigieuses » ou « irrégulières » par la meute des journalistes socialistes n’aient pas été signées par un officier de police judiciaire, ce qui n’est pas le cas non plus. La question qui se pose désormais est la suivante : pourquoi reprocherait-on à Martine Vassal d’avoir eu un geste de générosité envers les personnes âgées ou les absents qui ne peuvent pas se déplacer le 28 juin ?

Une odieuse campagne de diffamation

Pourquoi ? Je vais vous le dire : parce que la Gauche et les médias parisiens veulent « enFilloner » Martine Vassal dans les rets d’une procédure judiciaire qui ne tardera pas à faire « pschitt », voilà la vérité. Les mêmes ont réussi à faire élire M. Macron à l’issue d’une odieuse campagne de diffamations visant M. Fillon et sa famille. Ils veulent rééditer leur (sale) coup à Marseille. Et vous croyez que les Marseillais vont avaler cette couleuvre ?

Le vrai scandale, il est là. Les Mélenchonistes et autres gauchistes qui rêvent de voir Mme Vassal traduite en justice pour une peccadille en seront pour leurs frais. Les Marseillais ne seront pas dupes d’une forfaiture délibérément préméditée dont l’objectif est de faire chuter la favorite du scrutin au profit d’un assemblage hétéroclite de revanchards et d’utopistes.

Il faut cesser de prendre les Marseillais pour des andouilles. Parce qu’ils savent pertinemment ce que signifie « fraude électorale ». Souvenez-vous de 1983. Les sbires du parti socialiste n’hésitaient pas alors à renverser les urnes dans les secteurs où la Gauche était minoritaire (en particulier les 11/12). Des individus encagoulés et armés avaient menacé les candidats de droite dont les bulletins de vote avaient été sciemment altéré par des rayures pour entraîner leur annulation, de mystérieuses pannes d’électricité avaient plongé dans le noir des lieux de dépouillement pour y favoriser le bourrage des urnes au profit de Gaston Defferre, et les fraudeurs avaient abondamment utilisé le procédé dit du « fer à repasser » pour glisser dans l’urne des centaines de bulletins socialistes…

Je me souviendrai toute ma vie de la mine sidérée des conseillers d’Etat amenés à se prononcer sur ces tripatouillages et concluant : « la fraude au profit du maire sortant est manifeste, mais l’ennui c’est que ce maire est également ministre de l’Intérieur et le condamner reviendrait à condamner la République. Je vous demande donc de débouter les demandeurs… » Une injustice d’Etat. Indigne de la France.

Et l’on viendrait aujourd’hui chicaner Martine Vassal pour une poignée de procurations tamponnées à la va-vite par un officier de police débordé ? On voudrait la faire passer pour une fraudeuse de bas étage alors qu’elle dirige à la satisfaction générale le conseil départemental depuis cinq ans ? On voudrait la prendre dans les rets de « l’enfillonage » ? Vous verrez que ces tripatouillages ne marcheront pas et que les électeurs rendront justice à Martine Vassal d’une façon claire et nette. En l’élisant le 28 juin prochain comme la première mairesse de l’histoire de Marseille !

José D’ARRIGO

Rédacteur en Chef du Méridional

Finances : passons à l’action !

Yves Blisson, un des meilleurs spécialistes des finances de la région Sud, nous livre ici son diagnostic très pertinent sur la situation financière du pays et sur la nécessité d’investir son épargne dans les actions.

Tout d’abord, permettez-moi, chers lecteurs, de vous exprimer mon plaisir de vous retrouver, quelques décennies plus tard, dans les colonnes, fussent-elles virtuelles désormais, du « Méridional ».

J’y tenais, au siècle dernier, une chronique boursière hebdomadaire et je reprends ce flambeau au moment où la crise économique suscite des idées parfois dangereuses, voire suicidaires pour nos entreprises.

Les dernières péripéties politiques et l’émergence à la gauche « d’En Marche » d’un nouveau groupe parlementaire bien résolu à augmenter la fiscalité sur le patrimoine pour payer une partie de la note engendrée par la crise du Covid-19 est un préambule à la question suivante : de quelle façon l’Etat français résoudra-t-il le problème financier posé par le fameux « quoiqu’il en coûte » proféré par Emmanuel Macron lors de sa première intervention en mars ?

On a pu vérifier ces derniers jours que la dette serait au rendez-vous, mais même si un accord européen se profile pour endiguer l’hémorragie, il faudra bien aussi trouver des solutions nationales. Et là, on assiste au réveil des bonnes âmes qui, de Thomas Piketty à Cécile Duflot – l’écart est certes grand – prônent des mesures qui vont d’un nouvel Impôt Sur la Fortune (ISF-bis) à l’abandon de distribution de dividendes par les sociétés cotées en 2020.

Ces idées sont incohérentes et catastrophiques tant le timing est mal choisi. L’Etat envisage aujourd’hui de renforcer, ne serait-ce que temporairement, son rôle d’actionnaire auprès de fleurons de l’économie française comme Air France ou Renault. Mais surtout, les experts soulignent que les problèmes de trésorerie qui seront évidemment prépondérants dans les mois à venir, passeront aussi par des solutions en fonds propres, plus pérennes, ainsi que le préconise dans notre région Medinsoft , l’association des entreprises du numérique.

Investir dans les projets des entreprises, c’est acheter des actions. On peut bien sûr le faire sur des sociétés cotées en bourse dont le prix a en général nettement baissé ces derniers mois, déclenchant ainsi de véritables opportunités, mais aussi avec des sociétés non cotées, le tout en bénéficiant d’une fiscalité relativement favorable, par exemple par le vecteur d’un plan d’épargne en actions.

Le garagiste et le gazier

Cet investissement est d’autant plus envisageable que l’inertie de la consommation depuis trois mois a regarni les bas de laine…Hélas, même si c’est compréhensible dans une période anxiogène, ce sont plutôt des produits patrimoniaux à rendement très faible, comme le livret A, qui ont bénéficié de cette manne inattendue. Il serait autrement plus efficace pour l’économie, et plus performant à moyen et long terme pour les patrimoines, d’investir ces ressources inopinées en actions de sociétés françaises pour renforcer leurs fonds propres.

Certes, il s’agit d’une prise de risque mais avec une contrepartie espérée sur la progression du cours des actions et sur leur rendement, les fameux dividendes.

Un mot sur le « risque » que vous prenez en…passant à l’action. Les bonnes âmes citées plus haut nous assènent doctement que les plus fortunés, ceux qui auraient joui d’un confinement agréable, doivent participer par une contribution fiscale exceptionnelle à une sorte de « solidarité nationale ». Chiche ! Et prenons le parti d’être provocateur !

Oui, beaucoup de travailleurs ont pris un risque pour leur santé en restant au contact de la population. Eh bien, demandons aux ménages qui en ont la capacité d’orienter leur épargne vers une autre forme de risque, financier cette fois !

Ce sera plus productif que de les matraquer fiscalement. Quant aux dividendes, on oublie souvent en France qu’ils font l’objet d’une double imposition et qu’ils contribuent ainsi grandement à nourrir le budget de l’Etat. En effet, l’impôt sur les bénéfices éventuels est dans un premier temps prélevé sur la société et dans un second temps acquitté par l’actionnaire (petit ou gros), privé comme institutionnel. Il s’agit là d’une aberration française à peine compensée par Emmanuel Macron il y a trois ans.

Si l’on fait pression sur les sociétés pour qu’elles ne versent pas de dividendes cette année, ce sont donc des ressources fiscales en moins et des petits porteurs qui seront lésés. Au contraire, il faut inciter les Français à aller en Bourse malgré leur aversion pour les placements risqués. Le challenge est jouable. Des ministres d’horizons aussi variés que René Monory, Edouard Balladur et Pierre Bérégovoy y sont parvenus en leur temps avec des solutions simples, beaucoup de pédagogie, du pragmatisme et de la sagesse populaire.

Il est vrai que le premier était un ancien garagiste et le troisième un ancien gazier, des expériences professionnelles qui sont bien utiles dans les périodes de crise et qui valent bien toutes les mesures technocratiques concoctées à Bercy.

Un seul mot d’ordre pour sortir de la panade financière : passons à l’action !

Yves BLISSON

HATEIA : masques made in Marseille

 

« Marseille brille par les actions d’éclats des Marseillais », en latin : « actibus immensis urbs fulget massiliensis ». La devise de Marseille n’a jamais été aussi actuelle grâce aux heureuses initiatives dont font preuve de nombreux entrepreneurs marseillais pour pallier le manque de masques et d’équipements médicaux.

Par exemple, Julien Pretot et sa compagne Laura Dubois, co-fondateurs il y a six ans de la société « Hateia » spécialisée à Marseille dans la création et la fabrication de maillots de bains féminins haut de gamme, ont décidé, dès l’annonce du confinement, de se lancer dans la fabrication de masques haute couture.

Ces deux jeunes Marseillais soucieux de raffinement et d’élégance ont délibérément choisi de venir en aide à leurs concitoyens et aux autorités publiques en fabriquant sur leurs chaînes de production 500 masques par jour de catégorie 1, lavables et réutilisables au moins soixante fois. Ces masques « hyper-tendance » qui marient harmonieusement le chic français et le savoir-faire italien sont tissés à partir d’une étoffe très serrée produite par Chamatex et homologuée par les autorités médicales, la direction générale de l’armement et l’animateur du système français de normalisation.

Autant dire que ces petits bijoux sont imperméables à toute filtration et d’une résistance à toute épreuve : ils sont vendus quasiment à prix coûtant 3,50 euros pièce par Hateia qui ne peut espérer engranger quelques profits que sur l’importance du volume écoulé dans les mois qui viennent. Le succès de Julien Pretot et de Laura Dubois est tel que leur carnet de commandes est déjà garni pour huit mois au moins ! Ils ont doublé leur nombre de machines et embauché une dizaine d’employées supplémentaires pour métamorphoser leurs maillots affriolants en masques de protection vitale.

Le taux de filtration de ces masques haut de gamme a été évalué à 97 %, ce qui garantit une étanchéité totale aux particules nocives et aux postillons dévastateurs.

« Du jour au lendemain, nous avons bouleversé notre activité de confection de maillots pour nous lancer dans la fabrication de ces cônes en tissu recyclable offrant une barrière antimicrobienne efficace », raconte Julien Pretot. 

Cette nouvelle activité, imprévue au programme, n’empêche pas Hateia de recevoir  d’importantes commandes de maillots émanant des hôtels de la Côte d’Azur qui anticipent une fréquentation touristique en forte hausse cet été en raison de l’absence de liaisons internationales et de l’interdiction de sortie du territoire.

L’audace de Julien Pretot et l’imagination créatrice de Laura Dubois, styliste de formation et passionnée de mode, leur ont permis d’incarner à Marseille le chic à la française. Leur objectif, c’est le confort absolu et une sensation « seconde peau » apportée aux femmes, car l’ensemble de leurs créations visent à embellir les femmes et à galber leurs formes pour en révéler les charmes.

Marseille est donc devenue la capitale de…la revanche des masques, ces petits  bouts de tissu équipés d’élastiques, qui ont été traités avec tant de mépris naguère par nos dirigeants. On peut bien l’avouer aujourd’hui à visage découvert : nous sommes devenus « masquo-dépendants » et si vous êtes à court d’idée pour la fête des mères ou celle des pères, n’hésitez pas, offrez des masques marseillais. Les éminents scientifiques parisiens crieront sans doute au « carnaval » des calanques mais nous n’en avons cure.

Comme le conseillait François Mauriac : « Il faut s’attendre que bien des gens qui   manœuvrent  dans l’obscurité avec prudence jetteront le masque : il serait erroné de commencer maintenant une chasse aux sorcières et de voir partout des fantômes ». Les imposteurs seront probablement contraints un jour ou l’autre de mettre bas les masques !

José D’ARRIGO

Rédacteur en Chef du Méridional

Notre photo : Laura Dubois présente le fameux masque marseillais “Hateia”.

Hiroki Sakaï et Ippei Uemura à Marseille : les bienfaiteurs du Soleil Levant

Ils ont des noms de Samouraï qui claquent comme des banzaï : Hiroki Sakaï et Ippei Uemura. Le premier est né à Kashiwa, le second à Kyoto. Ils sont tous deux Japonais et Marseillais mais leurs charges ne sont pas guerrières. Ce sont plutôt des « Shoguns » de générosité. Ils ont décidé de lutter à leur manière contre l’envahisseur barbare et le microbe qui tue en aidant de leur mieux le personnel soignant des hôpitaux de Marseille.

Je ne suis pas une star comme Neymar, mais je veux vous aider avec ce modeste présent 

L’arrière latéral virevoltant de l’OM, Hiroki Sakaï, trente ans, récemment opéré de la cheville et confiné chez lui avec femme et enfants, a demandé à son ami restaurateur Ippei Uemura de remettre en son nom un chèque de 20 000 euros destiné aux soignants marseillais. Un geste de grande classe, une sorte de « mawashi-geri » circulaire à la face du malheur, digne de Patrice Evra, qui a été salué par les supporters de l’OM dans la France entière.

Très admirateur du courage dont font preuve les médecins, les infirmières et les ambulanciers, Sakaï a voulu leur rendre hommage en ces termes : « Je ne suis pas une star comme Neymar, mais je veux vous aider avec ce modeste présent ».  Banzaï Sakaï ! Longue vie Hiroki !

L’histoire de son copain japonais Ippei Uemura n’est pas liée au football ni à un transfert via Hanovre, mais à un coup de foudre. Il a été formé dans un restaurant japonais traditionnel qui excelle depuis trois siècles dans son pays et il aurait pu aisément y poursuivre une fructueuse carrière. Mais son rêve à lui, Ippei, c’était de s’envoler pour la France, la douce France.

Quand un restaurateur cannois l’a invité à Cannes, il est venu avec joie, mais il n’y est resté que quelques mois, la ville ne lui a pas plu. Il a donc décidé la mort dans l’âme de rentrer au Japon et de prendre ses billets pour l’Empire du Soleil Levant. C’était en 2003. Avant d’embarquer à Marignane, il a fait un crochet par Marseille où il est resté quelques jours pour découvrir la ville…et il n’en est jamais reparti !

A Marseille, nous avons tout : des poissons frais, des aromates à profusion, du thym, du romarin, de la farigoulette et des légumes de folie, de quoi faire de Marseille la ville la plus gastronomique de France !

Ippei Uemura est aujourd’hui plus Marseillais que les Marseillais. Son accent asiatique est mâtiné d’intonations marseillaises. C’est le nouveau « Galligani » de la gastronomie marseillaise : à l’instar d’Alex Galligani, feu-patron du Rhul et roi de la bouillabaisse, Uemura est devenu un des ambassadeurs de l’excellence culinaire locale. Il a commencé à montrer son exceptionnel savoir-faire en installant le « Tabi » dans un endroit improbable, ingarable, au cœur du village de Sainte-Anne. Son établissement ne désemplissait pas. Il a donc décidé de déménager sur la Corniche, au-dessus du vallon des Auffes, un lieu tout aussi inaccessible pour les voitures, où il rêve de conquérir la première étoile au guide Michelin d’un restaurant japonais à Marseille.

Ippei Uemura a la ferme intention de s’inscrire dans le sillage prestigieux des chefs marseillais qui l’ont devancé : Gérald Passedat, Lionel Levy, Alexandre Mazzia, Guillaume Sourrieu, Sébastien Richard, Christian Ernst, Dominique Frérard, entre autres. «  A Marseille, s’enthousiasme-t-il, nous avons tout : des poissons frais, des aromates à profusion, du thym, du romarin, de la farigoulette et des légumes de folie, de quoi faire de Marseille la ville la plus gastronomique de France ! »

Le « Tabi », comme son nom l’indique, est un « voyage au bout des rêves ». L’essayer, c’est l’adopter. Uemura transporte vos papilles au bout de l’extase avec une science démoniaque des préliminaires et une savoureuse liturgie des textures salées, iodées, sucrées. Membre depuis six ans de l’association « Gourméditerranée » qui regroupe 58 chefs et artisans talentueux de la région marseillaise, Ippei a pris exemple sur son copain et meilleur client Hiroki Sakaï : avec tous ses collègues chefs, il a décidé de mitonner bénévolement 600 repas par jour destinés aux soignants marseillais de l’assistance publique. Comme l’approvisionnement en denrées de ses fournisseurs habituels manque parfois de variété, Uemura a sollicité Hiroki Sakaï qui a fait don de 10 000 euros à l’association pour lui permettre de fonctionner à plein régime.

Ils sont formidables ces Japonais. Et « Le Méridional » se plaît à leur rendre l’hommage qu’ils méritent. Banzaï Sakaï ! Longue vie à toi Ippei Uemura !

La renaissance du « Méridional »

La renaissance du « Méridional » ?

C’est une blague ?

Non, c’est très sérieux. Un journal ne meurt jamais parce qu’il s’imprime aussi dans la mémoire des vivants.

« Le Méridional » a disparu des kiosques le 4 juin 1997 laissant deux orphelins, les bleus et les roses. Il réapparait en 2020 sur les réseaux sociaux ! 

C’est l’audace conjuguée d’un jeune entrepreneur de trente-trois ans, Jean-Baptiste Jaussaud, qui a eu l’ingénieuse idée de racheter le titre, et celle d’un entrepreneur du territoire, Francis Papazian, qui présidera le journal, qui lui permettent aujourd’hui de renaître de ses cendres.

Le « Méridional » était et sera farouchement attaché à la liberté d’expression parce que c’est la base même de toute démocratie populaire. Ici, nous exécrons la censure et aucun de nos écrits ou des vôtres ne sera la proie des ciseaux d’Anastasie. Sa devise, inscrite à la « Une », n’a pas changé : « les commentaires sont libres, les faits sont sacrés » (Beaumarchais). Les maîtres censeurs de la pensée obligatoire peuvent passer au large : ils ne sont pas les bienvenus dans les colonnes du « Méridional ».

L’aventure qui nous attend est passionnante car, à vrai dire, les Marseillais et les Provençaux en ont assez d’une presse inodore, consensuelle, sans saveur et misérabiliste. Ils veulent des opinions, des débats, des polémiques, de la verve, du brio, des vérités. 

Chers amis du « Méridional », voilà notre ligne et notre ambition éditoriale : restaurer une information pluraliste, porter la plume dans la plaie, rester indépendants de tous les pouvoirs constitués, et privilégier la défense et l’illustration des fondamentaux de notre civilisation.

Chers lecteurs, la Presse des convictions libérales, conservatrices, patriotes et de la Droite sociale est de retour !

Carrière grecque antique de la Corderie Jean-Noël Beverini : Lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin

Monsieur Jean-Claude Gaudin

Maire de Marseille

Cher monsieur le maire,

J’ai attendu longtemps. J’ai attendu jusqu’au dernier moment. Et mon attente longue, jusqu’au dernier moment, est restée sans réponse. Le 18 juin dernier, à l’occasion d’un déjeuner en compagnie de personnes que vous estimez, je vous ai remis personnellement une lettre. Deux feuillets et demi accompagnés d’une aquarelle d’un de nos grands artistes marseillais représentant Pythéas en couleur d’ambre, si évocatrice de son périple maritime. Pythéas se joignait symboliquement à ma lettre en raison de son objet : la carrière grecque antique dite de la Corderie.

Il y a 2600 ans, cette Grèce, par le choix de ses Phocéens, fondait notre ville. 2600 ans qui rendent unique Marseille comme première « ville » de France. Marseille n’est pas, en effet, la seconde ville de France mais en est la première grâce à ses fondateurs, nos fondateurs. Aucune autre métropole ne peut afficher une telle naissance, une telle ancienneté, une telle antériorité.

Cette unicité est à la fois un honneur et une responsabilité. Si nous perdons ce sens de la responsabilité, nous perdons par là-même le sens de l’honneur. J’ai attendu jusqu’au dernier moment… Dans ma lettre du 18 juin concernant les vestiges de la carrière grecque antique de la Corderie, je vous écrivais :

«  Nous ne pouvons laisser notre matrice fondatrice dans l’état d’abandon où elle se trouve depuis trois ans. Nous ne pouvons la laisser. Vous ne pouvez la laisser ».

Évoquant l’ancien remarquable soutien apporté par madame Jacqueline de Romilly pour la préservation et la valorisation du complexe grec du VI ° siècle avant J.-C. découvert sur le site du Collège Vieux-Port, je vous invitais respectueusement à prendre une décision ultime de sauvetage d’une partie de cette carrière grecque, mémoire originelle de notre Ville.

Il ne s’agissait même plus de sauvegarde, de protection, de valorisation mais bien de « sauvetage ». Un SOS, en quelque sorte. C’est le cas de le dire. « Save or sink ». Sous la montée des eaux d’infiltration, de résurgence, ce lieu fondateur, tel un navire en perdition, est sur le point de disparaître malgré le classement décidé par l’État. L’arrêté d’inscription au titre des monuments historiques suivit la visite de la ministre de la Culture à Marseille le 7 octobre 2017. Le Groupe Vinci, par courrier du 3 novembre 2017, s’engageait fermement : construction d’un belvédère muni d’un ascenseur, ouverture d’un chemin permettant accès, mise en valeur des vestiges, déplacement d’un « banc de taille », présentation d’éléments mobiliers remarquables, installation d’une protection en verre. (Communiqué ministère de la Culture du 8 novembre 2017).

Vue partielle des vestiges à l’issue des Fouille. Ce “Monument historique” classé, est en l’état depuis trois ans (Photo juin 2020).

À noter: Panneau planté sur le site inaccessible et mentionnant la présence d’un monument historique (Photo juin 2020)

À gauche, les bancs de taille montrant les marques laissées par les outils des carriers.À droite, les sarcophages encore en place, les « négatifs »(creux laissés dans la roche après retrait des sarcophages terminés),À l’extrême droite, les « bancs » horizontaux destinés à devenir les couvercles des sarcophages.

Photos : Jean-Noël Beverini 

Tout cela est resté lettre morte. La carrière se meurt. Sans une ultime décision la carrière est morte.

J’ai attendu. J’ai attendu longtemps. Évidemment les Services de l’État sont en première ligne. Notre ville doit-elle pour autant se sentir non concernée ? Il s’agit de NOTRE Histoire. Notre patrimoine et notre patrimoine antique sont tombés dans la plus grande ignorance. J’ose l’écrire : cet abandon est pitoyable et scandaleux. Indigne de la plus ancienne ville de France redécouvrant sa carrière fondatrice. L’immeuble élevé, la carrière peut pourrir. Quel mépris pour notre Histoire. Faut-il nous résigner à placer la Culture dans l’oubli de l’ancien monde ?

Préserver notre Histoire est aussi une question de solidarité, de solidarité entre les âges, entre les siècles. En détruisant notre Passé, nous détruisons notre âme. Comment s’étonner ensuite de l’émergence d’une société sans âme ?

Je vous parle, cher monsieur le maire, avec une totale franchise, tout en sachant l’attachement immodéré que vous portez à Marseille. C’est précisément sur le fondement de cet attachement que nul ne saurait mettre en doute que je vous adresse ce dernier courrier.

Je vous prie de bien vouloir recevoir, à nouveau, l’assurance de mes francs et respectueux sentiments.

Jean-Noël Beverini

Seul contre tous à Aubagne Le triomphe de Gérard Gazay contre le « Printemps aubagnais »

Gérard Gazay, seul contre tous, a réussi à endiguer à la force du poignet la « vague pastèque » de ce second tour de scrutin et a été brillamment réélu maire d’Aubagne. Il faudra désormais compter avec cette nouvelle personnalité de premier plan du parti républicain dans les Bouches du Rhône.

Si la principale adversaire de Gérard Gazay, Magali Giovannangeli, incarnant l’union de toutes les gauches et une sorte de « Printemps aubagnais » avait fait le plein des voix potentielles de la Gauche et de l’Extrême gauche exprimées au premier tour, elle aurait totalisé plus de 6000 voix et aurait été aisément élue. Mais la politique n’est pas une affaire de mathématique. Son score n’est que de 5641 voix alors que Gérard Gazay recueille, seul, 6270 voix, soit 1900 voix de plus qu’au premier tour de scrutin.

 Ce n’est pas une simple réélection liée à une excellente gestion de la ville dans des conditions financières draconiennes, c’est un triomphe. Oui, un triomphe électoral, en dépit d’une abstention toujours élevée (60 % des inscrits). Car Gérard Gazay est parvenu à l’emporter seul contre le cartel hétéroclite du « Printemps aubagnais », contre la vénérable Joëlle Melin et les manœuvres déloyales de son ancienne colistière Sylvia Barthélémy qui rêvait, non pas de gagner, mais de le faire chuter en s’acoquinant avec la République en Marche.

Ces coalitions opportunistes, souvent fondées sur des rivalités de personnes, n’ont pas convaincu l’électorat aubagnais qui a infligé une gifle cinglante à ce bric-à-brac vindicatif écolo-gauchisant. Le résultat de Gérard Gazay est d’autant plus  remarquable qu’il a fait face à une réelle « vague pastèque » (verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur) qui a déferlé dimanche sur tout le territoire.

La preuve, c’est que Magali Giovannangeli,  porte-drapeau de l’union de la Gauche, a amélioré son score de 2652 voix entre les deux tours, bénéficiant à fond de cette vague écolo-anticovid. Mais en face d’elle, il y avait un roc. Un roc bleu, Gérard Gazay, entouré d’une équipe de baroudeurs aubagnais dans l’âme, qui sont allés « chercher les voix avec les dents dans tous les quartiers » et n’ont cessé de labourer le terrain en faisant du porte à porte pendant que leurs adversaires promettaient la lune aux habitants et dénigraient copieusement les élus de Droite et du centre.

      « Le terrain, le terrain le terrain »

« Je n’ai retenu qu’une leçon de Jean-Claude Gaudin en cinquante ans de carrière, confie Léo Mournaud, le doyen de la liste Gazay. Il nous disait, la victoire tient en trois mots : terrain, terrain, terrain. On a simplement suivi son conseil, c’est tout ! »

Cette éclatante victoire de Gazay, à contre-courant de la « vague pastèque », place désormais le maire d’Aubagne au centre des personnalités les plus en vue du département parmi les Républicains avec Nicolas Isnard à Salon, Maryse Joissains à Aix, Lionel De Cala à Allauch, Hervé Granier à Gardanne, Patrick Boré à La Ciotat et Vincent Goyet, le nouveau maire brillantissime de Saint-Mitre les Remparts. Son score éloquent l’autorise même à briguer, s’il le souhaite, la présidence du conseil du pays d’Aubagne et de l’Etoile où il paraît en mesure de l’emporter, quel que soit son adversaire.

Gérard Gazay demeure très humble malgré cette réélection obtenue par mistral contraire et houle en pleine face : « Ma seule ambition, dit-il, c’est de poursuivre le renouveau amorcé à Aubagne. Je n’ai pas répondu une seule fois à la litanie d’insultes et de calomnies de certains de mes adversaires parce que ça ne sert à rien : quand on veut descendre un adversaire par des outrages ou des manœuvres déloyales, eh bien on descend avec lui… »

A Aubagne, les médias socialistes qui se sont mobilisés contre la réélection de Gérard Gazay sont désolés. Ils misaient sur la vague pastèque pour l’évincer une fois pour toutes. C’est raté. C’est Aubagne qui a gagné, avec désormais une personnalité de premier plan qui s’appelle Gérard Gazay et saura rassembler tous les Aubagnais autour d’un projet de renouveau digne de leur magnifique cité.

José D’Arrigo

Rédacteur en Chef du Méridional