jeudi 3 avril 2025
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Législatives 2022 – J-M Zulesi : « On peut se consacrer à un seul mandat et ne pas être hors-sol »

Jean-Marc Zulesi © coll JMZ

La séquence des élections législatives (qui auront lieu les 12 et 19 juin prochains) est ouverte. Le Méridional donne la parole aux personnalités du territoire qui entendent s’engager auprès de leurs concitoyens.

Jean-Marc Zulesi, ces cinq dernières années, a été député de la 8ème circonscription des Bouches-du-Rhône sous l’étiquette de La République en Marche. La circonscription regroupe 14 communes (une partie du Pays salonais, avec Salon-de-Provence, Pélissanne, Grans, La Barben, Aurons…), les bords de l’étang de Berre (Saint-Chamas, Berre, Rognac…) et une partie du Pays d’Aix avec Ventabren, Coudoux, La Fare et Velaux.

Celui qui est l’un des plus jeunes députés de France et se présente à nouveau, souligne d’emblée la conception personnelle qu’il a d’une telle responsabilité : « Je viens de la société civile, j’ai mis de côté ma carrière professionnelle pour m’engager en politique. J’ai fait le choix pendant cinq ans d’un mandat unique. J’ai montré une présence sur le terrain continuelle, mais j’ai aussi mené, au niveau national, un travail reconnu par mes pairs puisque je suis référent au niveau transports. » Jean-Marc Zulesi tient aussi à souligner sa capacité de « travailler avec des gens qui n’ont pas les mêmes idées politiques ».

Le Méridional : Jean-Marc Zulesi, dans votre discours de lancement de campagne législative le 4 mai, vous avez notamment parlé de l’importance du partenariat député-maires dans le cadre du non-cumul des mandats. En quoi cette idée vous tient-elle à cœur ?

Jean-Marc Zulesi : Elle me tient à cœur parce qu’elle montre qu’on peut se consacrer à un seul mandat – celui de député pour ce qui me concerne -, et ne pas être hors-sol. On dit souvent que le non-cumul a éloigné les députés du terrain. Bien au contraire. Lorsqu’on travaille avec les élus locaux, on arrive à porter les messages du territoire.

lorsqu’on travaille avec les élus locaux, on arrive à porter les messages du territoire

Plus globalement, lorsqu’on travaille de façon proche auprès des citoyens, on parvient à porter des messages qui correspondent aux réalités de terrain. A Saint-Chamas par exemple, j’ai mené un gros travail avec le maire de la commune Didier Khelfa. Il est important de rappeler que ce couple député-maire est essentiel aujourd’hui.

L.M : Quel est pour vous le rôle d’un député ?

J-M Z : Le premier rôle du député c’est de faire la loi. C’est-à-dire de travailler des textes, de porter des amendements. Il participe à l’action du gouvernement à travers différents biais : missions, questions au gouvernement, commissions d’enquête. Il a aussi un rôle souvent moins connu : le travail de terrain. Faire remonter les problématiques, mais aussi faire la promotion des atouts de son territoire pour les développer.

un député fait aussi la promotion des atouts de son territoire

L.M : Quels dossiers avez-vous pu avancer ces dernières années, et quels sont les prochains en ligne de mire en cas de réélection ?

J-M Z : Pour résumer, je parlerai de cinq gros dossiers qui me tiennent à cœur.

D’abord, le sujet de la santé, avec la reconstruction de l’hôpital du Pays salonais. Nous avons pu bénéficier tout de même de 78 millions d’euros pour cela.

Jean-Marc Zulesi et le maire d’Aurons, André Bertero, le 4 mai 2022 © DR

Le sujet de la sécurité : nous sommes parvenus à trouver des moyens supplémentaires pour améliorer le quotidien de nos forces de l’ordre : véhicules, rénovation de la gendarmerie de Salon, reconstruction d’une gendarmerie à Rognac, mise en place d’un sas de sécurité au commissariat de Salon-de-Provence…

Le sujet de la mobilité. Je me suis spécialisé, au niveau national, sur les enjeux de transport ; cela m’a valu de porter des textes de loi comme celle d’orientations des mobilités ou la loi climat et résilience. Grâce à ce travail réalisé au niveau national, je suis arrivé à avoir des moyens supplémentaires, via aussi le travail réalisé avec les élus locaux, le maire de Miramas M.Vigouroux et le maire de Grans de l’époque, M. Vidal. 20 millions d’euros nous ont été donnés pour la régénération de la gare de triage de Miramas.

une feuille de route de 20 propositions a été votée à l’assemblée nationale

Le sujet de l’environnement bien sûr, avec tout le travail mené autour de la réhabilitation de l’étang de Berre. J’ai mis en place une mission au niveau national, avec Pierre Dharréville, député communiste, et Eric Diard, député Les Républicains. Nous avons porté ensemble une feuille de route de 20 propositions qui a été votée à l’Assemblée nationale, et celles-ci s’appliquent aujourd’hui sur le terrain. C’est un symbole fort du territoire que l’on continue à porter.

Enfin, le sujet de l’économie : je crois beaucoup à la liberté du monde de l’entreprise. C’est la raison pour laquelle j’ai visité deux à trois entreprises de ma circonscription par semaine depuis cinq ans, permettant de relayer leurs attentes, de comprendre leurs difficultés quotidiennes ; ce qui m’a valu de m’investir particulièrement dans la loi Pacte, qui travaille à une simplification d’un certain nombre de mesures à destination des entrepreneurs. En parallèle, j’ai largement déployé le Plan de relance sur ma circonscription. Elle est l’une des mieux loties en matière de plan de relance.

il faut assurer « le service après-vote »

Pour tous ces dossiers, il faut assurer ce que j’appelle « le service après-vote » : que ces projets vivent dans la continuité. Il y a encore beaucoup de projets à réaliser dans la circonscription, notamment sur le volet économique avec la régénération, autour de Berre, de la plateforme pétrochimique de LyondellBasell. Il faut attirer les entreprises. C’est aussi aux parlementaires de faire le « marketing territorial » de leur circonscription !

Propos recueillis par Raphaëlle PAOLI

Vin – Pénurie de bouteilles en verre : l’inquiétude des vignerons

© Pxb

En 2021, le secteur du vin enregistrait une hausse des ventes d’environ 11% par rapport à 2019, soit l’année avant la crise du Covid-19. Si cette période de restrictions et de confinements a fait exploser le marché, l’offre n’arrive plus à satisfaire la demande, toujours plus croissante : après l’huile de tournesol, c’est maintenant au tour des bouteilles en verre de subir une pénurie, provoquant l’inquiétude des vignerons français et européens. La France étant le deuxième producteur et exportateur de vin au monde, ce manque retarde les livraisons et chamboule le marché. 

Cette pénurie touche particulièrement les bouteilles en verre blanc, plus transparentes, qui stockent le rosé, à un moment où l’arrivée des températures chaudes et de l’été accroît également la demande : « La saison du rosé commence et quelques vignerons sont très embêtés car ils ne peuvent pas fournir leur marché habituel », annonce Eric Pastorino, président au Comité Interprofessionnel des Vins de Provence, au micro de France Info. 

Guerre en Ukraine et flambée des prix

Cette pénurie est notamment dûe au début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui dure déjà depuis février : les deux belligérants étant les principaux fournisseurs de verre, cela a des répercussions sur leur production et sur les livraisons pour les fabricants des bouteilles. Mais le manque de verre n’est pas leur seul frein : les capsules de surbouchage, bien qu’elles soient produites en France, sont principalement composées d’aluminium, matière première fournie par l’Ukraine et la Russie.

les fabricants des bouteilles en verre ont aussi besoin de gaz pour chauffer les fours

Par ailleurs, le secteur électrique est un des secteurs les plus touchés par les conséquences économiques de ce conflit, puisque la Russie est le principal fournisseur, à environ 40%, du gaz en Europe. A cela s’ajoute l’augmentation des prix du pétrole et du gaz, qui en 1 an, ont augmenté de presque 40% : ces deux fléaux posent problème aux fabricants des bouteilles en verre, qui nécessitent ce gaz pour chauffer leurs fours verriers à plus de 1 300 degrés. Jacques Bordat, président de la fédération des industries du verre en France, parle d’industrie du verre « gazo-intensive » où le gaz « représente 75 à 80% de [leur] consommation d’énergie ».

Quelles solutions face à cette pénurie ? 

Face à ce manque de matières premières dû à la crise ukrainienne et à l’augmentation des prix, les vignerons n’arrivent plus à satisfaire la demande ni produire correctement. Les tarifs des bouteilles en verre ont augmenté de 26% depuis le 1er avril, ce qui a des conséquences sur toute leur activité : pour stocker leurs nouvelles récoltes, les vignerons se doivent d’épuiser leurs cuves, ce qu’ils peinent à faire puisque les bouteilles manquent et que leurs prix augmentent.

les vignerons n’arrivent plus à satisfaire la demande

Pour continuer à satisfaire la demande, les professionnels se doivent donc de trouver des solutions à cette pénurie : si certains tentent de faire des achats à l’étranger, d’autres maintiennent leur regard sur les canettes, qui pourraient se présenter comme une alternative aux bouteilles en verre. Selon un sondage d’Opinionway, précurseur des études de marché, 72 % des Français seraient prêts à boire du vin en canette, chiffre qui monte à 85% chez les 18-24 ans, qui le jugent pratique et facile à transporter.

Bal de la Paix 8 mai

I.S

Calendrier – Réouverture de la Halle de Plan de Campagne : produits locaux et animations

© Pxb

Du 2 mai au 30 septembre 2022, la Halle Plan de Campagne ouvre ses portes chaque lundi, mercredi et vendredi, de 17h à 19h. Les producteurs locaux proposent ainsi une grande variété de produits du terroir frais et de saison : fruits et légumes, des viandes, poissons et fruits de mer, œufs, fromages, champignons, pain, miel, huiles ou encore bières, vins et boissons… de quoi régaler tout le monde. 

En plus de soutenir l’agriculture locale, le marché propose également des prix très séduisants : les produits sont environ 20% moins chers que dans les autres commerces. Des animations seront également proposées tout au long du printemps et de l’été : célébration des animaux de pâturage le 25 mai, dégustation de vins de Provence le 24 juin, ateliers et exposition de machines agricoles le 22 juillet et enfin offres promotionnelles pour la rentrée le 2 septembre.

Bal de la Paix 8 mai

Retour de match – OM/Feyenoord (0-0*) : du cauchemar à la réalité

© Twitter Olympique de Marseille

C’est à se demander si l’on pouvait imaginer pire soirée. L’OM est logiquement éliminé de la Conference League après une défaite 2-3 face à Feyenoord (score cumulé). En plus de cette terrible désillusion, les Phocéens perdent leur leader technique Dimitri Payet – sorti pour une blessure à la cheville à la 32ème minute. Retour sur une soirée qui laissera des traces.

Élimination logique

On a tous déjà vu des vidéos de cyclistes qui, sûrs de gagner, lâchaient leur guidon pour célébrer la victoire, avant de finalement tomber à quelques mètres de la ligne d’arrivée. C’est un peu ce qui est en train de se passer avec l’OM. Rien ne sert de faire une saison quasi-exemplaire si tout s’écroule avant la fin. L’Olympique de Marseille, au vu de son effectif, son budget, sa qualité de jeu cette année, devait accéder à la finale de la Conference League. Après un match aller raté, et un match retour insipide, les Olympiens pourront avoir des regrets. Pourtant, durant les 20 premières minutes hier soir, ils étaient bourrés d’intentions.

On perçoit beaucoup d’erreurs techniques, des deux côtés, mais on se dit que l’OM va quand même finir par le faire. A la 21ème minute, Dimitri Payet reçoit la balle côté droit après une contre-attaque éclair, se décale sur son pied gauche, mais enlève trop sa frappe qui finit au-dessus. C’est d’ailleurs la dernière action notable du chef d’orchestre marseillais, qui sortira 10 minutes plus tard à cause d’une blessure à la cheville. Le Marseillais ne pouvait même plus poser le pied au sol sur le banc de touche. Sa fin de saison semble bien compromise et quand on voit le jeu proposé par l’OM sans son meneur, on s’inquiète grandement de la finalité du championnat de France. Milik remplace Dimitri Payet, et réussit à se créer quelques occasions, notamment par des têtes, mais pas de quoi inquiéter le gardien Marciano. Les deux équipes rentrent aux vestiaires sur un score nul et vierge.

Sans un Vélodrome bouillant, il n’y aurait rien eu à retenir de cette soirée. Les Marseillais sortent des vestiaires sans idée ; même pas une occasion à se mettre sous la dent. Rongier et Luan Peres ont surnagé, mais ce n’était pas suffisant pour être dangereux. Les entrées d’Ünder, Bakambu, Gueye n’y font rien. On a eu comme l’impression que le match aurait pu durer un jour que l’OM n’aurait pas marqué.

Feyenoord défend, ni bien ni mal, car face à une équipe aussi peu créative, ce n’est pas compliqué de ne pas concéder d’occasion. Milik n’est plus le même depuis son retour de blessure, on l’a vu commettre hier de grossières erreurs techniques qui ne lui ressemblent pas. Guendouzi est clairement en dedans durant depuis quelques matchs, le repos face à Lyon n’aura pas suffit. Aucune occasion notable durant les 45 dernières minutes, et le score reste à 0-0. L’arbitre, de son coup de sifflet final, fait disparaître le rêve marseillais de soulever une nouvelle coupe d’Europe. Feyenoord, grâce à sa victoire 3-2 au match aller, accède à la finale, où il affrontera l’AS Rome de Mourinho.

Et maintenant ?

3 matchs cruciaux attendent l’OM sur les 3 prochaines semaines. Contre Lorient, Rennes, puis Strasbourg. Si l’OM n’engrange pas au moins 6/9, il sera très compliqué de croire à la deuxième place. Le match contre Rennes sera décisif, et les résultats de Monaco – 4ème égalité avec le Stade Rennais – auront aussi un rôle à jouer dans le placement final olympien. Dimitri Payet devrait au moins manquer le match contre Lorient et Rennes, et tous les scénarios catastrophes que l’on s’était imaginé sur la fin de saison marseillaise semblent soudain réalisables.

Le classement de Ligue 1 :

À l’OM de jouer pour sauver sa saison, la deuxième place serait une parfaite récompense pour des joueurs qui ont montré un caractère et une envie indéniables cette année.

J.M

OM-Feyenoord : le live du Méridional

© DR
  • Suivez le live commenté entre l’OM et Feyenoord sur le Méridional
  • Avant-match à partir de 20h45
  • A suivre sur les chaînes Youtube, Facebook et Twitch du Méridional
© DR

A l’affiche – « Il buco », voyage dans l’antre de la Terre

© Les films du losange

Entre le roman de Jules Verne « Voyage au centre de la Terre » et la découverte de la « grotte Cosquer » en 1985, il y a l’exploration du gouffre de Bifurto, en Calabre (sud-ouest de l’Italie). Menée par de jeunes spéléologues italiens en 1961, elle donne lieu à une intéressante réalisation du cinéaste Michelangelo Frammartino. La façon de filmer est tout à fait dans l’esprit de ces années-là.

© Les films du losange

Dans « Il buco », pas de dialogues. Mais des sonorités : interpellations des bergers, cloches des animaux, bruits sourds de la grotte. De manière très épurée, le réalisateur plonge le spectateur dans les noires profondeurs de ce qui se révèlera être la deuxième plus profonde grotte du monde (700 mètres).

L’ambiance est simple, empreinte d’une certaine austérité même. Le décalage n’est pas si grand entre « le monde d’en haut », celui des bergers, et « le monde d’en bas » (si ce n’est la lumière bien sûr) : une même paix de la nature. Le film a obtenu le prix du jury à la Mostra de Venise en 2021.

J.R

L’avis du Méridional : 3/5

Compos probables – OM/Feyenoord : une surprise en attaque côté OM ?

© Twitter UEFA Europa Conference League

Le moment de vérité approche et tous les regards sont cloués vers le stade Vélodrome dans lequel le match le plus important de la saison olympienne se jouera ce soir, à 21h. Lors du match aller, Feyenoord s’était imposé 3-2. C’est désormais le moment pour les deux tacticiens Jorge Sampaoli (OM) et Arne Slot (Feyenoord) de décider des 11 joueurs qui débuteront cette demi-finale pour leur équipe. Côté Hollandais, le même 11 qu’au match aller devrait être aligné. Le 4-3-3 avec des ailiers et des latéraux intenables avait mis la défense olympienne sens dessus dessous, et le tacticien des Pays-Bas Arne Slot ne se privera pas de frapper là où ça fait mal. À noter que le gardien habituellement titulaire Justin Bijlow est toujours indisponible pour blessure, et que Marciano devra une nouvelle fois le remplacer ce soir.

> A voir aussi : OM-Feyenoord : sur quelle chaîne et à quelle heure voir le match ?

© DR

Côté Sampaoli, on devrait s’inspirer de la composition du match aller. Bakambu, très décevant jeudi dernier, débutera probablement la rencontre sur le banc. Il serait étonnant que Sampaoli se passe de Dieng au vu de ce que l’attaquant sénégalais a réalisé lors du match aller. Sa vitesse et sa puissance ont fait mal à la défense centrale de Feyenoord, moins vive que ses attaquants.

Amine Harit insuffle un vent d’insouciance dans cette équipe olympienne et sa capacité à remonter le terrain avec la balle aidera un OM qui devra marquer pour s’imposer. Payet devra s’occuper du cœur du jeu, lui qui – on l’espère – tentera de rééditer son match mémorable face au RB Leipzig en demi-finale d’Europa League durant l’année 2017-2018. Au milieu et en défense, la même équipe qu’au match aller devrait être mise en place.

© DR

Ne manquez surtout pas cette affiche en suivant le live commenté sur les pages FacebookYoutube, et Twitch du Méridional.

Calendrier – « Dans le sillage de Signac » : Saint-Tropez célèbre le peintre

"Le port de Saint-Tropez" par Signac © WKMC

C’était il y a 130 ans : en 1892, alors que Paul Signac participe à une régate organisée par la Société Nautique de Marseille, le peintre-navigateur découvre le village de pêcheurs de Saint-Tropez, à bord de son yacht « Olympia ». L’anniversaire de son arrivée est fêté par la ville de Saint-Tropez, qui propose ces prochains jours un programme riche en activités.

Paul Signac à la découverte de Saint-Tropez, conquis par sa beauté 

Débutée le 24 avril 1892, la régate de la SNM a permis à ce passionné de la navigation de parcourir 18 milles avec son « Olympia », en partant de Sète, en passant par Marseille, Toulon et Port Cros, jusqu’à arriver cinquième à Saint-Tropez. Arrivé à destination, le coup de foudre est immédiat : « Devant les rives dorées du golfe, les flots bleus venant mourir sur une petite plage, « ma » plage et un bon mouillage pour Olympia. Dans le fond les silhouettes bleues des Maures et de l’Estérel : j’ai de quoi travailler pendant toute mon existence. C’est le bonheur que je viens de découvrir », écrit le peintre à sa mère.

c’est le bonheur que je viens de découvrir

Émerveillé par la beauté du village, il y installe rapidement son atelier, où il y vivra à temps partiel pendant 20 ans. C’est les paysages méditerranéens de Saint-Tropez qui inspireront ses toiles de divisionnisme, mouvement artistique qu’il théorise, caractérisé par des petites traces de pinceaux aux couleurs pures juxtaposées : le « Port au soleil couchant », « Opus 236 » en 1892, « La Bouée rouge » et « Saint-Tropez », « l’Orage » en 1895, ainsi que « Pin Bertaud » peinte en 1909, témoignent de sa fascination et de son amour pour le village de pêcheurs. Ce sont d’ailleurs ces toiles qui participeront à la popularisation et à la renommée de Saint-Tropez, qui attirera rapidement l’œil du monde artistique et intellectuel parisien et qui s’impose aujourd’hui en tant que capitale touristique internationale.

A l’aquarelle ou à l’huile, les tableaux vibrants et solaires de Signac reflètent son attirance pour la mer et pour la navigation : quelques années après la régate de la SNM, Paul Signac devient le Président de la Société Nautique de Saint-Tropez, qu’il présidera pendant trois ans, de 1908 à 1911, et sera ensuite nommé Peintre officiel de la Marine en 1915. 

Sur les traces du peintre, un intense programme sportif et culturel 

A l’occasion des 130 ans de son arrivée à Saint-Tropez, la Société Nautique, la Ville et le Musée de l’Annonciade fêtent l’anniversaire du peintre grâce à un riche programme culturel et sportif, étalé sur une dizaine de jours. Du 5 mai au 14 mai aura lieu « Dans le sillage de Signac », un voyage retraçant la régate du peintre sera organisé par la Société Nautique de Saint-Tropez, partant de Sète, passant par Marseille, Toulon, Port Cros et finissant à Sète, avec des cocktails dinatoires aux escales. Parallèlement, du 5 mai au 9 octobre, des événements culturels à Saint-Tropez sont organisés, commémorant l’artiste, son Olympia et ses tableaux : expositions d’art, projection du film documentaire “Signac collectionneur”, rencontres avec l’autrice de “Journal Signac”, Charlotte Hellman, seront au rendez-vous. 

I.S

Police-Justice : une inculpation qui passe mal

Rassemblement du syndicat Alliance Sud devant le tribunal de Marseille © J. D'A.

Les policiers se sont réunis il y a quelques jours dans de nombreuses villes France pour protester contre la mise en examen d’un de leurs jeunes collègues pour « homicide volontaire », qui a également été placé sous contrôle judiciaire. Ce fonctionnaire a fait feu, en rafale, avec son fusil d’assaut, sur une voiture circulant à Paris sur le Pont-Neuf dont le conducteur refusait d’obtempérer : il a tué deux passagers et blessé un troisième assis à l’arrière du véhicule. Les deux individus tués sont très défavorablement connus des services de police et fonçaient délibérément sur la patrouille pour l’écraser.

A Marseille, Rudy Manna, secrétaire départemental du syndicat « Alliance », expliquait qu’il ne comprenait pas pourquoi les policiers étaient systématiquement mis en examen dans ce genre d’affaires les opposant à des malfaiteurs chevronnés : « Ce que je ne comprends pas, c’est que le chef d’inculpation initial de notre collègue a été aggravé par le juge d’instruction qui a été commis dans cette affaire, disait-il. Il était mis en examen par le parquet pour violences volontaires avec armes par personne dépositaire de l’autorité publique sans intention de la donner, ce qui paraît légitime, mais le juge a transformé cette qualification des faits en homicide volontaire, c’est-à-dire pour meurtre. C’est incroyable. Notre collègue était en état de légitime défense puisqu’il a vu cette voiture foncer sur la patrouille et il a cru de bonne foi que deux de ses collègues allaient se faire tuer… Il n’a jamais voulu tuer personne ! »

Rudy Manna va plus loin lorsqu’il propose aux magistrats de modifier la législation dans ce domaine compte tenu du nombre grandissant de refus d’obtempérer : « Qu’on nous prescrive officiellement de les laisser filer et il n’y aura plus de problèmes ! »

Rudy Manna © J.D’A.

En tout cas, la vie policière de ce jeune fonctionnaire est quasiment terminée avant d’avoir commencé. Voilà un garçon qui a abattu deux voyous et qui, en même temps, a probablement sauvé deux vies. Est-ce une raison pour le vouer aux gémonies et le traiter comme un criminel ? N’est-il pas temps d’accorder aux policiers un droit à la présomption de légitime défense lorsqu’ils sont agressés et menacés dans leur intégrité physique ?

Me Laurent-Franck Liénard, l’excellent avocat qui défend le policier, saura prouver les conditions « d’absolue nécessité et de proportionnalité de la riposte ». Il saura aussi faire comprendre au tribunal qu’on ne peut pas clouer au pilori un homme qui fait son métier en conscience. Sinon, on sombre dans l’idéologie et l’impertinence judiciaire.

José D’ARRIGO, rédacteur en chef du Méridional

Livres – « Guerre » : le chef-d’œuvre inédit de Céline sort aujourd’hui

© WKMC

« On m’a assez pris, on m’a assez dévalisé, emporté tout ! Hé, je voudrais qu’on me rende ! » : quelques jours avant sa mort, Louis-Ferdinand Céline écrivait encore ces mots, preuve du regret vif de l’écrivain spolié. En juin 1944, l’écrivain – auteur de plusieurs pamphlets antisémites – quitte la France pour l’Allemagne.

Lorsqu’il retrouve son appartement parisien en 1951, des centaines de liasses écrites ont disparu. Les années passant, beaucoup avaient fini par croire que Céline affabulait… Mais en 2020 (un an après la mort de la veuve de l’écrivain), le journaliste Jean-Pierre Thibaudat se manifeste auprès des ayant-droits. Une « source » (qui reste secrète) lui avait confié la mission de faire connaître ces liasses, uniquement après la mort de Lucette Destouches.

Ce roman inédit, intitulé « Guerre », est donc tiré de ces centaines de liasses, écrites deux ans après la parution en 1934 du fameux « Voyage au bout de la nuit ». Dans la même veine, « Guerre » évoque le traumatisme de la guerre et la désillusion du brigadier Ferdinand en convalescence.

A l’automne suivront deux autres publications inédites : « Londres », récit où l’on suit le départ du soldat pour l’Angleterre, et un conte médiéval, intitulé « La Volonté du roi Krogold ».

Bal de la Paix 8 mai