« Dans cette campagne, je viens devant les Français telle que je suis et telle que je resterai. Vous m’avez vue gagner. Vous m’avez vue trébucher. Vous m’avez vue me relever. Vous avez découvert ma résistance. Ma vérité. Je ne lâche rien. Ce courage, je veux le mettre à votre service. » A moins d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, Valérie Pécresse a voulu montrer un « nouveau départ » au public réuni Porte de Versailles, au Parc des expositions.
Le but en pointillé de ce grand rendez-vous était bien sûr de faire oublier le meeting raté du 13 février dernier, pour lequel la candidate avait été largement raillée. « J’ai voulu faire un discours comme un homme avec des mots puissants, des mots d’homme », avait reconnu la candidate LR il y a quelques jours. Cette fois-ci, plus à l’aise, plus naturelle (sans prompteur), Valérie Pécresse voulait se montrer « authentique ». Le résultat a sans conteste été bien meilleur.
« Faire la comédie »
« On t’a reproché de ne pas assez faire la comédie (…) La France n’a pas besoin de comédiens », a déclaré Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, lors de ce grand rassemblement. La cible du parti de Valérie Pécresse reste bel et bien Emmanuel Macron. « Ce pognon de dingue, selon l’expression de Jupiter, nous promet une dette folle. « Je dépense donc je suis »: voilà le projet d’Emmanuel Macron », a notamment dénoncé la candidate.
Mais alors que début février dernier, Valérie Pécresse était prévue comme talonnant le président sortant, elle a depuis perdu bon nombre de points sur le baromètre. Que va-t-il se passer dans l’entre-deux-tours ? Appellera-t-elle à voter contre celui qu’elle aura tant fustigé ?
RTE, le Gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité a averti ce week-end que la situation « pourrait être tendue » ces prochains jours en France : alors que la météo se paie le luxe d’un coup de froid (comme souvent à cette période), le parc nucléaire n’est pas à même de répondre à la forte demande d’électricité. Un certain nombre d’opérations de maintenance sont en effet prévues (27 des 56 réacteurs sont pour le moment à l’arrêt).
Après la neige, la pluie de buts au stade Geoffroy-Guichard ! L’OM s’est imposé dimanche 3 avril 4 à 2 face au Saint-Étienne de Pascal Dupraz. Une 5ème victoire d’affilée pour des Olympiens en grande forme ces dernières semaines.
La trêve internationale a fait du bien
On le sait, on le savait, le style de jeu de Sampaoli demande beaucoup d’effort, et les joueurs commençaient à accuser le coup. Après une fin de février très compliquée, les hommes de Sampaoli semblent revigorés. Cette affiche s’annonçait difficile face à un Saint-Étienne qui retrouve quelques couleurs avec Pascal Dupraz, même si cela reste toujours trop peu pour sortir de la zone de relégation. Avec les absences d’Hamouma, Khazri, les Marseillais démarrent le match comme grand favori.
Mais les Bleus et Blancs commencent mal : dès la 9ème minute, Kolasinac manque son intervention et laisse Bouanga filer au but… L’international gabonais n’en demandait pas tant et conclut l’action, avec l’aide notable de Pau Lopez, qui se troue complètement sur la frappe écrasée du Stéphanois. 1-0 pour Saint-Étienne, mais l’OM joue mieux. À la 45ème minute, Dimitri Payet transforme sereinement le penalty obtenu par Caleta-Car, et les joueurs rentrent aux vestiaires sur un score de parité. Les Olympiens manient bien le ballon, et l’on est confiant quant à l’issue de la seconde période.
Au retour des vestiaires, l’OM déroule
Ünder remplace Kolasinac, en partie responsable sur le premier but, et Marseille redémarre sur les mêmes bases. Guendouzi, Kamara, Payet, Gerson, ça commence à être très sérieux. Sûrement le meilleur milieu de terrain de Ligue 1 à l’heure actuelle. Et ce n’est pas pour déplaire à Sampaoli, qui, comme il le dit au micro de Samir Nasri durant le Canal Football Club « jouerait, s’il le pouvait, avec 10 milieux de terrain et un gardien ».Le coach argentin aime tenir le ballon, et ça s’est vu hier : 70% de possession pour l’OM à la fin du match. Pascal Dupraz est complètement surpassé par son adversaire du soir, et est à court d’idées pour éviter la correction.
À la 60ème minute, Kolodziejczak pousse inexplicablement la balle au fond de ses propres filets, et Marseille met la main sur les 3 points. Dieng – sur penalty – et Harit participent à la fête, et l’OM s’impose finalement 4-2 dans un match parfaitement maîtrisé de bout en bout.
L’Olympique de Marseille se réveille au bon moment : alors qu’après la défaite 0-2 à domicile face à Clermont, tout semblait s’écrouler, l’équipe de Sampaoli est 2ème du championnat avec 3 points d’avance sur Rennes, et affrontera le PAOK jeudi 7 avril pour les quarts de finale de la Conference League. Il faut maintenir le cap, et les prochains matchs seront décisifs pour véritablement juger la saison de l’OM.
« La Nuit Unique » est un événement assez incroyable : le vendredi 17 juin, de 23 heures à 7 heures du matin, les spectateurs sont invités à s’embarquer à partir de Cannes pour l’île Sainte-Marguerite. Confortablement installés sous le ciel étoilé, ils entendront des textes, des poèmes et des chants de la part d’une dizaine de comédiens. L’expérience veut mélanger les frontières entre rêve et réalité.
Elle revient de trois semaines de tournoi en Turquie et se dit plutôt « en forme ». On acquiesce avec admiration, et on n’a pas de peine à avouer que cela nous fait quelque chose d’échanger avec la numéro 1 française de tennis fauteuil. Emmanuelle Mörch a remporté là-bas de belles victoires, dont celle au sein de l’équipe de France, sélectionnée pour la phase finale de qualification de la Coupe du monde (qui aura lieu début mai). Installée depuis quelques mois à Marseille, la championne accepte de nous raconter sa vie, sa carrière.
Apprendre à vivre en fauteuil roulant
C’est en quelques traits qu’Emmanuelle Mörch nous raconte sa jeunesse : son enfance à Gif-sur-Yvette, en région parisienne. Son accident de snowboard à 17 ans, qui l’a rendue paraplégique. « J’étais en classe de Terminale. J’ai passé huit mois entre les hôpitaux et les centres de rééducation pour apprendre à vivre en fauteuil roulant. »
Celle qui désormais ne peut plus marcher ne renonce pas à sa détermination. Dès sa sortie du centre de rééducation, elle entend bien reprendre les études ; reprendre le sport aussi, qu’elle avait pratiqué en compétition amateur.
Vers quel sport se tourner ?
Après le bac – passé à l’hôpital -, Emmanuelle Mörch intègre une prépa scientifique. En parallèle donc, elle commence à s’essayer à divers sports en fauteuil, le basket par exemple. Mais cela ne l’enthousiasme pas.
« Je trouvais vraiment ce type de sports trop peu flexible, souligne l’athlète. Un entraînement précis à un endroit précis, énormément de joueurs et de joueuses. Pendant les matchs, comme j’étais débutante, j’étais tout le temps sur le banc à attendre de remplacer quelqu’un. » Une expérience plutôt frustrante.
On lui parle ensuite du tennis fauteuil.« J’ai trouvé ça super dès le début : ça me permettait de jouer avec des gens debout ou assis, à deux, à quatre, dehors, dedans… Je pouvais jouer quand je voulais, le temps que je voulais… Ça me paraissait simple d’un point de vue logistique ! »
En 2009, Emmanuelle assiste à Roland-Garros à un tournoi de tennis fauteuil. Elle y voit notamment jouer l’athlète français Michaël Jeremiasz, qui avait gagné l’or aux Jeux de Pékin quelques mois plus tôt.« J’ai trouvé ça incroyable, se souvient la championne. Cela m’a fait vraiment rêver. »« C’est comme ça que j’ai démarré », conclut-elle avec un sourire.
Du jeu aux Jeux
L’idée des Jeux s’impose finalement rapidement. « On m’a dit que j’étais jeune, que j’étais sportive. Que si je m’entraînais dur, je pouvais avoir le potentiel d’aller aux Jeux. » Mais l’athlète souligne aussi qu’elle n’avait pas tout prévu… « Quand on m’a dit ça, je ne savais pas du tout ce que ça impliquait. J’y ai cru. Je ne me rendais clairement pas compte de ce que ça voulait dire, être sportive de haut niveau pour les Jeux paralympiques… »
« j’avais tout donné pour progresser au classement »
Emmanuelle Mörch se met donc en tête qu’elle partira pour les Jeux paralympiques de Rio (2016), et commence à s’entraîner. « Plus les mois et les années passaient, plus je me rendais compte du travail qu’il restait à fournir… », confesse-t-elle aujourd’hui. Etant juste derrière le classement pour se qualifier d’office, elle bénéficie d’une « wild card » (invitation privilégiée) de la part de la France, au dernier moment, en juin.
Sur place, ça ne se passe pas très bien. « J’avais tout donné pour progresser au classement, et j’étais en permanence blessée, raconte l’athlète. J’avais dû poser la raquette pendant un mois tellement j’avais mal. »Au bout de quelques jours aux Jeux, la douleur revient progressivement. Mentalement aussi, notre championne est épuisée. « J’avais mal géré cette année de préparation et toute la pression qu’il y avait autour. J’ai perdu en simple et en double au premier tour, ça a été très dur à encaisser. » Pour elle, le bilan est donc un peu étrange : « C’était à la fois extraordinaire d’être là-bas, et j’ai vécu des moments inoubliables, mais surtout des moments très durs. »
Jeter l’éponge… et la raquette ?
Après Rio, elle décide de tout arrêter et d’aller travailler en entreprise. Son diplôme d’ingénieur en poche, elle veut changer de vie. « Je n’en pouvais plus du tennis, je voulais voir ailleurs », souligne l’athlète. Elle intègre L’Oréal et travaille pour l’entreprise pendant deux ans et demi en marketing stratégique.
Mais la raquette ne se laisse pas aussi facilement oublier ! Au bout de quelques mois, le tennis lui manque. Emmanuelle commence à jouer à nouveau, le soir, durant les week-ends, pendant les vacances… A fur et à mesure, elle augmente ses heures d’entraînement. L’Oréal la passe en 4/5ème sur sa dernière année de travail pour qu’elle participe à plus de compétitions. Puis en janvier 2019, l’entreprise accepte de la libérer à 100% et de soutenir sa carrière sportive.
La reprise, avec un nouvel élan
2019, c’est donc l’année de la reprise, avec l’objectif des Jeux de Tokyo, en étant bien mieux préparée – surtout mentalement – qu’à Rio.« Je m’entraîne sérieusement, je prends du temps pour moi aussi, pour récupérer et mieux connaître ma façon de gérer la pression. »
Arrive le covid, et avec lui, le report des Jeux. Comment la championne vit-elle cette période ? « Elle a sûrement été positive par certains côtés. Je me rends compte que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Je prends d’autant plus de plaisir à jouer chaque match, avec la conscience que l’objectif est au-delà des Jeux. »
la championne se prépare sereinement aux JO 2024
Elle reprend les compétitions (dans le climat d’incertitude, « maintenues-annulées »). Et est sélectionnée pour les Jeux de Tokyo. Là-bas, Emmanuelle Mörch gagne son premier tour en simple, puis perd contre la numéro 3 mondiale en faisant un excellent match.« Pour moi, ces Jeux ont été très réussis, même si mes proches étaient absents et que l’ambiance était spéciale en raison de la crise sanitaire. »
Chaque tournoi compte, avant les Jeux 2024
Emmanuelle Mörch poursuit tranquillement son bonhomme de chemin. Elle participe à un grand nombre de tournois internationaux, qui permettent de gagner des points pour le classement international. Les 25 compétitions par an auxquelles elle participe signifient beaucoup de déplacements à l’étranger.
Mais pour celle qui est à ce jour 18ème mondiale, « chaque tournoi compte ».Pour participer aux Grands Chelems, il faut grimper dans le top 8 mondial. Si elle a pu obtenir une « wild card » à Roland-Garros l’année dernière au titre de numéro 1 française, Emmanuelle Mörch entend bien entrer dans ce tableau très réduit.
Un entraînement serein (et marseillais !)
La championne se prépare sereinement, avec l’objectif des Jeux 2024. Sa routine (étirements, méditation, échauffement, entraînement, kiné…) s’est délocalisée à Marseille il y a quelques mois. C’est une fierté d’accueillir ici une athlète aussi déterminée et modeste ! Nul doute que les Marseillais vont l’adopter et la suivre de très près.
« Quand je suis sur le terrain, je ne me sens pas du tout handicapée : je me sens avant tout une sportive », résume celle qui met en première place dans le sport le dépassement de soi. « Je comprends aussi la chance que j’ai de vivre de ma passion ; c’est quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde ! Je suis encore jeune, j’ai encore quelques années à pouvoir le faire. » Et elle va le faire avec intensité. Emmanuelle Mörch est sans nul doute de la pâte des grandes, très grandes championnes.
Les mois de printemps constituent sans doute le meilleur moment pour se promener dans le Parc national des Calanques. Cet énorme massif calcaire est né il y a 90 millions d’années à la suite du mouvement des continents. Que l’on soit de la région ou non, on n’a jamais fini d’explorer ce terrain exceptionnel dont la nature étonne toujours. Du 1er juin au 30 septembre, l’accès est réglementé, en raison des risques d’incendie, et il faut vraiment être déterminé pour s’y rendre sous un soleil de plomb… Alors c’est le moment d’en profiter !
Port Miou, Fontaine de Voire, La Barasse, Escalette… ces noms qui sonnent familèrement aux oreilles de beaucoup n’ont pas perdu pour autant une certaine connotation de mystère. De quoi a-t-on besoin pour partir les explorer ? D’une bonne préparation (même rapide) en amont, c’est-à-dire : d’un bon guide !
A ce titre, on conseille l’« éco-guide » très bien fait, paru ce mois-ci aux éditions Glénat – en partenariat avec le Parc national des Calanques. Ce livre qui recense un certain nombre de « balades curieuses dans les calanques » a tout pour plaire : léger, clair, agréable à consulter, il donne aussi juste ce qu’il faut d’informations à propos de la nature et de l’histoire. Il ne fait pas l’impasse sur l’équipement à emporter, la façon d’observer la faune et la flore sans abîmer ce monde fragile. Coups de cœur : les « randonnées palmées » à Sainte-Estève, au Petit Mugel et à Seynerolles.
J.R
« Balades curieuses dans les Calanques », mars 2022, éditions Glénat, 12,50€.
L’OM reprend du service ce dimanche 3 avril, en déplacement à Saint-Etienne après une courte trêve internationale. ATTENTION : en raison des conditions météorologiques, la LFP a décidé de reporter le match initialement prévu samedi, à dimanche 15h.
Les Olympiens auront fort à faire contre une équipe qui joue sa survie en Ligue 1. En effet, les Verts sont à la lutte pour le maintien. Actuellement 18èmes du championnat, ils alternent les bonnes et les moins bonnes performances, même si depuis l’arrivée de Dupraz, l’équipe se porte mieux.
Fort de sa victoire lors du dernier match de championnat contre l’OGC Nice, l’OM est en pleine confiance. Le coach Sampaoli ferait bien de s’inspirer de l’équipe de France qui évolue dans le même système que les Marseillais, mais pas avec le même projet de jeu. Les deux couloirs des Bleus apportent un plus offensif et centrent en première intention, tout l’inverse des Marseillais, qui abusent du jeu combiné. Cela ne sert pas les intérêts de Milik.
L’équipe probable du coach Sampaoli :
Malgré tout, l’équipe gagne toujours, et encore, l’axe de progression est encore grand. Le coach pourra s’appuyer sur les deux internationaux, Guendouzi et Saliba, pour apporter des ondes positives.
A noter que les principaux concurrents de l’OM se rencontrent : les Niçois accueillent le Stade Rennais. Cela paraît être le bon moment pour reprendre un peu de distance tout en sachant que le calendrier marseillais n’est pas des plus simples.
Fabrice HUART
Fabrice Huart est entraîneur de football depuis une vingtaine d’années. Né à Nîmes, il a suivi sa pré-formation et sa formation au club de sa ville natale : le Nîmes Olympique. Ayant exercé à différents niveaux, il est aujourd’hui entraîneur en National 3 avec le FC Côte Bleue et consultant pour le Méridional, où ses articles sur l’OM sont à lire chaque semaine. Formateur occasionnel pour la Ligue Méditerranée, il forme et certifie les diplômes des futurs entraîneurs régionaux.
Le think thank libéral « Fondapol » vient de sortir une étude intitulée « 2022, présidentielle de crises ». L’enquête a été réalisée du 10 au 14 mars 2022, auprès d’un échantillon de 3 108 personnes inscrites sur les listes électorales et issues d’un échantillon de 3 449 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
L’étude propose de « mieux cerner l’impact de la guerre russe en Ukraine sur le déroulement de la campagne et sur l’issue de l’élection présidentielle française. Son influence sur le scrutin pourrait être d’autant plus déterminante que les cadres classiques de la compétition électorale ont perdu une bonne part de leur capacité régulatrice : le rôle des médias est contesté par les réseaux sociaux, tandis que les candidats et les partis de gouvernement sont concurrencés, voire distancés par les populistes. Ce contexte singulier décrit une « présidentielle de crises », au croisement de bouleversements internes et externes. »
« Le ballon de foot, tout le monde sait ce que c’est, mais personne ne connaît le détail ! Même les personnes de la Fédération Française de Football ne savent pas ce qu’il y a dans un ballon…» Ce constat, cela déjà plusieurs années que Jean-Baptiste de Tourris et son épouse Agathe l’ont fait. Pour remédier à cela, ils ont lancé « Vista », une marque de ballons de foot éco-conçus. Et les fondateurs n’imaginaient pas faire démarrer l’aventure autre part qu’à Marseille, « terre de foot » par excellence. Les premiers ballons sont disponibles depuis quelques jours en pré-commande, et on vous raconte leur singulière histoire.
« A l’origine, Agathe échangeait avec Blissports, un e-commerce qui sensibilise les clients des articles de sport à des achats de plus en plus responsables, nous explique Jean-Baptiste de Tourris. Il y a des vestes de ski à 100€ et d’autres à 500€ : l’e-commerce explique les raisons d’une telle différence de prix : produire responsable, local etc. coûte évidemment plus cher. »
un ballon classique est composé de 8 à 10 plastiques différents, non recyclables
Il se trouve que du côté des ballons de foot, Blissports ne vendait que des « classiques » : Nike, Adidas, Puma… Les recherches montrent alors qu’il n’existe pas d’alternative responsable pour les ballons de football. Majoritairement, les acheteurs trouvent des ballons 100% plastique, fabriqués en Asie, principalement Pakistan, Vietnam, Chine et Inde, et dans des conditions peu optimales (les ONG présentes sur place le soulignent). « On est les seuls à dire où sont fabriqués nos ballons et quels sont les matériaux qui les composent », souligne Jean-Baptiste de Tourris.
« L’aventure est partie d’une idée simple, sans doute complètement naïve, étant donné que l’on n’y connaissait rien, sourit le co-fondateur : produire plus responsable. » Pour lui, le fait de débarquer en terrain inconnu était à la fois une faiblesse et une force. « On s’est dit : « Tout est possible » ».
Matériaux vertueux et emplois utiles
« Il faut rappeler de quoi on part, explique encore Jean-Baptiste de Tourris. Un ballon classique est composé de 8 à 10 plastiques différents ; il est non réparable et non recyclable. » En lieu et place, les ballons Vista utilisent 50% de moins de plastique, remplacé par des matériaux de l’économie circulaire : des revêtements de sièges d’avions et de voitures partis à la casse, en l’occurrence ! La filière a été mise en place par une ONG au Kenya.
acheter 1 ballon tous les 4 ans au lieu de tous les ans
Les fondateurs tâtonnent un peu au début : ils tentent d’imaginer le projet avec des matériaux venus de France, puis des matériaux venus du Kenya et des ballons fabriqués totalement en France, avec machines à coudre industrielles…
Finalement, un bon compromis est trouvé : la première partie des ballons est fabriquée au Kenya. Une fabrication totale dans l’atelier marseillais ferait monter les prix des ballons à plus de 100€. Ce qui ne serait pas crédible, là où Decathlon propose des ballons à partir de 5€.
Les prix des ballons Vista ne dépassent pas les 50€. Ils sont de meilleure qualité car fabriqués à la main, réparables et recyclables. « Le but est d’acheter un ballon tous les trois ou quatre ans, contre un ballon tous les ans en moyenne », souligne notre interlocuteur.
Au Kenya, la filière fait vivre une centaine de personnes très éloignées de l’emploi. Pour beaucoup, il s’agit d’ailleurs du premier emploi déclaré.
La rencontre avec Decathlon
Jean-Baptiste de Tourris présente le ballon Vista au stade Vélodrome
« La rencontre avec Decathlon fait partie de l’histoire », s’amuse Jean-Baptiste de Touris. Un clin d’œil déterminant. Comment cela s’est-il fait ?
« Assez rapidement, avec Agathe, on se rend compte qu’on n’y arrivera pas seuls. On demande donc à des écoles d’ingénieurs de passer les projets de recherche auprès des ingénieurs [septembre 2020-février 2021]. On valide avec une école. Quinze jours après, celle-ci nous contacte pour nous dire que Decathlon l’a contactée pour le même sujet ! Decathlon s’est intéressé à notre projet, on a échangé etc. C’est comme ça qu’on est entré en contact avec l’entreprise. »
De son côté, Decathlon veut voir si le projet est crédible. Il est présenté à l’ensemble des personnes de l’équipe ballon de l’entreprise, des ingénieurs spécialistes. Decathlon, qui possède l’un des centres de test de ballons parmi les plus pointus en Europe, les fait passer par cette case. Approuvés !
Grâce à ce partenariat et à d’autres, l’aventure s’accélère. Une belle fierté pour Jean-Baptiste de Touris et son épouse : « Je ne pensais pas qu’on allait arriver si rapidement à ce stade », conclut-il – sans jeu de mots ? Depuis début janvier, une personne travaille dans l’atelier d’insertion à Marseille. Si tout roule, le nombre d’emploi s’étoffera.
Et si l’invasion de l’Ukraine avait été réalisée en urgence ? Et si, de ce fait, la préparation de l’armée russe avait été négligée ? Cette invasion a, en fait, débuté en 2014, lors de la prise de la Crimée et la création de deux territoires séparatistes pro-russes : Louhansk et Donetsk.
Une période de huit ans est passée ; logiquement, on aurait pu s’attendre à la poursuite de l’invasion du territoire ukrainien après l’épisode de la Crimée. Les justifications historiques de Vladimir Poutine étaient déjà présentes en 2014.
Alors, pourquoi avoir choisi cette date du 24 février 2022 ? Que s’est-il passé entre-temps qui a incité le Kremlin à déclencher une « blietzkrieg » aussi aléatoire ?
Des « fenêtres de tir » alignées
Il semble que plusieurs « fenêtres de tir » – justifiées ou supposées – se soient alignées juste avant l’invasion, qui pourraient justifier cette urgence.
• La faiblesse de l’OTAN : le 7 novembre 2019, le président Emmanuel Macron déclare que l’OTAN est « en mort cérébrale » et il n’est pas vraiment démenti.
• La faiblesse de l’Union européenne : la Pologne et la Hongrie sont mis à l’amende par la Commission européenne et l’Europe est déstabilisée par les migrants arrivant de Biélorussie (action téléguidée par la Russie ?)
• La faiblesse des Etats-Unis : le désastre de l’Afghanistan décrédibilise les actions américaines et l’administration américaine est supposée concentrée sur l’Asie (pivot asiatique) plutôt que sur l’Europe.
• Les élections présidentielles en France : l’exécutif va se concentrer sur le « national » plutôt que sur l’international.
• Le renforcement de l’« alliance » Russie-Chine. Début février, Vladimir Poutine rencontre le Président Xi Jinping lors des Jeux olympiques de Pékin.
• Le départ d’Angela Merkel : en décembre 2021, Angela Merkel, « alliée » de V. Poutine, n’est plus chancelière ; il faut donc aller vite pour éviter que son successeur Olaf Scholz ne s’installe.
• On peut ajouter à ces raisons le peu de réactions européennes et américaines face à l’événement de Crimée en 2014 ; et l’esprit de revanche de Vladimir Poutine. Celui-ci se sent en position de force.
L’OTAN « remis en selle »
L’Union européenne sort, d’une certaine façon, renforcée de cette crise ukrainienne et les Etats-Unis ont « remis en selle » l’OTAN en renforçant l’alliance atlantique avec deux nouveaux membres potentiels : la Suède et la Finlande. Mésestimation politique, donc, de l’UE et de l’OTAN ?
Une invasion en difficulté ?
Par ailleurs, on observe aujourd’hui que cette invasion est en difficulté. A cela encore, plusieurs explications possibles.
• Une armée russe mal préparée. Un matériel peu moderne, une logistique et une communication inadaptées ; une motivation des troupes potentiellement entamée (soldats conscrits ?)
•Pas de réels objectifs prioritaires, pas de réelle stratégie. Des actions sur trois fronts (Nord, Est et Sud) qui provoquent un éparpillement des forces armées.
•Une sous-estimation de la résistance ukrainienne et un mépris du rôle du président ukrainien Wolodymir Zelenski.
•Une mauvaise appréciation de l’accueil des troupes russes par la population ukrainienne.
•Une erreur sur l’appréciation des réactions de l’UE et de l’OTAN en ce qui concerne la rapidité, le volume et l’efficacité de l’aide militaire (armes) et de la logistique.
• Le « momentum » de l’invasion, à savoir des conditions météorologiques qui correspondent à la « raspoutitsa », ou fonte des neiges (cf la campagne de Russie de Napoléon Ier en 1812 ou l’ « Opération Barbarossa » en 1941-1942…)
Et maintenant ?
Il semble que la stratégie russe soit maintenant axée sur l’occupation du Donbass et de l’Est (quel Est ?) de l’Ukraine. Qu’en est-il du Sud ? Verra-t-on une offensive jusqu’à Odessa pour avoir une présence continue au nord de la mer Noire ? Par ailleurs, Kiev ne serait plus une priorité.
Si ce qui précède s’avère exact, on est en droit de se poser la question : tout ça pour ça ? Ces milliers de morts et blessés civils et militaires des deux côtés pour arriver à se « contenter » du Donbass et de l’Est de l’Ukraine ?
Les négociations actuelles sont, bien sûr, les bienvenues mais il faut rester extrêmement prudents et ne surtout pas baisser la garde. Les Russes, et en particulier Vladimir Poutine, nous ont habitués, dans le passé et dans le présent, à étaler des promesses et des affirmations qui n’ont pas été suivies d’effets. Il faut attendre la signification des pourparlers actuels et leurs conclusions sur le terrain pour avoir une réelle vision de ce que peut être le futur de l’Ukraine.
Alain Bogé est spécialisé en Géopolitique, Relations Internationales et Commerce International. Il a notamment donné des cours à l’université de Lyon 3, à Lille et en Inde. Il enseigne actuellement à l’université de Prague et à l’European Business School de Paris.