Les NFTs, une révolution dans l’art

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les NFTs (“Non Fongible Token”) ne sont pas nouveaux. C’est leur popularité qui l’est. Cet engouement constitue une véritable révolution dans le monde de l’art. Les NFTs offrent de nombreuses possibilités pour les artistes et créent un marché parallèle au marché classique de l’art.

Avant l’arrivé des NFTs (vers 2015), il était possible de dupliquer facilement n’importe quel fichier numérique. Photo, film, image, musique etc. Il suffisait de faire un simple copier-coller. Pas de copie originale, ni d’exemplaire unique. Tout fichier avait donc des clones et ne valait rien. Une hérésie pour les artistes, pour qui il était difficile, voire impossible de monétiser une œuvre numérique. L’arrivée des NFTs a rendu possible la monétisation d’œuvres numériques grâce à une certification d’origine.

Voyons comment fonctionne un NFT. Pour cela, il faut d’abord revenir au concept de fongibilité. La fongibilité renvoie à la possibilité pour un objet d’être échangé ou remplacé par un ou plusieurs objets similaires de même valeur. Par exemple, 5 pièces de 1 euro peuvent s’échanger contre un billet de 5 euros. La monnaie est donc fongible. Les NFTs sont au contraire des jetons non fongibles. Chaque NFT est unique et ne peut être remplacé par un objet similaire. Prenons l’exemple du tableau de Léonard de Vinci La Joconde. Il est impossible de le remplacer par un poster de la Joconde car il n’aura pas la même valeur. L’œuvre est unique, elle est non fongible. Un NFT va donner une signature numérique à une œuvre en ligne qui prouvera son authenticité. A partir de ce moment-là, il est impossible de copier l’œuvre et elle garde sa valeur. Cette signature est enregistrée sur une blockchain ainsi que toutes les informations importantes : le nom du vendeur, la date de vente, le nom de l’acheteur etc. Les informations sont cryptées, ce qui atteste que le NFT est authentique. Un NFT rend bien une œuvre unique.

L’effet pervers de ce système est la création d’une bulle spéculative. A l’origine, les NFTs avaient été créés seulement pour protéger les œuvres numériques. Non pour gagner de l’argent en spéculant. De plus, le risque de vol d’une œuvre est bien présent. N’importe qui peut utiliser une œuvre pour la transformer en NFT. Pour pallier ce problème, le site SuperRare exige une vidéo de l’artiste et un dossier avant de mettre une œuvre en NFT.

Les NFTs présentent tout de même plus d’avantages que d’inconvénients. Petit bonus, l’artiste touche un pourcentage à chaque fois que l’œuvre est revendue. C’est lui, au moment de passer une de ses œuvres en NFT, qui décide du pourcentage qu’il souhaite toucher à chaque revente. En général, ce pourcentage est proche de 10%.

Charlie SALVIGNOL

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