vendredi 4 avril 2025
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Marseille expérimente la vie sous 50 °C

Durant deux jours, en marge du sommet Climate Chance Europe-Afrique, Marseille accueille une installation inédite : une chambre climatique mobile chauffée à 50 °C. L’objectif est faire vivre aux visiteurs un avant-goût du climat extrême de demain.

À première vue, cela ressemble à un simple conteneur posé place Bargemon, à deux pas de l’Hôtel de Ville. Mais franchir ses parois, c’est entrer dans une projection climatique. Une faille temporelle ouverte sur les années 2050 ou 2060. Pas de science-fiction ici, juste de la chaleur. Suffocante. Réelle. Cinquante degrés Celsius. Une température extrême, désormais plausible.

Du 31 mars au 1er avril, dans le cadre du sommet Climate Chance Europe-Afrique qu’elle co-organise, la Ville de Marseille proposera une expérience immersive unique, conçue par l’Human Adaptation Institute, basé à Marseille.

Cette chambre climatique mobile est la première au monde à être accessible au grand public. Elle met à l’épreuve le corps et l’esprit durant 30 minutes : 10 minutes de marche ou de course, suivies d’exercices d’agilité, avant de passer à des tâches cognitives simples. Mais rien ne reste simple à 50 °C. Ni lire. Ni réfléchir. Ni même boire un thé.

Selon son concepteur, Christian Clot, explorateur-chercheur à l’origine du projet Climate Sense, il s’agit de rendre tangible ce que les rapports scientifiques chiffrent.

De faire ressentir dans le corps ce qui menace nos vies demain. Les épisodes caniculaires s’allongent, les îlots de chaleur urbains se multiplient, les ressources hydriques s’amenuisent. En France, le réchauffement moyen atteint déjà +1,7 °C. Il pourrait grimper à +4 °C d’ici 2100, selon le ministère de la Transition écologique.

« L’idée est de faire vivre aux visiteurs une situation climatique extrême pour prendre conscience des enjeux très concrets du réchauffement », indique l’Human Adaptation Institute, qui a conçu et financé l’expérience. Le projet, né dans l’esprit de Christian Clot en 2021, est le fruit de plusieurs années de recherches et d’observations sur les effets de la chaleur extrême sur l’être humain. Il s’inscrit dans une volonté de sensibiliser largement le public aux réalités climatiques de demain, là où la canicule n’est plus un épisode isolé, mais un nouveau normal.

Un corps mis à l’épreuve

Chaque participant entre avec sa température corporelle et en ressort transformé. À l’intérieur, des instruments de mesure enregistrent la signature thermique, le rythme cardiaque, les réactions physiologiques. Une caméra thermographique capte en direct les zones du corps les plus affectées par la chaleur. À la sortie, une restitution complète est proposée, accompagnée d’échanges avec les responsables du projet et d’une exposition pédagogique.

L’expérience met en évidence les effets de la chaleur sur les capacités motrices et mentales : réduction de la concentration, perte de préhension, fatigue cognitive. Mais aussi baisse de l’appétence sociale, comme l’ont montré les études de terrain menées par l’institut. Autant de signaux faibles appelés à devenir dominants dans un monde à +4 °C.

Du ressenti à l’action

À l’issue du parcours, chaque visiteur repart avec un document intitulé « Témoin du Climat », qui propose 50 gestes concrets à adopter en 40 jours. Réduction de son empreinte carbone, choix alimentaires, mobilité, gestion énergétique… Une façon de relier l’expérience individuelle à une réponse collective, et de transformer le ressenti en action.

La chambre climatique, pensée pour être mobile, marque une première mondiale. Si des installations fixes permettent déjà de simuler des conditions extrêmes dans des centres de recherche, jamais un tel dispositif n’avait été conçu pour le grand public, ni rendu itinérant. L’objectif est clair : faire passer la science du papier au vécu, du chiffre abstrait à l’épreuve du corps.

Pendant deux jours, Marseille n’imagine pas le climat de demain : elle l’inspire à plein poumons. Et pour qui y entre, la question n’est plus « si » ce monde peut exister. Mais s’il est encore temps de l’éviter.

Narjasse Kerboua


Place Bargemon, Marseille
31 mars et 1er avril 2025, de 9h à 20h
Expérience accessible dès 12 ans (accompagné), déconseillée aux femmes enceintes
climate-chance.org


Marseille : au Petit Séminaire, une coulée verte pour réconcilier ville, paysage et mémoire

Le quartier du Petit Séminaire, dans le 13e arrondissement de Marseille, a été retenu parmi les dix sites pilotes de la consultation nationale « Quartiers de demain ». Un projet emblématique, entre transition écologique, justice territoriale et réinvention du vivre-ensemble. Trois équipes ont été retenues pour imaginer sa transformation.

Le Petit Séminaire entame sa mue. Ancienne cité HLM construite dans les années 1960 pour répondre à l’urgence des bidonvilles, détruite en 2024 après des décennies de dégradation, le quartier s’apprête à accueillir une coulée verte de plus de deux hectares, le long de la rue de la Maurelle, dans une zone à la fois inondable, enclavée et marquée par un lourd passé urbain.

Sélectionné dans le cadre de la consultation nationale « Quartiers de demain » – une initiative de l’État pour repenser l’aménagement dans dix quartiers prioritaires – le site marseillais verra s’affronter trois groupements pluridisciplinaires dans le cadre d’un dialogue compétitif. Parmi eux, Folléa-Gautier (paysagistes-urbanistes), AMT (mobilités et infrastructures) et Ilex (urbanisme et paysage).

Leur défi : proposer une trame végétale capable de devenir un îlot de fraîcheur, un levier d’inclusion, et un exemple de ville adaptée au climat méditerranéen.

« On veut nature, culture, éducation, bien-être et logement »

Pour Marion Bareille, maire (DVD) des 13e et 14e arrondissements, ce projet doit incarner une vision globale du quartier. « Aujourd’hui, dès lors qu’on parle réhabilitation, construction de nouveaux logements, on pense au quotidien, à l’entretien et au bien-être des habitants actuels. Et puis, pour que ce soit séduisant pour les nouveaux habitants », explique-t-elle dans une vidéo réalisée par l’agence Capa avec les archives de l’INA.

Elle rappelle que le 13e arrondissement, le plus peuplé de Marseille avec 95 000 habitants, compte près de 40 % de logements sociaux, souvent construits dans les années 1960 autour de noyaux villageois. « On ne veut pas produire uniquement du logement, mais aussi de la nature, de la culture, de l’éducation et du bien-être. »

Le projet s’inscrit dans une relecture plus sensible du territoire, marqué autrefois par des bastides et une nature encore présente. La coulée verte devra s’y insérer sans effacer l’histoire, en valorisant les continuités paysagères et les usages partagés. Un enjeu écologique, mais aussi social et mémoriel.

Inventer la ville avec ceux qui y vivent

Dans la même vidéo, Nassera Bermarnia, adjointe au maire de Marseille en charge du retour de la nature en ville, insiste sur le changement de paradigme que porte le projet. « La nature, elle était là avant tout le monde. Donc aujourd’hui, on s’adapte à la nature et on construit autour des éléments de nature qui existent. »

Pour l’élue, le Petit Séminaire devient un terrain d’expérimentation grandeur nature pour une nouvelle manière de faire la ville : « Même si ça se passe au Séminaire, c’est là qu’on construit une politique publique qui peut nous servir d’exemple à déployer à l’échelle d’une ville. C’est une chance pour tous les Marseillais. »

Le projet repose sur une concertation étroite avec les habitants, au cœur de la méthode « Quartiers de demain ». À l’échelle nationale, trente équipes ont été sélectionnées pour intervenir sur dix quartiers prioritaires, avec pour objectif de construire leurs propositions en lien étroit avec les élus, les habitants et des jurys citoyens.

Valérie Létard, ministre chargée du Logement, souligne que « réhabiliter, adapter, améliorer le cadre de vie… ces dix quartiers pilotes doivent constituer des initiatives inspirantes et exemplaires pour penser la rénovation urbaine de demain, inclusive, durable et construite avec les habitants ».

Juliette Meadel, ministre déléguée chargée de la Ville, insiste quant à elle sur l’importance de cette co-construction : « La valeur incontestable de Quartiers de demain est de penser la ville du futur en additionnant le talent des urbanistes à l’expertise du quotidien des habitants. »

À Marseille, cette participation prendra corps tout au long de l’année 2025. Les habitants encore présents dans les logements restants seront invités à imaginer les futurs usages de la coulée verte : parcours sportif, lieu intergénérationnel, bancs pour se retrouver à la sortie de l’école… Autant d’idées pour façonner un espace commun à échelle humaine.

Une échéance fixée à novembre

Le projet du Petit Séminaire illustre la philosophie de la consultation « Quartiers de demain », pensée comme un laboratoire d’architecture, d’urbanisme et de paysage au service des quartiers populaires. Comme le rappelle Rachida Dati, ministre de la Culture, lors de la présentation des équipes à la Cité de l’Architecture : ces territoires « regorgent de créativité et d’initiatives qui méritent d’être mises en valeur ».

Le chantier n’est pas pour tout de suite. L’année 2025 sera consacrée à la co-construction avec les habitants et au dialogue entre les équipes en compétition. Le lauréat final sera désigné en novembre 2025, et la maîtrise d’œuvre confiée à l’équipe retenue pour un démarrage des travaux prévu à partir de 2027. Mais l’ambition est posée. Faire du Petit Séminaire un quartier où la nature redevient une alliée, et où l’avenir se construit sans effacer les racines.

Narjasse Kerboua


Sécurité : le Département muscle son soutien aux communes

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Vidéoprotection, renforcement des polices municipales, modernisation des infrastructures de secours, le Département des Bouches-du-Rhône a multiplié les investissements ces dernières années pour soutenir les collectivités locales en matière de sécurité.

Face aux préoccupations croissantes des habitants en matière de sécurité, le Département des Bouches-du-Rhône aide les communes à protéger les Provençaux.

Depuis 2015, plus de 76 millions d’euros ont été investis pour financer le déploiement de la vidéoprotection, la construction et la rénovation de commissariats ou l’équipement des policiers municipaux.

Le Département est également à la manœuvre pour construire de nouveaux centres d’incendie et de secours et de nouvelles casernes de gendarmerie.

De nouveaux commissariats dans les communes

Plusieurs communes ont bénéficié de financements pour la rénovation ou la construction de postes de police municipale.

À Aubagne, un hôtel de police a été récemment inauguré avec des équipements modernes, tandis qu’à Istres, un ancien commerce a été transformé en antenne de police.

D’autres communes comme Carry-le-Rouet, La Ciotat, Arles, ou Le Tholonet ont également rénové leurs infrastructures. 20 millions d’euros ont été alloués à ce volet sécuritaire.

La vidéoprotection gagne du terrain

Le développement des dispositifs de vidéoprotection s’est également accéléré. 1 600 caméras ont été installées autour de 92 collèges volontaires dans le cadre du Plan Charlemagne.

Établissements scolaires, bâtiments recevant du public, axes routiers stratégiques… au total, 26,8 millions d’euros ont été mobilisés pour soutenir l’installation de caméras dans des zones identifiées comme sensibles.

Plusieurs communes ont franchi le pas ces dernières années. À La Bouilladisse, les abords du futur Valtram sont désormais sous surveillance. À Maillane, le centre du village et les écoles ont été équipés.

Dans les espaces clos comme les parkings, les caméras permettent de prévenir certains délits, notamment les vols à l’arraché.

De nouvelles casernes pour les pompiers et les gendarmes

Le Département accompagne également la construction et la rénovation des casernes de gendarmerie. Depuis 2017, 43 millions d’euros ont été investis dans ce domaine.

À Roquevaire, une première caserne construite sur le modèle “100% sécurisation renforcée” a vu le jour. Une autre, à La Roque d’Anthéron, a été livrée fin 2024. À plus long terme, deux nouvelles casernes de gendarmerie verront le jour à Saint-Martin-de-Crau et à Trets d’ici à 2027.

Perspective – Caserne de Saint-Martin-de-Crau.

Dans le secteur des secours, l’effort porte sur la construction et la rénovation des casernes pour les sapeurs-pompiers. Après Sénas et Allauch l’an dernier, deux nouvelles casernes seront opérationnelles à Istres et Aix-en-Provence dans quelques semaines, suivies par Vauvenargues en fin d’année.

À Marignane, un nouveau Pélicandrome est désormais opérationnel pour permettre le remplissage rapide des avions bombardiers d’eau et ainsi mieux protéger le territoire contre les incendies.

Un appui logistique aux forces de l’ordre

Le soutien aux forces de sécurité passe aussi par la mise à disposition de matériel. En octobre dernier, six véhicules réformés ont été remis à la direction interdépartementale de la Police nationale, et la brigade de sécurisation des transports d’Aix-Vitrolles a reçu deux véhicules supplémentaires.

Si la gestion de la sécurité publique reste une compétence de l’État et des collectivités locales, l’intervention du Département dans ce domaine s’est renforcée ces dernières années. En accompagnant les communes dans leurs projets d’équipement, il contribue à la montée en puissance des dispositifs de surveillance et de prévention sur le territoire.

La Métropole aide à rouvrir les commerces vacants

Authentic French small shop or taverna, locked, at antient narrow street with cosy yellow houses in the old town La Panier in Sunny Marseille in Mediterrian France

Pour lutter contre la vacance commerciale, la Métropole Aix-Marseille-Provence lance un dispositif de soutien à l’installation de commerces et d’artisanat dans les centres-villes.

La Métropole Aix-Marseille-Provence déploie une nouvelle aide destinée aux commerçants, artisans et très petites entreprises (TPE) souhaitant s’implanter ou se développer dans des locaux vacants situés en centre-ville ou dans des noyaux villageois.

Ce dispositif vise à encourager la rénovation et l’exploitation de ces espaces afin de renforcer l’attractivité économique des cœurs de ville. Les dépenses éligibles couvrent notamment les travaux d’aménagement intérieur, la mise aux normes, la devanture commerciale ou encore l’acquisition d’équipements professionnels.

Le montant de l’aide peut atteindre 35% ou 20% du coût hors taxe des travaux selon la zone, dans la limite de 20 000 euros. Les projets doivent s’inscrire dans la stratégie de dynamisation commerciale de la commune.

Le dispositif s’inscrit dans le prolongement de l’Agenda du Développement Économique voté en 2022 et s’appuie sur un partenariat avec la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Provence-Alpes-Côte d’Azur et la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence. « Cette aide vient compléter les outils existants pour soutenir nos commerçants, nos artisans et nos entrepreneurs », indique Martine Vassal, présidente de la Métropole, dans un communiqué de presse.

Pour rappel, une foncière dédiée, Foncière Commerces Développement, a également été créée pour acquérir puis louer des locaux à vocation économique. Les périmètres éligibles sont consultables via le programme « Envie de Ville » sur le site Open Data de la Métropole.

> Les dossiers sont à déposer avant le 5 avril 2025 sur la plateforme www.demarches-simplifiees.fr.

À l’OM, c’est l’heure de la crise de printemps

OM
Photo OM

En dessous de tout à Reims (3-1), où il a concédé sa 4e défaite en cinq matchs, l’OM est en crise. Désormais 3es de Ligue 1, les Olympiens ont affiché d’importantes lacunes mentales. Roberto De Zerbi a puni ses joueurs, qui ont passé la nuit à la Commanderie.

Brouillons sur la pelouse du stade Auguste-Delaune samedi après-midi, incapables de dominer une équipe de Reims qui n’avait plus gagné depuis le 10 novembre dernier, joueurs et coach de l’OM ont enfin été offensifs dans leurs réactions d’après-match.

Comme si la lucidité qui leur avait fait défaut pendant 90 minutes en Champagne s’était soudainement manifestée après la bouillie de football proposée (3-1).

« Quatre défaites en cinq matchs, c’est un moment difficile », reconnaissait d’emblée le coach Roberto De Zerbi en conférence de presse. Puis il avouait : « Évidemment qu’il faut être préoccupé, on a perdu quatre matchs sur les cinq derniers ». Pire, il fallait aussi remonter au siècle dernier (1984) pour retrouver trace d’une équipe olympienne ayant encaissé au moins trois buts au cours de trois déplacements consécutifs.

La mentalité en cause

Déjà alerté par les défaites contre d’autres équipes mal en point (Auxerre, Lens), l’entraîneur italien constate : « Si on n’arrive pas à avoir la même mentalité que contre Paris et que l’on n’arrive pas à avoir cet état d’esprit contre les équipes qui sont en bas du classement, on ne sera jamais une grande équipe ».

Des propos forts, sans concession, qui rejoignaient les déclarations à chaud d’Adrien Rabiot au micro de beIN Sports.

« Ça fait mal d’afficher cet état d’esprit, regrettait le « Duc », qui a récupéré le brassard de capitaine après la sortir sur blessure de Leonardo Balerdi (entorse du genou ?). On a des objectifs et ça n’est pas suffisant. J’ai l’impression de voir des mecs qui n’ont pas envie d’aller en Ligue des champions, qui n’ont pas envie de se battre pour connaître ça. »

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Photo OM

Je ne comprends pas qu’on n’ait pas plus faim sur le terrain à l’idée d’aller jouer la Ligue des champions l’année prochaine

Adrien Rabiot

Déplorant des grosses lacunes dans les duels et le contre-pressing, Adrien Rabiot ne cachait pas son incompréhension : « Je ne comprends pas qu’on n’ait pas plus faim sur le terrain à l’idée d’aller jouer cette compétition l’année prochaine. Il faut avoir une autre mentalité. Il y a des équipes derrière qui ont envie ».

L’international français assénait alors : « Il faut se remettre en question. Il reste sept matches, il faut savoir ce qu’on veut faire, si on veut aller en Ligue des champions. Moi, je suis venu pour ça. Si d’autres n’ont pas envie, ils doivent le dire avant les matches et laisser d’autres jouer ».

Rongier : « On ne peut pas se permettre d’avoir un attitude pareille »

Passé en zone mixte devant les médias, après une très longue explication dans le vestiaire, Valentin Rongier, unique buteur olympien du jour, nourrissait les mêmes regrets. « On peut perdre des matchs, mais quand on est l’OM, qu’on veut aller en Ligue des champions, on ne peut pas se permettre d’avoir un attitude pareille », jugeait le numéro 21.

Valentin Rongier espère toutefois rapidement tourner la page. « Il faut repartir de l’avant, avec la tête haute, en travaillant surtout, en étant très humble, appuie celui qui a commencé milieu avant de terminer defenseur samedi, et pas exempt de tout reproche sur le deuxième but rémois. Parce que là, il faut qu’on fasse profil bas. Et qu’on montre un visage différent. »

Au vrai, les satisfactions olympiennes sont rares. Voire inexistantes. Les quelque mille fanas de l’OM présents à Reims ont entonné « Mouille le maillot ou casse toi » quand l’escouade à De Zerbi s’est présentée devant eux une fois la gifle encaissée.

La mentalité ne s’achète pas au supermarché. Celle que je veux pour mon équipe n’est pas celle que l’on a pour l’instant

Roberto De Zerbi

Un chant qui fleure bon la crise de printemps, d’autant que Monaco lui a chipé la deuxième place dans la soirée, après son succès dans le derby de la Côte d’Azur face à Nice (2-1). La défense fut aux bois, précipitée par la blessure puis la sortie de Balerdi. Luis Henrique et Mason Greenwood, hormis une entame intéressante, n’ont pas pesés sur les débats.

« La mentalité ne s’achète pas au supermarché, a tonné Roberto De Zerbi, qui a fait et défait plusieurs fois son animation et déplacé ses hommes au gré des changements, ce samedi. La mentalité que je veux pour mon équipe n’est pas celle que l’on a pour l’instant. Il faudra que j’explique aux joueurs ce que je veux au niveau de la mentalité. »

Alors qu’il ne reste que sept rencontres à disputer, le temps presse et l’objectif unique de cette saison (finir sur le podium pour être qualifié directement en Ligue des champions) semble de plus en plus illusoire à ce rythme-là.

Photo B.G.

Nuit à la Commanderie, deux jours de repos supprimés

« On n’a pas ce feu intérieur pour réussir à remporter ces matchs », estimait l’entraîneur italien de l’OM en réponse à une question sur la prestation de Mason Greenwood. Mais le constat vaut pour toute son équipe.

« D’un point de vue tactique, je ne pense pas que l’on doive changer quelque chose. Peut-être autre chose, l’aspect mental… », finissait par avouer Roberto De Zerbi.

L’Italien n’a pas tardé à taper du poing sur la table. Sur le chemin du retour en Provence, le coach a interdit à ses joueurs de rentrer chez eux, samedi soir. Tous ont dormi au Centre Robert Louis-Dreyfus, se voyant également privés de leurs deux jours de repos initialement prévus.

Les coéquipiers d’Adrien Rabiot ont ainsi repris l’entraînement dès ce dimanche. Autant pour les sanctionner leur prestation honteuse à Reims que pour remobiliser le groupe dans ce sprint final, à sept journées de la fin du championnat.

Benoît Gilles

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À Marseille, l’adaptation climatique s’invite au cœur du dialogue euro-africain

France Bouches-du-Rhone (13) Marseille. Aerial view of the Corniche Kennedy

Les 31 mars et 1er avril, Marseille accueillera un sommet international consacré à l’adaptation au changement climatique. Face à un réchauffement annoncé de +4 °C, institutions, chercheurs, ONG et élus euro-africains viendront débattre de solutions concrètes à déployer dans les territoires.

Dans l’arrière-salle des grandes conférences sur le climat, l’adaptation prend peu à peu la place qui lui revient.

Longtemps reléguée derrière les enjeux de réduction des émissions, elle s’impose désormais comme un impératif stratégique.

À mesure que les catastrophes naturelles se multiplient et que les trajectoires de réchauffement convergent vers des scénarios extrêmes, il ne s’agit plus seulement de ralentir, mais de s’ajuster.

C’est dans cet esprit que se tiendra, les 31 mars et 1er avril, le Sommet Climate Chance Europe-Afrique 2025 au Palais du Pharo, à Marseille.

Présenté comme le plus grand événement jamais organisé en Europe exclusivement dédié à l’adaptation, il réunira près de 2 000 participants, plus de 300 intervenants et proposera une trentaine d’ateliers, six plénières, des animations hors les murs et un espace de présentation de projets.

Une feuille de route politique et technique

Le sommet, co-organisé par la Ville de Marseille et l’association Climate Chance, s’inscrit dans une séquence diplomatique qui verra, en 2026, la présentation de la nouvelle stratégie européenne d’adaptation.

Il entend nourrir ces travaux avec deux livrables majeurs : une « Déclaration de Marseille », plaidoyer pour renforcer la coopération Europe-Afrique, et un « Plan d’action » listant cinquante mesures prioritaires à mettre en œuvre dans les territoires européens. « L’adaptation ne peut être un luxe réservé aux pays riches », résume Ronan Dantec, sénateur et président de Climate Chance.

Des solutions concrètes à l’échelle des territoires

Le sommet entend porter la voix des acteurs non-étatiques – collectivités, ONG, entreprises, syndicats, chercheurs, citoyens — souvent absents des tables diplomatiques mais cruciaux dans la mise en œuvre des politiques d’adaptation.

L’Observatoire Climate Chance y présentera d’ailleurs son premier bilan des actions d’adaptation en Europe, document inédit fondé sur des données sectorielles, destiné à éclairer les décisions publiques.

Parmi les têtes d’affiche attendues figurent Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, Agnès Pannier-Runacher, ministre française de la Transition écologique, ou encore Anne Hidalgo, maire de Paris, aux côtés de nombreux élus africains engagés sur le front de l’adaptation urbaine. Le climatologue Christophe Cassou, le chercheur François Gemenne ou encore Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, prendront également la parole.

Les ateliers traiteront de sujets très concrets : comment adapter les transports publics en Afrique, transformer le logement social, renforcer la résilience des systèmes alimentaires, préparer les ports au risque de submersion ou encore penser la santé dans une perspective climatique.

Plusieurs sessions porteront sur la coopération décentralisée, dans un contexte où les dispositifs de soutien aux projets communs entre collectivités européennes et africaines restent encore embryonnaires. Au-delà des discours, le sommet se veut aussi expérientiel : expositions, visites-découverte, pitch-corner de projets… pour sensibiliser le grand public.

Marseille, laboratoire et trait d’union

Marseille, hôte de l’événement, entend s’affirmer comme ville-passerelle entre l’Europe et l’Afrique, et comme territoire laboratoire d’une adaptation climatique accélérée. Sélectionnée par l’Union européenne pour faire partie de la mission des « 100 villes neutres pour le climat d’ici 2030 », elle mettra en avant ses propres réalisations.

Au cœur de cette mobilisation se trouve l’idée d’une diplomatie climatique des territoires, à rebours des logiques descendantes. Pour Climate Chance, il s’agit de défendre un modèle de coopération polycentrique, dans lequel les villes, les régions, les ONG ou les entreprises ont voix au chapitre, aux côtés des États.

Dans les échanges entre l’Union européenne et l’Afrique, cette approche trouve un terrain fertile. Les enjeux d’adaptation sont massifs, mais très inégalement financés. En Afrique, les villes concentrent de plus en plus de population sans bénéficier des moyens nécessaires pour répondre aux chocs climatiques. L’un des objectifs du sommet est donc aussi de poser la question du partage équitable des ressources, à l’heure où les financements européens de l’aide publique au développement sont en partie réorientés vers des enjeux de sécurité.

Deux jours d’échanges pour tenter, ensemble, de bâtir des réponses concrètes à l’un des plus grands défis de ce siècle.

Narjasse Kerboua


> 31 mars – 1er avril 2025 – Palais du Pharo, Marseille – Sommet Climate Chance Europe-Afrique
Thème : Adaptation : passer à l’action – Infos : climate-chance.org

Trois prétendants pour réveiller une friche urbaine dans les quartiers nord de Marseille

Trois groupements sont en lice pour la reconversion de l’îlot CAZ03, dans le 15e arrondissement. Euroméditerranée a retenu Edelis, Icade-Primosud et Demathieu Bard Immobilier pour transformer cette friche en quartier résidentiel connecté au futur tram T3.

Entre le boulevard de Vintimille, le chemin de la Madrague-Ville et les rails du futur tram T3, un îlot de 4 223 m² attend son heure. Longtemps laissé en jachère, squatté ou simplement oublié, le site CAZ03 entre dans une nouvelle phase. Trois groupements ont été retenus par Euroméditerranée pour transformer cette dent creuse en quartier de ville. Verdict attendu fin juin.

D’un côté, Edelis revient avec 3F Sud, déjà candidat malheureux en 2021 aux côtés d’un BNP Paribas Immobilier depuis envolé. De l’autre, Icade s’allie à Primosud et CDC Habitat. En face, Demathieu Bard Immobilier fait équipe avec 1001 Vies Habitat. Tous ont intégré le collectif Base Commune, gage d’ancrage local et d’expérimentation urbaine, devenu passage obligé dans le secteur.

Un îlot, des ambitions

Le projet vise plus de 9 000 m² constructibles, dont trois quarts de logements en accession libre, le reste en social. Le cahier des charges prévoit aussi des espaces pour l’économie sociale et solidaire (jusqu’à 600 m²), un peu d’artisanat, voire deux cellules commerciales, si le porteur du projet prouve leur utilité. Rien d’ostentatoire, mais de quoi ramener un peu de vie dans cette zone à reconstruire.

L’ensemble sera raccordé à la centrale de thalassothermie Massileo, qui alimente déjà d’autres programmes d’Euroméditerranée en chauffage et climatisation.

Un puzzle urbain en train de se dessiner

CAZ03 n’est qu’un morceau du puzzle. À quelques mètres, CAZ04 attend Nexity et 1001 Vies Habitat. Un peu plus loin, sur CAZ07, Villenova et Erilia prépareront eux aussi une greffe urbaine. L’enjeu ? Faire pièce aux décennies de désintérêt pour ce secteur stratégique de la ZAC Littorale, en bordure de l’arrière-port.

Le tout se connectera à la future place des Libertés, ex-place Joséphine, pensée comme un petit forum central. Et surtout, les chantiers voisins – le campus du numérique La Plateforme et le collège Ignace de Loyola – achèvent de redessiner un quartier autrefois réduit à ses friches.

N.K.

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Basket – Pro B : Fos Provence continue de s’enfoncer

Pro Fos Vent
Vincent Vent a sorti son meilleur match offensif ce samedi (16 points). Photo B.G.

Très vite distancé, Fos Provence s’est logiquement incliné ce samedi à Marseille face au leader Orléans (60-77). Les BYers sont seuls derniers de Pro B. Faute de révolte, le coach Rémi Giuitta a poussé un gros coup de gueule.

Recevoir le leader du championnat, Orléans, n’avait rien d’une sinécure pour Fos Provence. Le défi était immense ce samedi soir pour le club provençal, désormais seul dernier de Pro B (7 victoires – 23 défaites), au lendemain de la victoire de Chartres (19e), qui le devance d’une longueur.

Malheureusement, il n’y a pas eu la moindre once de suspense et les BYers ont concédé inéluctablement une dixième défaite consécutive.  

Très vite mené 0-9, asphyxié par une défense tout-terrain, Fos Provence a payé au prix fort la différence entre une équipe qui se cherche et n’a jamais pu créer un véritable collectif, comme le regrettait Rémi Giuitta, et une escouade qui joue la montée dans l’Élite, au jeu huilé, complet à tous les postes.

L’attaque toujours chancelante

Concédant trop de secondes chances (huit rebonds offensifs pour Orléans en première période) et trop maladroit (36 % à deux points, 12% à 3 pts), Fos Provence avait son attaque en berne (seulement six points inscrits dans le 3e quart-temps) dans un Palais des sports de Marseille plutôt bien garni.

Et s’ils n’ont jamais mené, les Fosséens se sont accrochés par intermittence pour ne pas prendre une rouste. Les hommes de Rémi Giuitta ont eux aussi fini par enfiler le bleu de chauffe en défense. Mais une faute antisportive, pleine de frustration, prise par Mathieu Wojciechowski, a fait gonfler l’écart définitivement à 22-8, après seulement huit minutes de jeu.

Giuitta : « Je ne vois pas de révolte, ça m’inquiète et m’indigne »

Ensuite, la différence étant faite, Fos a tenté de garder la tête hors de l’eau. Vincent Vent a réussi sa meilleure performance offensive de la saison (16 points) mais l’intérieur semblait abattu : « Honnêtement, c’est très dur. On a le sentiment de ne pas avoir tout donné ».

Et si Orléans ne s’est jamais envolé, peut-être aidé par les nombreuses rotations effectuées par le coach Lamine Kébé (dix joueurs à plus de seize minutes), la marche était bien trop haute ce samedi soir pour Fos Provence.

Rémi Giuitta, « très en colère », a poussé un fort coup de gueule dans le vestiaire. N’hésitant pas à livrer le fond de sa pensée en conférence de presse : « Je ne vois pas de révolte, ça m’inquiète et m’indigne. La qualité de jeu n’est pas là, il y a du doute ».

Certains de ses joueurs lui ont donné le sentiment de « jouer avec le frein à main, la boule au ventre, stigmate d’une équipe en perte de confiance ». « Mais on doit se révolter ! On doit sortir la boîte à gifles. On est des gentils. Ça m’indigne. Je suis déçu. Je déteste voir ça », a lancé le coach fosséen.

Face à tant de « fébrilité », réussita-t-il à mobiliser son groupe pour le match le plus important de la saison, vendredi prochain, face à Chartres, dans la course au maintien ? « Avec ce tempérament, on ne battra pas Chartres. On ne battra personne », assure-t-il.

La situation devient critique pour Fos Provence qui n’aura pas d’autre choix, vendredi, que de battre Chartres, pour encore espérer se sauver en Pro B.

Benoît Gilles

Fos Provence 60 – Orléans 77
30e journée de Pro B.
Scores aux quarts temps : 10-28 ; 21-15 ; 6-14 ; 23-20.
Les stats du match.
Le classement.

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Ligue 1 – L’OM coule totalement en Champagne

OM
Titularisé au milieu et défenseur en fin de match, Valentin Rongier a réduit l'écart en fin de match (3-1), dans une révolte trop désordonnée pour empêcher l'humiliation à Reims. Photo OM

Ultra dominateur mais plombé par la blessure de Balerdi, puis sans idée, l’OM a concédé un quatrième revers en cinq matchs à Reims (31), qui n’avait plus gagné depuis novembre. Une véritable humiliation.

L’Olympique de Marseille n’y arrive plus. En déplacement en Champagne ce samedi, soutenu par 1000 supporters au stade Auguste-Delaune, l’OM a été puni par Reims (3-1). Une humiliation. Vraiment très inquiétant.

Cette quatrième défaite, sur les cinq derniers matchs de Ligue 1, lui fait perdre sa place de dauphin du PSG, au profit de Monaco, vainqueur de Nice (2-1) plus tard dans la soirée. Les Olympiens n’en ont de toute façon, à l’heure actuelle, ni le statut, ni la carrure.

Et pourtant, ils étaient prévenus : ils sont devenus les spécialistes dans la relance des équipes à la dérive. Après Auxerre (3-0), qui restait sur dix matchs sans succès, et Lens (0-1), qui venait d’encaisser quatre revers, c’est donc Reims qui a retrouvé du pétillant grâce à l’OM.

Les Champenois n’avaient plus gagné depuis le 10 novembre 2024 (6 nuls, 9 défaites) ni inscrit le moindre but en championnat depuis six matchs.

Après Auxerre et Lens, l’OM relance Reims

Vendredi, en conférence de presse, nous avions spécifiquement questionné Roberto De Zerbi sur ce sujet, quant à une possible démobilisation de ses ouailles au moment d’affronter des équipes supposées plus faibles.

Le coach avait démenti fermement, en commençant par quatre « no » en italien : « Un manque d’engagement ? Absolument pas. Il peut y avoir des carences mentales, mais absolument pas un manque d’engagement. Mes joueurs donnent vraiment toujours 100% d’eux-mêmes. Parfois ils sont peut-être plus focalisés sur l’objectif final (se qualifier pour la Ligue des champions, Ndlr) mais ils sont toujours engagés ».

Le contenu de ce Reims – OM permet d’en douter fortement. Il a affiché les lacunes olympiennes et peut-être aussi le manque d’idée directrice, voire de solutions, de Roberto De Zerbi, obligé de changer plusieurs fois de systèmes.

L’OM a beau avoir eu le ballon 80% du temps, s’être créé quelques occasions en début de match, par Greenwood (5, 21), Gouiri (7) et Rabiot (38), les hommes de Roberto De Zerbi a sombré dans les grandes largeurs. Ils ont manqué de tout : de justesse, de déplacement, d’idées, de conviction, de créativité, de hargne.

La défense aux abois, Balerdi fautif

Plus que de perdre, ils ont en fait offert la victoire à une équipe de Reims d’une faiblesse affligeante et apathique au coup d’envoi. Comme attendu, conscients de leurs limites actuelles, les locaux avaient décidé de jouer très bas. Et comme d’habitude, comme beaucoup trop souvent cette saison, les Olympiens sont tombés dans le piège : ils ont encaissé des buts sur des contre-attaques rapides, symboles de l’extrême faiblesse de la défense, prise de vitesse.

Nakamura ouvrait le score sur le premier tir de Reims, après une succession d’erreurs et un manque d’agressivité criant de l’OM (1-0, 29). L’attaquant japonais était totalement libre de tout marquage, en pleine surface, puisque Leonardo Balerdi s’était blessé au genou gauche un quart d’heure plus tôt, mais avait voulu rester le terrain.

Trop handicapé, le capitaine olympien cédait finalement sa place (33), après les longues complaintes de Geronimo Rulli, constatant que son compatriote était trop diminué pour tenir sa place.

Mené au score et privé de son capitaine, Rabiot récupérant le brassard, l’OM n’a eu aucune réaction. Au contraire, ce but a libéré les Rémois, tout près de doubler la mise avant la pause par Atangana (41).

L’OM trop faible, trop désordonné

Les mêmes maux ont provoqué les mêmes problèmes en deuxième période. Sur deux nouvelles contre-attaques éclairs, l’OM sombrait et encaissait des buts, par Diakhon (2-0, 51), après un ballon perdu par Dedic aux 18 mètres adverses, puis par Atangana (3-0, 68).

Valentin Rongier réduisait l’écart d’une frappe puissante dans la surface, ponctuant un joli slalom (3-1, 78). Le but du désespoir, plus que de l’espoir, dans ce marasme ambiant. Car la révolte était à l’image de la prestation et du collectif de l’OM : trop faible, désordonnée.

L’OM a été humilié ce samedi en Champagne. Dans la tribune officielle, le président Pablo Longoria et le directeur du football Medhi Benatia avaient la tête des mauvais jours. Leur équipe n’avance plus depuis cinq journées.

Soit autant de rencontres où Roberto De Zerbi a aligné un onze de départ différent, entre les méformes (Luis Henrique, Greenwood), les blessures (Murillo était sur le banc, Hojbjerg absent) et les suspensions. Sans oublier les recrues du mercato hivernal qu’il a fallu intégrer (Gouiri, Bennacer) et qui ont peut-être chamboulé l’équilibre d’un collectif qui carburait à plein régime jusque-là.

B.G.


Stade de Reims 3 – OM 1
27e journée de Ligue 1.
Stade Auguste-Delaune. Arbtre : Willy Delajod.
Mi-temps : 1-0.
Buts – Reims : Nakamura (29), Diakhon (51), Atangana (68).
OM : Rongier (78).
Reims : Diouf (cap.) – Buta (Hiroki, 73), Okumu, Kipré, Akieme – Diakhon (Ibrahim, 59), Atangana, Gbane, Koné (Patrick, 73), Nakamura – Ito.
Entraîneur : Samba Diawara.
OM : Rulli – Lirola (Bennacer, 46), Balerdi (cap.) (Maupay, 34), Cornelius – Luis Henrique, Rongier, Kondogbia (Rowe, 80), Merlin (Dedic, 46) – Greenwood, Rabiot – Gouiri (Garcia, 80).
Entraîneur : Roberto De Zerbi.

Les rencontres de la 27e journée.
Le classement de Ligue 1.

Kaporal : Marseille perd l’un de ses emblèmes du jean

Après San Marina et les Galeries Lafayette, c’est au tour de Kaporal de disparaître à Marseille. Liquidation judiciaire immédiate, 280 emplois supprimés. Un nouveau coup porté au secteur textile local.

La marque de prêt-à-porter Kaporal, bien connue pour son ADN denim et son ancrage marseillais, vient d’être placée en liquidation judiciaire avec arrêt immédiat de son activité. Le tribunal de commerce de Marseille a rendu sa décision vendredi 29 mars, provoquant le licenciement de l’ensemble des 280 salariés encore en poste. Un nouveau revers pour le secteur textile français, déjà marqué par une série de défaillances ces dernières années.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, la direction du groupe, dont le siège social est à Marseille, explique avoir sollicité une liquidation judiciaire avec poursuite d’activité, afin de favoriser une éventuelle reprise. Mais le tribunal a tranché en faveur d’une liquidation « sèche », sans délai ni transition. « Un délibéré contraire, contre toute attente », déplore la direction dans son communiqué.

Une relance avortée

Kaporal avait pourtant entamé une restructuration en 2023. Après une mise en redressement judiciaire en mars de cette année-là, un plan de reprise porté par trois anciens cadres avait été validé en juillet. La stratégie visait alors à préserver 395 emplois sur 434 et à maintenir 78 magasins sur 85. En mai 2024, l’entreprise sortait officiellement de la procédure de redressement.

Mais le redressement aura été de courte durée. Kaporal avait misé sur un repositionnement pop culture, à travers des collaborations locales, de Mecs de la rue à une récente collection capsule avec le skateur Vincent Matheron. L’enseigne comptait aussi sur la relance de son réseau de franchises. Mais les résultats n’ont pas suivi.Le chiffre d’affaires 2024, estimé à 50 millions d’euros, est resté en deçà des prévisions (55 M€) et très loin des 99 millions enregistrés en 2022.

En janvier dernier, son directeur général Nicolas Ciccione se montrait pourtant confiant, espérant « renouer avec la rentabilité » dans les mois à venir. Un objectif désormais hors de portée.

Un secteur fragilisé

Le naufrage de Kaporal intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur de l’habillement en France. Après les faillites de Camaïeu, San Marina, Esprit ou encore Burton of London, c’est une nouvelle enseigne emblématique des années 2000 qui disparaît. À Marseille, cette liquidation s’inscrit dans un paysage local déjà bouleversé.

En janvier, les Galeries Lafayette ont annoncé leur départ progressif des deux implantations marseillaises – Centre Bourse et Prado Shopping – d’ici fin 2025. Au total, ce sont plus de 400 emplois dans le secteur de l’habillement qui disparaissent à l’échelle locale en moins de six mois.

La crise du textile français, marquée par une consommation en berne, des marges rognées par l’inflation et la transition numérique, n’épargne plus aucune cible, pas même les marques à forte identité régionale.

Selon l’Institut Français de la Mode (IFM), les ventes d’articles d’habillement et de textile sont restées stables en 2024 (+0,1 %), mais le secteur n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise : les chiffres d’affaires sont en moyenne inférieurs de 5,5 % à ceux de 2019. Marges compressées, inflation, concurrence du e-commerce : les défis s’accumulent.

Pour Kaporal, les efforts de relance n’auront pas suffi à compenser un contexte conjoncturel dégradé. La fermeture du site internet et les témoignages des salariés sur LinkedIn confirment la fin d’une aventure de vingt ans pour cette enseigne née en 2004 à Marseille.

L.-R.M.

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