Grand plan de Macron pour Marseille : rêve ou réalité ?

© WKMC

Arrivé mercredi à Marseille pour une visite officielle de trois jours, le président de la République a prononcé jeudi soir, depuis le palais du Pharo, un discours très attendu. Celui-ci a été précédé par une introduction du maire Benoît Payan : “Les potentiels ne demandent qu’à s’exprimer si la volonté politique est au rendez-vous”, a-t-il notamment affirmé.

Le chef de l’Etat a abordé notamment les sujets sensibles de la ville : la sécurité, la santé, le social, les transports, l’environnement.

Lutte contre la criminalité et les trafics

“Les chiffres s’améliorent, mais il y a une criminalité liée au trafic de drogue. Il y a un harcèlement à conduire contre les trafics. 200 policiers supplémentaires arriveront en 2022. Les deux compagnies de CRS présentes depuis mars seront pérennisées.”

“Nous financerons le déploiement de 500 caméras de vidéosurveillance dans les zones qui en ont besoin.”

“Nous prendrons dans les prochaines semaines avec nos partenaires européens des initiatives pour démanteler les réseaux.”

La promesse d’un investissement dans la santé

Côté santé, le président a souligné un investissement de “20 millions d’euros dans le département pour la politique de la ville, dont 17 pour la seule ville de Marseille”.

Il a ensuite promis “169 millions d’euros pour entre autres la rénovation de l’hôpital de la Timone et de l’hôpital nord”, et “50 millions d’euros pour la création d’une maison des femmes.

“Urgence sociale”

Le président a abordé “l’urgence sociale” : “Nous devons mener une approche globale” contre “les pauvretés cumulées”, a-t-il dit. “Le sport, la culture, le logement” font partie de ce qu’il a appelé “des tisseurs de liens”.

Sur les écoles, le président a affirmé la mise en place de mesures concrètes : “On va mettre en place de nouvelles opérations de rénovations urbaines. Nous allons créer une société ad hoc dont le maire aura la présidence. Son objet sera de rénover les écoles les plus délabrées. On y mettra un financement conséquent.” “Dans les quartiers où la situation est la plus difficile, il faut que les directeurs d’école puissent choisir l’équipe pédagogique. Il s’agit de faire un laboratoire de liberté et de moyens. Je veux qu’on puisse lancer ce projet dès la rentrée 2022-2023. Si les résultats sont concluants, je veux qu’on puisse le généraliser.”

Des mesures clés pour les transports

Le président a concédé 1 milliard d’euros de l’État pour l’automatisation du métro, l’extension du tramway et les lignes de bus, tout en soulignant une volonté que ces financements soient à l’origine de “réalisations concrètes pour tous”. Une évolution institutionnelle donnera l’autorité à la Métropole. 

Emmanuel Macron s’est dit prêt à engager l’Etat pour l’extension de l’aéroport de Marignane et les lignes qui le relieraient. L’Etat apporterait aussi 1,4 milliard d’euros pour la nouvelle ligne Marseille-Nice.

Du côté du port, des investissements seraient aussi engagés pour les modernisations nécessaires.

Environnement : lancement d'”Odysseo”

Le chef de l’Etat a annoncé le lancement d’une structure nommée “Odysseo”, un réseau de recherche international d’innovation des pays du bassin méditerranéen, consacré à la protection de l’environnement. Il sera notamment dirigé par l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen, aujourd’hui directrice de la maison d’édition Actes Sud.

Un délai de “deux mois” et l’annonce d’un œil vigilant sur Marseille

Le président a demandé “sous deux mois” des propositions de la part des élus locaux pour les évolutions en marge de ses annonces. Il reviendra en octobre et février prochain “pour pouvoir me rendre compte de ce qui a été fait et de ce qui n’a pas été fait”, a-t-il conclu.

Espérons que la pluie qui a interrompu le discours du président ne sera pas un présage, pour les Marseillais, d’espoir douché…