jeudi 3 avril 2025
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Le Méridional, un nouveau média déjà historique

Le Méridional a profité du Forum des Entrepreneurs pour dévoiler sa nouvelle identité visuelle avec un nouveau logo, présenté sur une page hommage. Un clin d’œil à l’histoire du journal, tout en affirmant sa vision résolument tournée vers l’avenir.


Il est des titres de presse qui ne meurent jamais. Le Méridional, fondé dans les premières heures de l’après-guerre, est de ceux-là.

Depuis 1944, ce pilier du patrimoine journalistique de Marseille a traversé les décennies, les tempêtes médiatiques et politiques, gardant toujours ce souffle, cette ambition intacte : porter la voix d’une région unique, imprégnée d’histoire et de caractère.

Aujourd’hui, après des années de silence, Le Méridional renaît avec une nouvelle dynamique, une ligne éditoriale réinventée, fidèle aux valeurs humanistes qui ont façonné son identité.

Ce retour signe une volonté : revisiter l’information régionale avec l’audace et l’incisif d’autrefois, mais avec un regard contemporain, tout en revendiquant une liberté de ton qui permet d’aborder chaque sujet avec un regard vrai, franc, sans compromis. Toujours avec intégrité et authenticité.

Désormais, Le Méridional se lit exclusivement en ligne, dans une version 100 % gratuite. On y retrouvera une écriture aussi piquante que rigoureuse, des enquêtes qui ne mâchent pas leurs mots, des chroniques qui capturent l’essence de Marseille, du Sud et de toute la région, ses ombres et ses lumières.

Un seul mot d’ordre, un seul fil rouge : Marseille, la Provence, le Sud comme on les M’, comme on les vit, dans toute leur splendeur, leurs folies, et leurs combats. Rassemblée autour d’un projet ambitieux, la nouvelle équipe tient à ce que votre média soit plus qu’un témoin.

Le Méridional aspire à devenir un acteur du quotidien des habitants, porté par une passion inchangée pour ce territoire aux multiples visages. Restez connectés pour découvrir les prochaines évolutions.

L’équipe du Méridional

Water-polo – Le CNM comme un grand d’Europe

CNM
Photo B.G.

Dans une ambiance incandescente, le CNM a sorti le très grand jeu ce mercredi à domicile en Ligue des champions pour écraser Belgrade (14-9). Avec la défaite de l’Olympiacos dans l’autre match du groupe, les Marseillais ont un pied au Final Four.

Il fallait un exploit et les joueurs du Cercle des nageurs de Marseille en ont réalisé un d’envergure, ce mercredi soir.

Dans leur bassin Pierre-Garsau et devant une tribune encore plus enflammée qu’à l’accoutumée, avec fanfare, pom-pom girls et drapeaux, les Marseillais ont écrasé un grand d’Europe, le Novi Belgrade (14-9), pourtant invaincu jusque-là cette saison.

La chistera et les larmes de Bodegas

Gêné en début de match et mené d’une longueur, le CNM a mis quelques minutes à entrer dans sa rencontre. Après un penalty loupé par Velotto, c’est Thomas Vernoux, comme un symbole, qui sonnait la révolte et inscrivait le premier but au bout de six minutes (1-1) !

Son cri de rage réchauffait la piscine et le public marseillais. Et mettait sous l’éteignoir Belgrade : les Serbes étaient complètement asphyxiés, le CNM se montrait héroïque en défense, puissant et précis sur les phases offensives.

Un match plein, basé sur de la solidarité, évidemment, du physique, beaucoup, et un cœur énorme. Vernoux s’est ensuite sacrifié en défense, rapidement pénalisé par les fautes, et c’est finalement le massif hongrois Daniel Angyal (2,03 m), de près à trois reprises, et Michaël Bodegas, d’une chistera pleine d’inspiration, qui propulsaient le CNM (7-3, 14e).

« Ce que je suis en train de vivre avec mon club formateur c’est incomparable, glissait l’expérimenté marseillais, les larmes aux yeux et ses deux fils dans les bras. C’est tellement fort cette émotion, le parcours et le fait de faire partie de cette histoire, de pouvoir laisser un héritage. »

Un match plein qui a tourné à la démonstration

Avec huit marqueurs différents, la prestation du CNM a tourné à la démonstration, les hommes de Milos Scepanovic n’encaissant aucun but dans le troisième quart, pour mener 12-4 à huit minutes du terme. Un match plein, basé sur de la solidarité, évidemment, du physique, beaucoup, et un cœur énorme.

« Il y avait l’envie de se battre jusqu’au bout, de la confiance, de la sérénité, de la concentration », listait l’entraîneur du Cercle. « On est même surpris, en toute humilité, d’avoir maîtrisé un tel adversaire, avouait de son côté le capitaine Ugo Crousillat. Pour en arriver là, il a fallu du travail, de la patience, de l’humilité. »

Dans le même temps, l’Olympiacos s’est incliné à domicile face au Jadran Split (13-14 a.p.). À deux journées de la fin de cette phase de poule des quarts de finale, le CNM a donc un pied au Final Four, à Malte, début juin. Il leur suffira de ne pas perdre, ni à Split le 23 avril ni au Pirée le 14 mai, pour s’assurer d’une participation historique au dernier carré de la plus prestigieuse des coupes d’Europe de water-polo.

Crousillat : « C’est exceptionnel, même si ce n’est pas encore fait »

« C’est exceptionnel, même si ce n’est pas encore fait. On a réalisé un grand pas, après un match de top niveau », esquissait Ugo Crousillat.

Avec une telle performance, le club présidé par Paul Leccia a évidemment frappé très fort sur la scène européenne. Ses joueurs seront désormais attendus, avec le Final Four plus que jamais dans le viseur. « Je suis coach, être quasiment qualifié ne me suffit pas, tempère Milos Scepanovic. Je sais que du boulot m’attend. Ce genre de victoire coûte aussi beaucoup en termes d’énergie et émotionnellement. Rien n’est terminé. »

Les joueurs du CNM ont longtemps pu communié avec le bout de tribune chantant, dansant, en musique, pour prolonger cette soirée de grâce. Ils devront valider leur ticket pour Malte (30 mai-1er juin) dans trois semaines en Croatie, certainement sans l’un des héros du soir : Daniel Angyal s’est cassé un doigt et pourrait manquer le déplacement à Split.

B.G.

CNM 14 – Novi Belgrade 9
Ligue des champions. 4e journée de la phase de groupe des quarts de finale.
Scores aux quart-temps : 2-1 ; 6-3 ; 4-0 ; 2-5.
La feuille de match.
Le classement.

Municipales 2026 : feu vert en commission pour la réforme PLM

La commission des lois de l’Assemblée nationale a approuvé, ce mercredi 2 avril, la proposition de loi modifiant le mode d’élection des conseillers municipaux à Paris, Lyon et Marseille (PLM). Le texte, soutenu par l’exécutif, prévoit l’instauration d’une circonscription unique dès 2026.

La réforme de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille) a franchi une première étape parlementaire. Portée par le député Renaissance Sylvain Maillard, la proposition de loi vise à modifier en profondeur le mode de scrutin municipal dans les trois plus grandes villes de France.

Aujourd’hui, les électeurs votent par arrondissement ou secteur, et les têtes de liste accèdent à la fois au conseil d’arrondissement et au conseil municipal. Un système souvent jugé peu lisible et source de distorsions démocratiques, dans la mesure où un maire peut être élu avec une minorité de voix à l’échelle de la ville.

La réforme validée par les députés prévoit désormais deux scrutins distincts : le premier pour les conseils d’arrondissement ou de secteur, le second pour les conseils municipaux, sur une circonscription unique. Cette nouvelle architecture électorale s’appliquerait dès les élections municipales de 2026.

Une réforme qui divise

Le texte divise les groupes politiques. Il bénéficie du soutien du gouvernement, de La France insoumise et du Rassemblement national, tandis que Les Républicains et une majorité de députés socialistes y sont défavorables.

À Marseille, la réforme fait également l’objet de vives oppositions. À droite, les élus locaux, dont Renaud Muselier (Renaissance) et Martine Vassal (DVD), dénonçaient en février dernier un texte « impraticable » et « hors-sol », proposé sans concertation avec les territoires.

Dans une tribune, ils ont pointé un « bouleversement brutal » du calendrier électoral, à un an du scrutin, soupçonnant un projet dicté par des considérations parisiennes.

Le collectif Une Génération pour Marseille a également réagi, dénonçant dans un message publié sur X « un scrutin plus complexe », « une réforme inutile » et « un principe démocratique bafoué », en référence à la prime majoritaire et à l’absence d’élection directe du maire.

À gauche, le collectif Mad Mars, affilié à la majorité municipale, défend au contraire la réforme, qu’il considère comme une avancée démocratique. Le mouvement réclame la fin d’un système électoral jugé inégalitaire, accusé d’avoir renforcé les fractures territoriales au sein de la ville. Une pétition a été lancée pour soutenir l’instauration d’une circonscription unique, au nom du principe « un Marseillais, une voix ».

L’examen dans l’hémicycle est prévu en début de semaine prochaine. Le texte devra ensuite être étudié par le Sénat.

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Le cardinal Jean-Marc Aveline élu président de la Conférence des évêques de France

S.E. le Cardinal Jean-Marc Aveline. Cardinal Jean-Marc Aveline celebrated mass at the Basilique Saint-Victor and then headed off to the navette ovens, where he blessed the traditional Provencal orange blossom cookies, surrounded by local politicians: Benoit Payan, mayor of Marseille, Martine Vassal, president of the Aix-Marseille metropolis, and RN deputy Franck Allisio. The navette is blessed every year on February 2 in Marseille during the Chandeleur festival, when the whole of France gets ready to make pancakes, and the Marseillais look forward to the making of these traditional cookies, which fill the whole Saint-Victor district with their fragrance In Marseille, Southern France on February 2, 2025. Le cardinal Jean-Marc Aveline a celebre une messe a la basilique Saint-Victor et ensuite le cardinal s en est alle aux fours des navettes ou il a beni les traditionnels biscuits provencaux a la fleur d oranger, entoure des politiques locaux: Benoit Payan maire de Marseille, Martine Vassal presidente de la metropole Aix-Marseille et le depute RN Franck Allisio. La navette est benie chaque annee, le 2 fevrier a Marseille lors de la fete de la Chandeleur alors que toute la France s apprete a faire sauter les crepes, les Marseillais attendent avec impatience la fabrication de ces biscuits traditionnels, qui embaument tout le quartier Saint-Victor a Marseille le dimanche 2 fevrier 2025.
© Alain Robert

Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a été élu ce mercredi 2 avril président de la Conférence des évêques de France. Il succède à Mgr Éric de Moulins-Beaufort

Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a été élu président de la Conférence des évêques de France (CEF), ce mercredi à Lourdes, au premier jour de l’assemblée plénière de printemps de l’épiscopat. Il succède à Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, dont le mandat s’achèvera le 30 juin.

Âgé de 66 ans, le cardinal Aveline prendra ses fonctions le 1er juillet pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Cette élection marque l’aboutissement d’un parcours intellectuel et pastoral singulier, à l’intersection des mondes académiques et spirituels, enraciné dans le dialogue entre les cultures et les religions.

Le parcours marseillais et méditerranéen d’un homme de dialogue

Né le 26 décembre 1958 à Sidi Bel Abbès (Algérie), Jean-Marc Aveline a grandi à Marseille. Ordonné prêtre en 1984, il a consacré une large partie de son ministère à la formation et à la réflexion théologique. Il a notamment dirigé l’Institut de sciences et théologie des religions (ISTR) à Marseille, qu’il a fondé en 1992, et l’Institut catholique de la Méditerranée (ICM), en lien avec l’université catholique de Lyon.

Nommé évêque auxiliaire de Marseille en 2013, puis archevêque en 2019, il a été créé cardinal par le pape François en août 2022, devenant le premier Marseillais à accéder au cardinalat depuis le XIXe siècle.

Particulièrement engagé dans les relations interreligieuses, le cardinal Aveline a été consulteur du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (2008-2013), puis président du Conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux au sein de la CEF (2017-2022). Il siège aujourd’hui au sein de plusieurs instances romaines, dont le Dicastère pour les évêques et celui pour le dialogue interreligieux. Il est également membre du Conseil ordinaire du Secrétariat général du synode des évêques depuis 2024.

Dans son communiqué, la Conférence des évêques de France souligne que cette élection intervient dans un contexte de « profondes mutations » pour l’Église, confrontée à « des défis institutionnels, sociaux et spirituels majeurs ». Elle met en avant l’expérience du cardinal Aveline en matière de dialogue et sa proximité avec « les réalités populaires », qui pourraient, selon le texte, « marquer une nouvelle orientation pour l’épiscopat ».

La CEF précise également que l’élection des deux vice-présidents aura lieu jeudi matin. Cette équipe collégiale « dirigera la Conférence dans la continuité des orientations synodales impulsées par Rome », avec pour priorités la lutte contre les abus, une plus grande implication des laïcs et une parole renouvelée de l’Église dans les débats de société.

L.-.R.M.

6 choses à savoir sur la grande consultation publique autour des projets industriels de Fos-sur-Mer

Distriport. Bassin ouest. © GPMM

Fos, Martigues, Manosque, Arles, Beaucaire… Jusqu’au 8 juillet, un débat public d’ampleur inédite est lancé pour réfléchir collectivement à l’avenir industriel d’un territoire en pleine mutation. Neuf projets, une ligne THT, trois départements concernés et une même question : comment concilier développement économique, transition énergétique et qualité de vie ? Voici ce qu’il faut savoir.

1. Une première en France

C’est la première fois qu’un débat public ne porte pas sur un projet unique mais sur un ensemble de projets liés, réunis dans une même concertation. Neuf opérations industrielles, énergétiques ou portuaires sont concernées, sur un territoire élargi allant des Bouches-du-Rhône au Gard en passant par les Alpes-de-Haute-Provence. L’objectif : proposer une vision globale au lieu d’une succession de débats cloisonnés.

2. Une ambition : penser le territoire dans son ensemble

Cette démarche croise les enjeux industriels, énergétiques, logistiques, environnementaux et sociaux. Elle tient compte des effets cumulés et de l’impact de ces projets sur la vie quotidienne : mobilité, foncier, logement, emploi, alimentation électrique. Le débat se veut aussi transparent qu’exigeant. « Il ne s’agit pas d’une addition de projets, mais d’un projet de territoire », résume la Commission nationale du débat public (CNDP).

3. Neuf projets industriels structurants pour la région

Cette concertation publique porte sur neuf projets, déjà avancés pour la plupart. Ils relèvent de trois grandes catégories :
Industrie décarbonée :
ArcelorMittal Méditerranée : passage au four électrique pour réduire les émissions de CO₂.
Marcegaglia : projet Mistral de production d’acier décarboné à Fos.
Air Liquide – ELYFOS : électrolyseurs pour produire de l’hydrogène bas-carbone.

Énergie et hydrogène :
Engie – HyGreen : production d’hydrogène renouvelable à grande échelle.
Géométhane – GeoH2 : stockage souterrain d’hydrogène à Manosque.
NaTran : réseau de transport d’hydrogène par canalisation dans toute la région Sud.
Ligne THT : très haute tension pour sécuriser l’alimentation électrique.

Logistique et portuaire :
GPMM – Distriport : requalification des espaces logistiques à Fos.
GPMM – Fos 3XL : extension des terminaux à conteneurs du port de Marseille.

Tous ces projets traduisent une volonté de réindustrialisation décarbonée et de modernisation logistique dans un territoire stratégique.

4. La ligne THT au cœur du débat énergétique

Souvent évoquée de manière séparée, la future ligne Très Haute Tension (THT) est officiellement intégrée à la concertation. Elle est considérée comme indispensable à l’équilibre énergétique du territoire, mais son tracé, son impact environnemental et ses alternatives suscitent des interrogations. Trois réunions spécifiques sont prévues, la première à Arles le 2 juin. Des études seront publiées d’ici là.

5. Une consultation ouverte à tous

Réunions publiques, ateliers-forums, ciné-débats, webinaires, visites de site, débats mobiles… La CPDP multiplie les formats pour toucher tous les publics, au-delà des experts habituels. Des kits pédagogiques sont mis à disposition, et il est possible d’organiser son propre débat local. « Toute personne a le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement et de participer à l’élaboration des décisions », rappelle la présidente de la CPDP, Audrey Richard-Ferroudji.

« Si on veut penser compétitivité d’un territoire, il faut penser acceptabilité des projets », rappelle le préfet. Les 9 grands thèmes abordés : transition industrielle, énergie, risques, emploi, environnement, santé, mobilités, aménagement du territoire, financement.

6. Une démarche qui peut peser

Le débat s’ouvre ce mardi 2 avril à 18h à Fos-sur-Mer, au complexe Parsemain, avec une réunion publique d’ouverture accessible aussi en ligne. C’est l’occasion de découvrir les projets en débat, le calendrier de la concertation et d’interpeller les représentants de l’État, des collectivités, du Grand Port et des industriels.

Les porteurs de projets industriels seront présents tout au long du débat pour répondre aux questions. L’État s’est également engagé à assurer un suivi : le préfet Georges-François Leclerc a promis que chaque question recevrait une réponse, de la part des services concernés ou des opérateurs.

Le débat se poursuivra jusqu’au 8 juillet. La CNDP publiera ensuite un compte rendu. Dans les trois mois, les maîtres d’ouvrage – industriels comme autorités publiques – devront dire ce qu’ils retiennent des échanges, ce qu’ils modifient ou maintiennent.
Statistiquement, deux projets sur trois évoluent après une telle concertation. Il ne s’agit donc pas d’un exercice symbolique, mais d’un processus susceptible d’orienter l’avenir industriel et énergétique de tout un territoire.


Quelques dates à retenir :

  • 15 mai à Istres : atelier-forum « Quel avenir industriel pour le territoire ? »
  • 20 mai : réunion publique sur les besoins énergétiques
  • 2 juin à Arles : réunion sur la ligne THT
  • 8 juillet : réunion de synthèse

Pour s’informer, consulter les documents et participer :
> www.debatpublic.fr/avenir-industriel-fos-berre-provence

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Dans les Bouches-du-Rhône, le sport s’enseigne aussi par ses valeurs

Après une semaine de lancement à Marseille jusqu’au 4 avril, le Département poursuit sa tournée « Provence Terre de Sports » dans plusieurs communes. Une mobilisation itinérante pour faire vivre l’héritage des Jeux et transmettre les valeurs du sport à tous les âges.

C’est une flamme qui ne s’éteint pas. Après avoir accueilli la tournée « Provence Terre de Sports » dans la foulée des Jeux de Paris 2024, le Département des Bouches-du-Rhône prolonge l’élan en déployant une programmation ambitieuse pour la Semaine Olympique et Paralympique (SOP), jusqu’au 4 avril.

Tatamis, curling, boxe, simulateur de bobsleigh… Pendant quelques jours, l’Hôtel du Département s’est transformé en village olympique… L’Hôtel du Département devient le cœur battant d’un village olympique éphémère, où les valeurs de respect, de dépassement de soi et d’inclusion sont mises en avant à travers de multiples activités gratuites.

Animations sportives et rencontres inspirantes

Initiations, sports collectifs, arts martiaux, séances de dédicaces… Tous les publics sont invités à participer à ces temps forts, qui incluent aussi des démonstrations de haut niveau et des échanges avec plusieurs athlètes de renom, comme Vincent Matheron (skateboard), Margaux Rifkiss (escrime), Nathalie Benoit et Rémy Taranto (para aviron), Lily Planquart (cyclisme) ou encore Ronan Labar (badminton).

L’événement se veut fédérateur, en réunissant sur un même terrain jeunes valides et en situation de handicap, athlètes confirmés et simples curieux.

Les Maisons de Provence de la Jeunesse et des Sports (MPJS) d’Aix-en-Provence et de Marseille (La Capelette) s’engagent elles aussi dans cette dynamique, avec une programmation spécifique ce 2 avril. À Aix, les jeunes pourront s’initier à la boxe, à la zumba ou à l’athlétisme, participer à des ateliers de réalité virtuelle et rencontrer des athlètes.

À Marseille, la MPJS proposera une immersion pédagogique sur les « 4 saisons » : un parcours ludique mêlant biodiversité, écosystème local, défis sportifs et même une initiation à l’opéra de Vivaldi.

Portée par Martine Vassal, présidente du Conseil départemental, cette mobilisation s’inscrit dans un projet plus vaste d’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques, avec des équipements comme le futur gymnase de la Marina Olympique à Marseille ou le Stadium Miramas Métropole. « À travers cette dynamique, nous faisons vivre les valeurs du sport tout au long de l’année », souligne-t-elle.

Prochaine étape dans le département

La tournée « Provence Terre de Sports » reprendra ensuite son itinérance, avec plusieurs étapes programmées entre mai et septembre dans les Bouches-du-Rhône :
Saint-Étienne-du-Grès, les 13 et 14 mai,
Istres, du 21 au 23 mai,
Les Pennes-Mirabeau, du 11 au 13 septembre, et Lambesc, les 24 et 25 septembre.

L’enjeu reste le même : démocratiser la pratique, valoriser les territoires, et surtout, transmettre aux jeunes générations ce que le sport a de plus précieux – au-delà de la compétition : l’engagement.


À la rencontre des champions

Plusieurs sportifs de haut niveau sont présents cette semaine à l’Hôtel du Département pour partager leur expérience et faire des démonstrations :

  • Mardi 2 avril
    • Rémy Taranto (para aviron) – de 10h à 12h
  • Mercredi 3 avril
    • Vincent Matheron (skateboard) – de 9h30 à 12h30
    • Margaux Rifkiss (escrime) – de 9h30 à 12h30
    • Lily Planquart (cyclisme) – de 10h à 12h
    • Nathalie Benoit (para aviron) – de 11h à 12h30
  • Jeudi 4 avril
    • Noé Montagard (skate) – de 10h à 12h
    • Ronan Labar (badminton) – de 10h à 12h

Plus de 3500 coureurs attendus dimanche sur les 10 km de Marseille

3500 10 km
Photo ASPTT Marseille

Pour la 3e édition de sa renaissance, l’épreuve des 10 km de Marseille by l’ASPTT explose les compteurs. Ce dimanche, plus de 3500 concurrents prendront le départ d’une des trois courses, au pied de la Major.

C’est un signe qui ne trompe pas. Les inscriptions aux 10 kilomètres de Marseille by ASPTT sont closes depuis plus de deux semaines. Les compteurs se sont affolés pour cette 3e édition de la renaissance, après cinq années d’absence.

Jugez plutôt : en 2023, pour le redémarrage, l’épreuve avait enregistré 602 coureurs classés ; en 2024, ils étaient 1224 à franchir la ligne d’arrivée. Pour cette année, plus de 3500 personnes se sont engagées.

Soit la jauge maximale atteinte : 3000 personnes prendront ce dimanche à 9h le départ du 10 kilomètres et 500 concourront, à 10h45, sur le parcours de 5 kilomètres.

Ça court dans le secteur des 2e et 3e arrondissements !

La course à pied est décidément le vent en poupe. Surtout dans le secteur des 2e et 3e arrondissements de Marseille, où quelque 1200 coureurs ont participé mi-mars à la Full Moon Infinity.

Le succès du running tient à son accessibilité universelle. Il ne nécessite qu’une paire de basket, un peu d’entraînement tout de même, ouvre le champ des possibles en termes d’exploration d’un territoire. Sans oublier les bienfaits pour la santé, physique comme mentale.

Un parcours « roulant », propice aux performances

Et si ces 10 km de Marseille by ASPTT attirent autant, c’est parce qu’ils offrent un parcours plat, « roulant » comme on dit dans le milieu, donc rapide. Propice à la performance pour ceux qui désireraient établir un chrono de référence.

Depuis la Cathédrale de la Major, les concurrents auront deux ou trois boucles et demie, selon la distance choisie, à effectuer en passant devant le Mucem, au pied du fort Saint-Jean et sur le Vieux-Port, jusqu’au bas de la rue de la République.

Les enfants ne seront pas oubliés : trois courses leur seront réservées ce samedi après-midi, avec des distances différentes selon leur âge.

B.G.


10 km de Marseille by ASPTT Marseille
Samedi 5 et dimanche 6 avril 2025.
Renseignements.
Hormis pour les courses enfants, pas d’inscriptions possibles sur place.
Retrait des dossards uniquement samedi 5 de 14h à 18h.

Le programme
> Samedi 5 avril
Courses enfants
15h30 : 500 m (nés entre 2019-2021).
15h45 : 750 m (2016-2018).
16h : 1 km (2014-2015).

> Dimanche 6 avril
9h : 10 km licenciés FFA Compétitions et Open
10h45 : 5 km.

Water-polo – Le CNM vise l’exploit face à l’ogre Belgrade

CNM
Andrija Prailonovic. Photo B.G.

Ce mercredi (20h), le CNM dispute sa dernière rencontre de la saison à domicile en Ligue des champions. Un match de gala face à Belgrade, toujours invaincu, qui pourrait le rapprocher du Final Four.

Un petit événement a secoué la planète water-polo vendredi dernier. Le Cercle des nageurs de Marseille s’est incliné en championnat de France (11-11, 2 tirs au but à 4) dans la piscine de Strasbourg.

La première défaite marseillaise depuis onze mois ne remettra pas en cause sa place de leader, à une journée de la fin de la phase régulière (le 19 avril, contre Montpellier), avant d’aborder le tableau final en quête d’un 42e sacre national.

S’il ne fait jamais plaisir, cet impair en Alsace illustre le fait que les regards et les esprits marseillais étaient déjà pleinement tournés vers la Ligue des champions.

Actuellement engagé dans la phase de groupe des quarts de finale, le CNM est en ballottage favorable après les matchs « aller ». Le très important succès face à l’Olympiacos (12-7) le 18 mars leur permet de prendre l’ascendant – au classement et mentalement – sur les Grecs, dans la course à la deuxième place qualificative pour le Final Four. Car la première semble dévolue à Novi Belgrade, on y reviendra…

Entre Olympiacos et CNM, tout se jouera donc le 14 mai : le club phocéen se rendra au Pirée pour jouer sa place dans le dernier carré. Un rang jamais atteint par Marseille. Mais voir Malte les 30 mai et 1er juin prochains est porté au rang d’objectif prioritaire en 2025.

Photo B.G.

Toutefois, les hommes du coach Milos Scepanovic pourraient faire dès ce mercredi un très grand pas vers cet éden : il faudra pour cela réaliser l’exploit de dominer Novi Belgrade dans leur bassin Pierre-Garsau (20h).

Les Serbes, finalistes en 2022 et 2023, quatirèmes l’an passé, sont des habitués du Final Four de la Ligue des champions de water-polo. Et ils sont toujours invaincus cette saison (comme les Hongrois de Ferencvaros, champions sortants), avec neuf victoires en autant de matchs.

Prlainovic : « Déterminés à prendre ces trois points à domicile »

Pour leur ultime apparition à domicile cette saison sur la scène européenne, devant un public totalement acquis à leur cause et enflammé, Ugo Crousillat and Co. espèrent donc réaliser un authentique exploit.

Leur prestation, à l’aller, est sans doute encore dans toutes les têtes : en dehors de quelques erreurs de « concentration » (dixit le coach Scepanovic) qui leur ont coûté cher à la fin, les Marseillais avaient posé bien des soucis à Belgrade, ne s’inclinant que d’une toute petite longueur (14-15) début février en Serbie.

Le défi est grand. Mais rien n’est impossible pour Thomas Vernoux et ses coéquipiers. « Nous ne les avons jamais battus (en six affrontements, Ndlr), mais on travaille pour, s’est confié Andrija Prlainovic, l’arrière serbe. Nous sommes déterminés à prendre ces trois points à domicile, devant notre public. »

B.G.

CN Marseille – Olympiacos
Ligue des champions. 4e journée de la phase de groupe des quarts de finale.
Mercredi 2 avril 2025.
À 20h, bassin Pierre-Garsau.
La billetterie.
Pour suivre le match : ici ou sur Euroquaticstv.com.

Trenitalia met le cap sur Marseille avec des billets dès 27 euros

La compagnie italienne Trenitalia lancera le 15 juin une liaison Paris-Marseille, avec quatre allers-retours quotidiens. Les prix débutent à 27 euros, dans un contexte de libéralisation progressive du rail.

Après Paris-Lyon, c’est au tour de l’axe Paris-Marseille d’accueillir la concurrence ferroviaire. Trenitalia a annoncé mardi l’ouverture de sa nouvelle ligne entre la capitale et la cité phocéenne à partir du 15 juin prochain. Les premiers billets ont été mis en vente à des prix attractifs : 27 euros en seconde classe, 37 euros en première.

« Ce ne sont pas des tarifs low-cost, mais une politique de qualité à prix compétitifs », affirme Marco Caposciutti, président de Trenitalia France, dans Le Parisien. À l’instar de la SNCF, les tarifs seront dynamiques et varieront selon le taux de remplissage des trains.

Cette stratégie tarifaire s’appuie sur une mesure incitative : une réduction des redevances d’accès aux infrastructures accordée par SNCF Réseau pour une durée de trois ans.

La même disposition avait déjà facilité l’arrivée de Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon fin 2021. Sur cet itinéraire, la filiale du groupe public italien Ferrovie dello Stato peut proposer des prix jusqu’à 40 % inférieurs à ceux de la SNCF.

Quatre rotations quotidiennes

La ligne Paris-Marseille comptera quatre allers-retours par jour dans un premier temps. Trenitalia en profite pour étoffer également sa desserte entre Paris et Lyon, avec un sixième aller-retour quotidien, dont deux prolongés jusqu’à Milan.

Des extensions vers Nice, Gênes ou Milan via Marseille sont à l’étude, mais ne verront pas le jour avant 2026. La compagnie invoque un manque de matériel roulant pour justifier ce calendrier prudent.

L’arrivée de Trenitalia sur la dorsale Paris-Marseille confirme l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire à grande vitesse en France. Si les parts de marché restent encore limitées face à la SNCF, la pression tarifaire exercée par les nouveaux entrants pourrait s’accentuer à l’approche de la haute saison estivale.

L.-R.M.

À Marseille, Corinne Simon incarne une nouvelle organisation face à l’urgence sécuritaire

Corinne Simon, Nouvelle préfète déléguée, nouvelle méthode. © Narjasse Kerboua

Nouvelle préfète déléguée, nouvelle méthode. Corinne Simon veut restaurer l’action de l’État dans les quartiers, faire bloc face au narcotrafic, et renforcer les liens entre forces de l’ordre et services publics. Avec, en ligne de mire, la sécurité du quotidien.

« Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis. » La phrase claque, nette, dans la salle de presse de la préfecture de police. Elle ne résume pas un programme, mais une méthode. Corinne Simon a pris ses fonctions ce lundi 31 mars comme préfète déléguée auprès du préfet de police des Bouches-du-Rhône, dans un département où l’État est attendu autant qu’il est observé.

Pas de feuille de route formalisée, pas d’annonce spectaculaire, mais une volonté de méthode, fondée sur la proximité, la coordination et l’action. « J’arrive avec humilité, mais avec une grande énergie, une forte motivation et une détermination totale », affirme-t-elle.

© Narjasse Kerboua

Une fonction transformée, une autorité maintenue

Sa nomination s’inscrit dans un contexte institutionnel particulier. La fonction de préfet de police de plein exercice disparaît dans le département, au profit d’un fonctionnement resserré : Corinne Simon est désormais placée sous l’autorité directe du préfet de département, Georges-François Leclerc, également préfet de région.

Elle conserve toutefois l’autorité fonctionnelle sur les forces de l’ordre, et assure que les missions ne changent pas. Ce qui évolue, c’est le mode de gouvernance : « La stratégie est désormais définie en lien direct avec le préfet. On travaille ensemble, on avance ensemble. »

Cette nouvelle organisation vise à fluidifier l’action de l’État, en favorisant les synergies entre les préfets délégués, notamment sur les sujets transversaux comme l’habitat insalubre ou les violences intrafamiliales. « On ne peut plus travailler en silos. Les services doivent se parler. »

Des priorités sans surprise mais assumées

Au cœur de ses premières déclarations : la lutte contre le narcotrafic, qualifiée de priorité absolue. « Ce fléau gangrène certains quartiers. Il empêche même les entreprises d’intervenir. Il faut rétablir la capacité d’agir de l’État. » Elle évoque un immeuble dont l’accès est bloqué par un point de deal, exemple parmi d’autres des difficultés quotidiennes signalées par les habitants.

À cette priorité s’ajoutent la lutte contre la criminalité organisée, la sécurité du quotidien, et les violences intrafamiliales. Des thématiques déjà identifiées, mais que Corinne Simon entend aborder avec une volonté d’action plus directe. « La sécurité ne se comprend pas, elle se bâtit. Elle s’organise et s’incarne dans le terrain. »

Elle le répète, elle ne compte pas rester derrière un bureau. Lundi soir, quelques heures après son installation, elle devait déjà accompagner les patrouilles de nuit, pour « voir, écouter, comprendre. » Tout en affichant un soutien clair aux forces de l’ordre, à qui elle adresse un message sans détour : « Vous êtes le premier rempart de l’ordre républicain. Vous aurez mon soutien. »

Un parcours singulier, une trajectoire engagée

Née dans l’Éducation nationale, Corinne Simon a été professeure, conseillère pédagogique, inspectrice. Elle entre dans le corps préfectoral en 2013, devient sous-préfète à Ambert, directrice de cabinet à Châlons-en-Champagne, secrétaire générale à Bar-le-Duc, puis passe par le Nord et le Val-de-Marne.

En parallèle, elle a représenté la France aux Jeux paralympiques de Londres en 2012, en aviron. Une expérience qu’elle ne met pas en avant, mais qu’elle évoque comme une école d’exigence, de rigueur et d’endurance. « Travailler en équipe, tenir sur la durée, ne rien lâcher. »

Si le discours reste mesuré, le contexte, lui, ne l’est pas. Les Bouches-du-Rhône concentrent des tensions fortes, avec des chiffres de violences qui maintiennent Marseille dans les classements les plus préoccupants. Pour l’État, cette nouvelle organisation administrative doit permettre une réponse plus rapide, plus lisible.

Narjasse Kerboua

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À Marseille, Thani Mohamed Soilihi plaide pour un financement climatique plus juste

hani Mohamed Soilihi, ministre délégué à la Francophonie. © N.K.

Présent à Marseille pour le sommet Climate Chance, Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué à la Francophonie a défendu une réforme du financement climatique mondial. Taxation des pollueurs, rôle des diasporas, coopération avec les collectivitéS… il détaille pour Le Méridional les leviers à activer pour rendre la transition plus juste et revient sur la tenue du sommet « Ancrages » prévu à Marseille le 16 avril.

« Marseille, ville millénaire, pont entre les continents et les cultures… et ville de football bien évidemment. Vive l’OM ! » Thani Mohamed Soilihi a donné le ton. Invité à s’exprimer lors de la cérémonie d’ouverture du sommet Climate Chance, le ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux a livré un discours, mêlant attachement personnel à la cité phocéenne – « une ville où je me sens toujours le bienvenu » – et appel à une réponse globale face à l’urgence climatique. Originaire de Mayotte, récemment frappée par le cyclone Gamane, il a rappelé les conséquences concrètes du dérèglement climatique en Afrique et dans les territoires ultramarins.

Dans son allocution, il a souligné le rôle des collectivités dans les coopérations internationales (avec Dakar, les Comores ou encore le Maroc), a appelé à la ratification du traité de protection de la haute mer, et a salué l’action de l’AFD dans les pays les plus exposés.

Ce déplacement marseillais avait aussi valeur de soutien politique à l’agence, régulièrement ciblée par les attaques de l’extrême droite. En marge de l’événement, Thani Mohamed Soilihi a accordé au Méridional un entretien sur les limites de l’action publique, les pistes pour réformer le financement de la transition, et la tenue à Marseille, en avril, du forum « Ancrages », dédié aux échanges entre la société civile et les diasporas africaines.

Les discours sur le climat s’enchaînent depuis des décennies. À quoi bon encore un sommet ?

Il faut en finir avec cette idée selon laquelle les discours seraient inutiles. Ce n’est pas comme si tout le monde était convaincu, loin de là. On assiste même à des reculs, y compris dans des pays majeurs comme les États-Unis. Continuer à parler du climat, c’est encore nécessaire. Mais il faut le faire autrement : de manière plus pragmatique, avec des ONG, des élus, des experts, des citoyens. Et surtout, en associant pleinement les pays africains. Il ne s’agit pas d’imposer les choses.

Quelles pistes concrètes explorez-vous actuellement ?

Il faut aider ceux qui ont moins de marge de manœuvre à agir. C’est tout l’enjeu du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète, porté par le président de la République. L’objectif est de proposer, d’ici au sommet de Séville en juin 2025, des solutions pour changer l’architecture financière du financement de l’aide au développement en général, mais des partenariats du climat en particulier. On travaille par exemple sur la taxation des plus gros pollueurs mondiaux – ce mécanisme n’existe pas encore à l’échelle planétaire – et sur la mobilisation de l’épargne des diasporas. Ce sont des sujets abordés lors de récentes réunions internationales, notamment en Afrique du Sud.

Cela suppose de mobiliser de nouveaux moyens financiers. Peut-on espérer un amorçage concret ?

Oui, et on l’a vu très récemment avec le sommet mondial sur la nutrition qui s’est tenu à Paris. Il a permis d’engager 28 milliards de dollars pour lutter contre la malnutrition, battant le précédent record de Tokyo… sans la participation des États-Unis. Ce type de sommet peut produire du concret, c’est ce que nous visons aussi sur le climat. Il faut des engagements, mais aussi de nouveaux leviers : taxes internationales, partenariats publics-privés, financements innovants.

Mais une taxe mondiale sur les grands groupes pollueurs est-elle réellement applicable ?

C’est comme ça que je conçois la politique : ça ne sert à rien de parler de choses que nous ne sommes pas en mesure de réaliser. Et si j’en parle, c’est parce que j’y crois. C’est peut-être la déformation professionnelle de l’avocat, mais je pense qu’il faudra le faire. Et si ça ne fonctionne pas du premier coup, il faudra recommencer, avec d’autres arguments, d’autres moyens.

Mais la France elle-même a réduit temporairement son aide au développement. Est-ce tenable ?

Je comprends que cela suscite des critiques, mais il faut remettre les choses dans leur contexte. Depuis 2017, nous avons doublé notre aide publique au développement. Certes, avec la situation budgétaire actuelle, tous les ministères ont été mis à contribution – y compris le nôtre. L’épisode de la note US7 (circulaire budgétaire de Bercy demandant à chaque ministère de proposer des économies pour 2024, dans un contexte de tension sur les finances publiques, ndlr) a conduit à des réajustements, mais cela ne remet pas en cause notre engagement. Nous devons faire plus avec moins, temporairement.

Concrètement, à combien s’élève aujourd’hui l’aide publique au développement ?

Le total est d’environ 13 milliards d’euros. La moitié passe par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, notamment via l’Agence française de développement (AFD). Et il faut souligner que 85% de l’activité de l’AFD repose sur des prêts levés sur les marchés, et non sur de l’argent public pris dans la poche des Français, contrairement à ce que certains insinuent. Les dons, eux, représentent environ 15 % de l’ensemble. Et ces dons ne sont pas distribués au hasard : la France assume de consacrer cette part à des projets qui favorisent l’égalité entre les femmes et les hommes, l’éducation des filles ou encore le soutien aux pays les plus en difficulté.

Et ces financements bénéficient aussi aux entreprises françaises ?

Environ 75% des projets portés par l’AFD bénéficient directement ou indirectement à des entreprises françaises. J’étais récemment au Cameroun, sur un chantier de barrage cofinancé par l’AFD et mis en œuvre par EDF. Ce projet va permettre d’alimenter 30% du pays en électricité et de créer 23 000 emplois. C’est du gagnant-gagnant. L’aide au développement, ce n’est pas de l’argent jeté par les fenêtres. C’est un investissement dans notre avenir commun.

La France reste-t-elle crédible dans sa trajectoire climatique ?

Oui, et je pense qu’on ne le dit pas assez. La France a réduit ses émissions de gaz à effet de serre deux années de suite, au-delà des prévisions. Est-ce suffisant ? Non. Peut-on faire mieux ? Bien sûr. Mais on ne part pas de zéro. Et la convocation d’une conférence écologique nationale, même si cela peut sembler redondant, reste nécessaire pour rassembler tous les acteurs autour de la table.

Parlez-nous de la tenue du forum “Ancrages” à Marseille au mois d’avril. De quoi s’agit-il ?

C’est une rencontre prévue le 16 avril à Marseille, entre les diasporas africaines, des représentants de la société civile et les institutions. La précédente édition avait eu lieu à Lille. Marseille est un territoire symbolique, un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, une ville laboratoire d’initiatives qui peuvent essaimer ailleurs. L’objectif est de retisser du lien, de créer un espace d’échange sur les enjeux d’engagement, d’entrepreneuriat, de coopération. C’est aussi une manière de montrer que les solutions viennent parfois du terrain.

Propos recueillis par Narjasse Kerboua