Mauricio Reggiardo, l’as de trèfle du rugby

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Nouvellement entraîneur de Provence Rugby, il a pour lui quelque chose de spécial qui ne laisse pas indifférent. L’entraîneur argentin, du haut de son 1 m 90, apporte confiance et esprit de la gagne à ses joueurs. Spécialiste du maintien, on peut le considérer comme le sauveur de Provence Rugby, même s’il nous confie qu’il n’aime pas qu’on le présente comme tel. Pour lui, il a juste “amené le petit plus qui manquait dans un club déjà très bien structuré”. Le Méridional revient avec lui sur sa carrière.

Arrivé en France au Castres Olympique (CO) en 1996 à l’âge de 26 ans il va connaître une rapide adaptation. “Pour moi, c’est important de rapidement se faire à la culture locale. J’ai fait l’effort de m’adapter partout où je suis allé”. Après avoir fait les beaux jours du CO en 1996 et 2005, il ira terminer sa carrière de joueur professionnel à Mazamet, dont il devient l’entraîneur entre 2005 et 2007. C’est là son premier contact avec le monde des entraîneurs. “J’en garde un très bon souvenir, j’étais avec Ugo Mola [aujourd’hui entraîneur du Stade Toulousain] qui débutait également.”

Après cette première expérience, il effectuera une saison comme entraîneur des avants du Castres Olympique. Sous son impulsion, le CO finira 5ème du Top 14 à l’issue de la saison 2007-2008. Il n’en faudra pas plus pour que la sélection argentine vienne le chercher pour entraîner ses avants. Mauricio Reggiardo va s’y épanouir de 2008 à 2013. “Une immense fierté. J’ai eu la chance de pouvoir connaître la sélection en tant que joueur puis entraîneur, ce qui n’est pas donné à tout le monde”. Par la suite, il va être élu à la Fédération argentine de rugby où il va s’occuper du développement et de la formation des entraîneurs.

Mauricio Reggiardo alors entraîneur de Castres © DR

Ce n’est qu’en 2015 qu’il va reprendre sa casquette d’entraîneur. Il reçoit alors un coup de fil venant de Castres. Le CO, deux ans après son titre de Champion de France, se trouve en grande difficulté. “Quand mon club de cœur m’a appelé pour lui donner un coup de main, je n’ai pas hésité à prendre un congé sans solde de 6 mois pour les aider”. Le club, sous son impulsion, va tout de suite se redresser. Mauricio Reggiardo remotive un groupe qui n’était plus du tout concentré, et sauve le CO d’une descente presque certaine. Après une saison ratée à Albi où il a “beaucoup appris humainement même si cela ne s’est pas passé comme prévu”, il va prendre les rênes de SU Agen alors pensionnaire de Prod2. Dès la première année, il les fait monter en Top 14. Puis, avec la manière, il va obtenir deux maintiens consécutifs avec le plus petit budget de l’élite du rugby français. Même sans moyens, Mauricio tire le meilleur de son groupe. Toujours très humble, il minimise là encore son impact : “le club était très bien structuré avec une excellente formation. Nous avons pu nous appuyer sur les jeunes joueurs pour obtenir ses maintiens. J’étais là au bon moment.”

Aujourd’hui, à Provence Rugby, il a réitéré l’exploit de sauver le club d’une descente : en insufflant, comme à son habitude, son esprit de la gagne à son groupe. Maintenant la saison finie, il se concentre déjà sur la saison prochaine : “Nous allons procéder à un recrutement ambitieux. L’idée est de construire une équipe qui sera capable, d’ici à quelques années, de monter en Top 14 et de se maintenir.”

En Provence, le sport prend plus que jamais des parfums d’Amérique du Sud. Jorge Sampaoli à l’OM, Mauricio Reggiardo à Provence Rugby : les deux sports collectifs les plus pratiqués en France ont en Provence des entraîneurs argentins. Une chose est certaine, on ne risque pas de s’ennuyer avec eux. La saison prochaine s’annonce palpitante.  

Mayeul LABORDE