[Vox Méridional]Vœux, pour une année décisive

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Une nouvelle année s’ouvre. Elle ne demande ni incantations molles ni formules tièdes. Elle exige du courage, de la clarté et un goût intact pour la liberté.


À l’équipe du Méridional, d’abord, je veux adresser mes vœux les plus francs. Merci de faire vivre ce lieu rare où l’on peut encore écrire sans demander la permission, penser sans réciter, débattre sans s’excuser. Merci de permettre à des voix libres de proposer leurs contributions, sans autre filtre que l’exigence des faits et la sincérité des convictions. Dans un paysage médiatique trop souvent aligné, aseptisé ou tremblant, Le Méridional fait figure de vigie.


À vous, lecteurs, ensuite, qui par vos messages, vos encouragements, parfois vos désaccords, donnez sens à l’exercice : merci. Un journal n’existe que parce qu’il rencontre un peuple de lecteurs. Vous êtes la preuve que la liberté d’expression n’est pas un luxe du passé, mais une nécessité du présent.


Nous entrons dans une année incertaine, où tout semble possible, le meilleur comme le pire. Incertaine, non parce que le destin serait flou, mais parce que les choix à faire sont lourds. Dans ce monde bousculé, traversé par les crises, les peurs et les renoncements, disposer d’un espace libre de tout dogme et de tout prêt-à-penser est une chance politique au sens noble du terme. Ici, on ne confond pas liberté et confort intellectuel. Ici, on ne sacralise ni les modes ni les injonctions.


Mon vœu, pour 2025, est simple et exigeant : que chacun prenne goût à la liberté. Pas la liberté abstraite des slogans, mais la liberté concrète, charnelle, celle qui oblige à choisir, à assumer, à résister. À l’heure où notre région s’apprête à vivre de nouvelles échéances électorales, ce goût de la liberté sera décisif. Il faudra choisir entre la résignation et le sursaut, entre l’administration du déclin et la reconquête. La démocratie ne vit pas de consignes, elle vit de consciences éveillées.


Parmi les faits marquants de l’année écoulée, il en est un que je ne peux taire : l’assassinat de Mehdi Kessaci. Ce drame n’est pas un fait divers de plus. Il est un signal. Le signal que l’avenir ne se regardera pas seul, mais ensemble. Le signal qu’il faut désormais affronter, avec lucidité et détermination, le monstre du narcotrafic qui gangrène Marseille et au-delà. Il ne s’agit plus de commenter, mais de libérer. Libérer la ville de la peur, libérer les quartiers de l’emprise criminelle, libérer les consciences de la fatalité.


Alors faisons-en le vœu, ensemble. Que 2026 soit l’année où Marseille cesse d’être un symbole d’impuissance pour redevenir une promesse tenue. Que la rage de vivre libre l’emporte sur la loi des trafics. Que la République cesse d’être un mot et redevienne une réalité.
Comme disait le Général, la France n’est elle-même qu’au premier rang. Marseille aussi. À condition de le vouloir.

Bonne année au Méridional.
Bonne année à ses lecteurs.
Et surtout, bonne année à la liberté.


Philippe Arcamone