Face à la disparition de Kaporal, les acteurs économiques locaux interpellent le Sénat

La CCI Aix Marseille Provence et plusieurs organisations patronales appellent à une réaction rapide du Sénat, après la liquidation judiciaire de Kaporal. Ils réclament l’adoption sans délai du projet de loi anti-fast fashion, voté en mars par l’Assemblée nationale.

La disparition de Kaporal ne doit pas rester sans suite. C’est le message clair adressé par les acteurs économiques du territoire d’Aix-Marseille et de la Région Sud.

Quelques jours après l’annonce de la liquidation de la marque marseillaise de prêt-à-porter Kaporal, la Chambre de commerce et d’industrie (CCIAMP), la Chambre des métiers (CMAR), la CPME13, l’UPE13, la Cress Paca et plusieurs fédérations du commerce ont publié un communiqué commun. Objectif : transformer cette défaillance en levier de mobilisation politique.

Au cœur de leur appel, un texte voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en mars dernier. Le projet de loi anti-fast fashion. Porté notamment par le député Horizons Antoine Vermorel-Marques, il prévoit d’encadrer les pratiques de la mode jetable, via des dispositifs fiscaux, des restrictions publicitaires et une signalétique environnementale.

Mais pour entrer en vigueur, la loi doit encore être adoptée par le Sénat. « Ce texte est une première étape indispensable pour réorienter la consommation vers des modèles plus durables », rappelle la déclaration signée notamment à l’initiative du syndicat Mode in Sud.

De la réindustrialisation à la réalité du terrain

Dans un contexte où le gouvernement multiplie les annonces en faveur de la réindustrialisation, la liquidation de Kaporal fait figure de contre-exemple marquant.

L’entreprise, reprise en 2023 par d’anciens cadres, n’a pas résisté à la pression financière ni aux mutations du secteur textile. Les signataires soulignent le paradoxe. Alors que l’exécutif cherche à reconstruire une base productive française, des savoir-faire enracinés dans les territoires continuent de disparaître faute de protection adaptée.

La mobilisation dépasse le seul secteur de l’habillement. Parmi les signataires, des organisations issues du commerce, de l’artisanat, de l’économie sociale et solidaire, ou encore de l’hôtellerie-restauration. Tous s’accordent sur un point : il est urgent de redonner des marges de manœuvre aux entreprises françaises face à une concurrence mondialisée, et souvent déloyale.

Le message est lancé. Reste à voir si le Sénat s’en saisira.

N.K.


Ils signent l’appel au Sénat : CCI Aix Marseille Provence ; Chambre de Métiers et de l’Artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur (CMAR PACA) ; CRESS Provence-Alpes-Côte d’Azur ; CPME 13 ; UPE 13 ; U2P Bouches-du-Rhône ; UMIH ; Fédération Nationale de l’Habillement ; Fédération des associations de commerçants du centre-ville de Marseille ; Mode in Sud, le syndicat des entreprises de mode en région Sud ; Association Commerces Positifs.