La commission des lois de l’Assemblée nationale a approuvé, ce mercredi 2 avril, la proposition de loi modifiant le mode d’élection des conseillers municipaux à Paris, Lyon et Marseille (PLM). Le texte, soutenu par l’exécutif, prévoit l’instauration d’une circonscription unique dès 2026.
La réforme de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille) a franchi une première étape parlementaire. Portée par le député Renaissance Sylvain Maillard, la proposition de loi vise à modifier en profondeur le mode de scrutin municipal dans les trois plus grandes villes de France.
Aujourd’hui, les électeurs votent par arrondissement ou secteur, et les têtes de liste accèdent à la fois au conseil d’arrondissement et au conseil municipal. Un système souvent jugé peu lisible et source de distorsions démocratiques, dans la mesure où un maire peut être élu avec une minorité de voix à l’échelle de la ville.
La réforme validée par les députés prévoit désormais deux scrutins distincts : le premier pour les conseils d’arrondissement ou de secteur, le second pour les conseils municipaux, sur une circonscription unique. Cette nouvelle architecture électorale s’appliquerait dès les élections municipales de 2026.
Une réforme qui divise
Le texte divise les groupes politiques. Il bénéficie du soutien du gouvernement, de La France insoumise et du Rassemblement national, tandis que Les Républicains et une majorité de députés socialistes y sont défavorables.
À Marseille, la réforme fait également l’objet de vives oppositions. À droite, les élus locaux, dont Renaud Muselier (Renaissance) et Martine Vassal (DVD), dénonçaient en février dernier un texte « impraticable » et « hors-sol », proposé sans concertation avec les territoires.
Dans une tribune, ils ont pointé un « bouleversement brutal » du calendrier électoral, à un an du scrutin, soupçonnant un projet dicté par des considérations parisiennes.
Le collectif Une Génération pour Marseille a également réagi, dénonçant dans un message publié sur X « un scrutin plus complexe », « une réforme inutile » et « un principe démocratique bafoué », en référence à la prime majoritaire et à l’absence d’élection directe du maire.
Le vrai visage de votre loi :
— Romain Simmarano 🎗️ (@RomainSimmarano) April 2, 2025
– Un scrutin + complexe : d’une seule urne à 2 urnes, et même 3 à Lyon ! ❌
– Une réforme inutile : avec ce texte, aucun électeur n’élira directement le maire ❌
– Un principe bafoué : « un citoyen, une voix » balayé par la prime majoritaire ❌ https://t.co/nhPg4mPLYM
À gauche, le collectif Mad Mars, affilié à la majorité municipale, défend au contraire la réforme, qu’il considère comme une avancée démocratique. Le mouvement réclame la fin d’un système électoral jugé inégalitaire, accusé d’avoir renforcé les fractures territoriales au sein de la ville. Une pétition a été lancée pour soutenir l’instauration d’une circonscription unique, au nom du principe « un Marseillais, une voix ».
L’examen dans l’hémicycle est prévu en début de semaine prochaine. Le texte devra ensuite être étudié par le Sénat.
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