Le Comex 40, laboratoire de l’entreprise de demain, change de main

Marie Tors © Narjasse Kerboua

Le Comex 40 Bouches-du-Rhône change de capitaine mais garde le cap. Après deux ans à la co-présidence aux côtés de Fabien Gilot, Marie Tors passe le témoin à Fabrice Blisson. Un passage de relais dans la continuité pour ce laboratoire d’idées, qui veut structurer davantage son action et peser dans les réflexions du Medef national.

Fondé en 2022 sous l’impulsion du Medef, le Comex 40 des Bouche-du-Rhône s’est donné pour mission de bousculer les codes et d’ouvrir le dialogue sur les transformations du monde de l’entreprise. « L’idée, c’était de créer un espace où les jeunes dirigeants peuvent s’engager, confronter leurs idées, sans forcément s’inscrire dans les schémas traditionnels du patronat », rappelle Marie Tors.

Dès ses débuts, le Comex 40 a embrassé des sujets de fond : transition écologique, nouvelles formes de management, sport et performance en entreprise, intelligence artificielle… Mais plutôt que de se limiter à la réflexion théorique, le collectif a misé sur l’événementiel pour structurer ses actions. « L’organisation de rencontres, c’était la clé pour fédérer, pour passer du constat à l’action », souligne la patronne de la société Graffiti, spécialisée dans la réalité augmentée.

L’IA, un enjeu central pour l’avenir du travail

Parmi les sujets phares portés par le Comex, l’intelligence artificielle et son impact sur le monde du travail ont occupé une place centrale. Mais loin d’une vision purement technologique, le collectif a défendu une approche axée sur l’humain. « L’IA générative est un outil puissant, mais ce qui nous différencie fondamentalement, c’est notre intelligence émotionnelle. L’empathie, la créativité, le sens du collectif, ça ne s’automatise pas », insiste-t-elle.

L’un des derniers temps forts de cette dynamique s’est déroulé en septembre, lors du forum organisé par l’UPE13 sur l’intelligence artificielle. Un rendez-vous où le Comex 40 a activement contribué aux échanges sur la place de l’IA dans le monde du travail, et surtout sur la manière dont l’humain doit rester au centre des transformations à venir.

Cette réflexion sur l’interaction entre innovation et humanité restera au cœur des prochains travaux du Comex 40, qui continue d’explorer les mutations du monde économique sous un prisme neuf. « L’IA va transformer nos façons de travailler, mais c’est notre capacité à nous adapter et à interagir qui fera la différence », résume-t-elle.

Avec l’arrivée de Fabrice Blisson à la tête du Comex, l’objectif reste inchangé : fédérer, rassembler et accompagner les jeunes entrepreneurs face aux grands défis à venir. « Mon objectif, c’est de donner plus de structure et d’impact à notre action locale tout en nourrissant la réflexion au niveau national », affirme le nouveau président.

Il souhaite concentrer les efforts du collectif autour de trois axes majeurs. « Trop d’entrepreneurs se lancent sans avoir toutes les clés en main », constate Fabrice Blisson. Il propose donc la création d’un « permis » ou d’un « passeport » d’entreprendre, un parcours visant à familiariser les créateurs d’entreprises avec les réalités administratives, financières et judiciaires qu’ils vont rencontrer. Trop de start-up échouent faute d’accompagnement adéquat, et ce dispositif permettrait de mieux outiller les entrepreneurs dès leurs débuts.

Fabrice Blisson.

Un focus sur la santé et la performance des entrepreneurs

La transition écologique constitue également une priorité. « On nous parle beaucoup de 2050, mais concrètement, comment les entreprises vont-elles s’y préparer ? », s’interroge-t-il. Il souhaite ancrer cette réflexion dans un cadre existant, en s’appuyant sur le dispositif Make the Choice, créé par l’UPE 13 en 2018 pour favoriser l’entrepreneuriat des jeunes porteurs de projets.

Il souhaite s’appuyer sur cet événement pour encourager 50 start-up engagées dans la décarbonation d’ici 2050, en leur offrant des opportunités d’accompagnement et de structuration pour qu’elles puissent jouer un rôle concret dans cette transition.

Enfin, le nouveau capitaine veut rapprocher le monde du sport de celui de l’entreprise. Il souhaite structurer une approche autour du sport et de la santé des entrepreneurs, en mettant en avant l’importance de la préparation physique et mentale dans la gestion d’une entreprise.

Son objectif est d’explorer comment les bonnes pratiques issues du monde sportif peuvent être adaptées aux défis quotidiens des chefs d’entreprise, en termes d’endurance, de résilience et de prise de décision sous pression. Hydratation, sommeil, nutrition, gestion du stress… autant d’aspects clés dans la performance des sportifs qui peuvent aussi bénéficier aux entrepreneurs confrontés à des défis de croissance et de gestion.

Par ailleurs, le Comex 40 s’inscrira aussi dans une dynamique nationale avec des initiatives portées par le Medef, comme le Trophée des Leaders, qui met en avant des entrepreneurs innovants dans différentes thématiques. Fabrice Blisson ambitionne d’en faire un levier de visibilité pour les talents du territoire.

Son objectif ? Faire du Comex 40 un véritable moteur d’innovation entrepreneuriale, en apportant des solutions concrètes aux défis des jeunes dirigeants et en influençant les grandes stratégies du Medef pour les années à venir.

N.K.