Dans une atmosphère pesante, entre fin de mercato agitée, mauvais résultats et tension palpable, l’Olympique de Marseille s’apprête à disputer ce qui est devenu le rendez-vous majeur de sa saison. Ce mardi 3 février 2026, à 21h10, l’OM reçoit le Stade Rennais en huitièmes de finale de la Coupe de France. Un match couperet, dans une enceinte qui promet autant d’attente que d’exigence.
Pour les Olympiens, cette affiche n’a rien d’anodin. La Coupe peut offrir une respiration bienvenue, ou accentuer un malaise palpable. Roberto De Zerbi ne s’y trompe pas : « Ce n’est pas un match comme les autres », a-t-il martelé à la veille de la rencontre. À Marseille, l’ambiance n’est pas celle des beaux jours.
Le souvenir brûlant d’août et un contexte électrique
Le dernier affrontement entre les deux équipes reste encore dans toutes les têtes. Le 15 août dernier, lors de la 1re journée de Ligue 1, Rennes s’était imposé 1-0. Une défaite inaugurale suivie d’un épisode extra-sportif retentissant, avec l’altercation entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe dans le vestiaire. Un symbole, déjà , d’un OM friable.
Depuis, les trajectoires ont évolué, mais la fragilité demeure. Les faux pas s’additionnent, les fins de match coûtent cher, et le lien avec le public s’est distendu. À tel point que le club a organisé une réunion entre staff, joueurs et supporters. Une démarche assumée par De Zerbi, lucide sur la situation.
De Zerbi face au miroir marseillais
L’entraîneur italien ne fuit rien. Ni la pression, ni les critiques, ni ses responsabilités. « Quand tu es en tort, tu dois t’excuser et donner le maximum », a-t-il reconnu, conscient que le Vélodrome ne triche jamais.

« Le Vélodrome est comme un miroir. Ce que tu donnes sur le terrain te revient. Demain, il faudra être prêt aussi à recevoir des sifflets, à être hué, parce que c’est le football. »
Pour Roberto De Zerbi, la période actuelle doit servir de révélateur. L’entraîneur italien le sait, la valeur de l’équipe ne se juge pas quand tout va bien, mais lorsque les temps sont durs. C’est précisément dans l’adversité, insiste-t-il, que se mesure la solidité d’un groupe.

« Tenir le coup quand les choses vont bien, c’est facile. Il faut être fort quand les choses ne vont pas dans le bon sens. C’est dans ce genre de moment que l’Homme ressort, que les valeurs ressortent, le professionnalisme et le sérieux, ce que mes parents m’ont enseigné. »
Dans un discours sans faux-semblants, De Zerbi a rappelé que la construction d’une équipe compétitive demande du temps, surtout dans un environnement aussi exigeant que Marseille.Â

« Pour construire une équipe forte (3x), un an ou deux ans ne suffisent pas. On peut éviter certaines défaites, certains scénarios, mais pour arriver là où les gens de Marseille veulent arriver et être compétitif, il faut plus de temps. »
Mais hors de question de se réfugier derrière les circonstances. Le coach a parlé de « guerre », d’engagement total, et assume l’idée que ce huitième de finale fait partie de ces matchs charnières qui jalonnent une saison.
Un milieu en chantier, un projet en mouvement
La conférence de presse a également été marquée par les explications autour du mercato hivernal. De Zerbi a détaillé une réorganisation assumée du milieu de terrain, mêlant contraintes économiques et choix sportifs. Les départs ont aussi une logique de bilan, tandis que les arrivées s’inscrivent dans une volonté de renforcer le patrimoine du club.
Abdelli, Nnadi, Timber: des joueurs achetés, appelés à compter, et surtout à appartenir au projet. « Quand les joueurs sont forts, le temps parait moins nécessaire », glisse l’Italien, tout en rappelant que personne n’a sa place garantie à Marseille.
Nwaneri, la fougue de la jeunesse
Arrivé il y a peu, Ethan Nwaneri a effectué sa présentation officielle. Le jeune milieu prêté par Arsenal s’est rapidement intégré, affichant un discours positif malgré les résultats.Â

« Je pense que ça a été une première semaine très positive. Nous n’avons pas obtenu les résultats que nous aurions voulus, mais je pense qu’on va dans la bonne direction. Je trouve qu’on a quand même une bonne ambiance et qu’on est prêts vraiment à pousser. J’ai ressenti beaucoup de positif. »
Positionné davantage dans le cœur du jeu que sur le côté, il évoque la liberté accordée par son entraîneur et une adaptation progressive sur le plan physique.

« Il m’a donné des indications tactiques pour m’aider à me trouver au bon poste, au bon moment pour prendre le ballon. Il me disait d’être libre, d’être réactif quand je faisais des erreurs. Il m’a donné beaucoup de liberté. »
Sachant que l’OM n’a pas gagné cette coupe depuis 1989, et qu’une défaite priverait une nouvelle fois l’OM d’une chance de trophée, Ethan Nwaneri voit dans la Coupe de France une opportunité plus qu’une pression.Â

« Je veux pouvoir aider à écrire l’histoire de ce club. Donc je pense que c’est plus une motivation qu’une pression. »
Dans un groupe touché mentalement par certaines désillusions, son enthousiasme tranche, tout comme son attachement déjà visible au soutien du Vélodrome.
L’État du groupe
Côté effectif, De Zerbi devra composer avec quelques doutes. Aguerd (adducteurs) et Paixao, éreinté par son dernier match, restent incertains. Emerson, en revanche, effectue progressivement son retour et pourrait être disponible. Pour le reste, l’entraîneur se veut rassurant, en attendant les dernières validations médicales.
Le tournant de la saison
Face à un Stade Rennais lourdement battu à Monaco (4-0) mais toujours difficile à manœuvrer, l’OM n’a plus la marge de l’erreur. Ce mardi soir, c’est bien plus qu’un huitième de finale qui se joue : c’est l’équilibre de toute une saison. Au-delà d’une qualification, c’est une réponse collective, immédiate et assumée, que Marseille est sommé d’apporter.
Dans un Vélodrome prêt à gronder autant qu’à pousser, l’Olympique de Marseille doit vaincre. En Coupe de France, il n’y a pas de calcul possible : un lendemain, ou le vide. Une seule vérité comptera, celle du terrain. Coup d’envoi à 21h10, en direct sur beIN Sports et France TV.
©Photo : Alain Robert / Le Méridional
| Compétition |  Coupe de France – 1/8 de finale |
| Affiche | Â Marseille – Rennes |
| Date |  Mardi 3 février 2026 |
| Coup d’envoi |  21h10 |
| Stade |  Stade Vélodrome (Marseille) |
| Arbitre |  Thomas Léonard (France) |
| Diffusion TV | Â France TV, beIN Sport |