L’Olympique de Marseille a vécu une soirée cauchemardesque au Jan Breydel Stadion. Corrigés par le Club Bruges (3–0) lors de la 8ᵉ et dernière journée de Ligue des champions, les Olympiens ont vu leurs espoirs de play-offs s’éteindre dans des conditions aussi brutales qu’irréelles. Battu sur le terrain, puis éliminé à la différence de buts à la toute dernière seconde d’un autre match, l’OM quitte l’Europe la tête basse, au terme d’une campagne trop irrégulière.
Composition de l’Olympique de Marseille (3-4-3) :
Rulli – Medina, Aguerd, Balerdi (c) – Murillo (Aubameyang, 53’), Kondogbia (O’Riley, 86’), Traoré (Paixão, 46’), Greenwood – Weah, Gouiri (Nadir, 86’)
Entraîneur : Roberto De Zerbi
Une entame hallucinante, une première période indigne
L’Olympique de Marseille savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur. Pourtant, les olympiens ont donné l’impression inverse dès les premières secondes. Passifs, désorganisés, dépassés dans l’intensité, dominés tactiquement, les Marseillais ont livré dix premières minutes tout bonnement scandaleuses. Bruges n’a eu besoin que de ce laps de temps pour quasiment plier la rencontre.
Dès la 4ᵉ minute, Mamadou Diakhon profitait d’un marquage inexistant pour ouvrir le score, avant que Romeo Vermant ne double la mise à la 11ᵉ minute, au terme d’une action limpide initiée par un Aleksandar Stankovic déjà omniprésent. Marseille a reculé, subi, sans pressing ni réaction collective, et Marseille a offert aux Belges un confort total.
Cette première période, conclue sur un score de 2–0, restera comme l’une des plus faibles de la saison. Incapable de se créer la moindre situation nette, l’OM a affiché une possession stérile et une totale perte de repères. Sans la moindre connexion, les joueurs semblaient perdus sur le terrain, et cette nouvelle composition inédite de Roberto De Zerbi a rendu l’absence d’automatismes encore plus flagrante. Une prestation indigne du niveau requis en Ligue des champions.
Un sursaut insuffisant, Mignolet infranchissable
Au retour des vestiaires, Marseille a tenté de réagir. L’entrée d’Igor Paixão a apporté plus de percussion, Greenwood et Kondogbia ont tenté de sonner la révolte, mais l’OM s’est heurté à un Simon Mignolet en état de grâce. Le gardien brugeois a repoussé toutes les tentatives marseillaises, symbolisant l’impuissance offensive phocéenne.
Pire encore, alors que Marseille poussait timidement, Bruges a puni une dernière fois les largesses défensives olympiennes. À la 79ᵉ minute, Stankovic, grand artisan de la soirée, a conclu une contre-attaque éclair pour sceller le score (3–0). Une sentence logique, tant l’écart entre les deux équipes a été criant dans l’engagement et la justesse.
Un coup de tonnerre venu d’ailleurs
Battus à Bruges, les Marseillais ont longtemps gardé espoir, suspendus aux résultats des autres rencontres. Mais le scénario final a viré au cauchemar absolu. À Lisbonne, lors de la toute dernière action du match entre le Real et le Benfica, le gardien portugais monte sur le dernier coup franc du match… et marque de la tête.
Ce but, inscrit à la dernière seconde, offre la qualification au Benfica au détriment de l’OM qui bascule du côté à l’élimination. À la différence de buts, Marseille manque les play-offs de la Ligue des champions. Un scénario inconcevable et une issue cruelle, presque irréelle, mais aussi terriblement révélatrice des manquements accumulés tout au long de cette compétition, pour laquelle cet OM là n’a jamais semblé avoir les épaules.
L’Europe s’arrête là, brutalement
Si ce dénouement restera gravé comme l’un des plus cruels de l’histoire européenne du club, l’Olympique de Marseille ne peut se réfugier derrière la fatalité. La passivité affichée à Bruges, la première période complètement ratée, la débâcle face à Liverpool à la maison et les occasions manquées lors des précédentes journées ont lourdement pesé.
Éliminé sans gloire, l’OM quitte la Ligue des champions par la plus petite des portes. Une soirée cauchemardesque, un coup de tonnerre, et une désillusion immense pour un club, pour tout un peuple, qui espérait tant prolonger cette aventure européenne. Un fiasco total.
Photo : Alain Robert – Le Méridional