Les anciens ateliers mécaniques de La Seyne-sur-Mer devraient rayonner de nouveau sur le pourtour méditerranéen. Le site des ateliers mécaniques à l’ouest du centre-ville a été abandonné à la fin des années 1980, lorsque l’activité des chantiers navals a cessé. Un projet de rénovation du site, baptisé Immersion, a été arrêté. Il devrait accueillir un musée dédié à la mer et aux innovations.
Une partie permettra de rappeler l’histoire des anciens ateliers mécaniques, indique Cyprien Fonvielle, directeur de l’association Neede Méditerranée : « Ce lieu a contribué à l’innovation maritime. On a, à partir de cet espace, créé des innovations qui ont touché la navigation. Il est important de raconter aux visiteurs ce qu’a été ce lieu car ce projet vient s’inscrire dans la suite de l’histoire de ces ateliers mécaniques. »

De nombreuses archives des anciens ateliers mécaniques devraient y être exposées et compléter les 65 clichés, dévoilés début 2025 sur le « chemin de mémoire », qui longe les bâtiments en friche jusqu’au pont Levant, construit par la société Eiffel. Ces photos retracent des moments clés de l’activité sur ce site, depuis l’ouverture des premiers chantiers navals en 1835, comme l’embauche matinale des ouvriers le matin, la construction de différents navires, le travail dans les ateliers de perçage ou le montage des turbines vapeur.
L’innovation au cœur du projet
Le musée doit aussi aborder la biodiversité de Méditerranée et l’impact de l’activité humaine sur la faune et la flore sous-marine. Il se veut immersif pour permettre au public de comprendre les enjeux environnementaux et climatiques. L’ambition est aussi de présenter les technologies innovantes qui aideront à préserver les espèces et leur environnement.
À côté du musée, un pôle d’innovations doit voir le jour pour accueillir des chercheurs, des enseignants et un incubateur de startups. « Le but en fait est de créer un écosystème d’acteurs qui souhaitent participer et écrire l’avenir de la Méditerranée. » Des réflexions sont déjà menées avec l’université de Toulon et d’Aix-Marseille pour travailler collectivement, explique Cyprien Fonvielle, car la Méditerranée est « l’espace le plus peuplé qui va être le plus vite touché sur le globe par le dérèglement climatique ». Le projet Immersion a pour vocation de devenir un site de référence international, un lieu de travail et d’échange : « Nous devons tous ensemble faire de la Méditerranée un laboratoire pour le reste du monde. » Sur le quai de 400 mètres, Cyprien Fonvielle explique qu’ils projettent d’inviter les bateaux scientifiques et navires historiques, tels que le Belem, pour compléter les expositions, inviter le public à bord ou présenter des travaux scientifiques.

Le site devrait recevoir environ 200 000 visiteurs par an. La Seyne-sur-Mer souhaite assoir sa position de premier port scientifique de Méditerranée avec ce projet qui verra le jour non loin du Pôle Mer Méditerranée, de l’Ifremer et d’autres acteurs de l’économie maritime.
Séverine Krikorian