C’est dans les rues de la cité phocéenne que Marine Tondelier a officialisé son soutien à Benoît Payan. La secrétaire nationale des Écologistes se dit « très fière » de cet accord avec le Printemps Marseillais. Une alliance qui s’inscrit dans la continuité d’un premier mandat marqué par la pandémie de Covid-19 et des héritages lourds à gérer.
« On ne peut pas réparer en cinq, six ans la déshérence de plusieurs mandats », plaide Marine Tondelier, qui pointe également du doigt la présidente de la Métropole, accusée de priver Marseille des financements auxquels elle a droit. Pour Benoît Payan, la logique est simple : un second mandat est nécessaire pour concrétiser les chantiers engagés.

Le RN en embuscade
Les sondages constituent le principal motif d’inquiétude. Le Rassemblement National apparaît menaçant dans la deuxième ville de France. « Chez les écologistes, l’antifascisme nous l’avons au cœur et nous ne tremblons pas », lance Marine Tondelier, qui assume une stratégie d’unions larges sur tout le territoire.
Mais l’unité de la gauche marseillaise n’est pas acquise. Sans le nommer, la patronne des Verts vise un candidat dissident : « On ne peut pas entendre un candidat de gauche dire que son but est que Payan ne soit plus maire. Quand tu es aussi loin derrière dans les sondages, ça veut dire que tu préfères le RN. »
Amine Kessaci, figure protégée
Les deux responsables ont tenu à évoquer leur proximité avec le jeune militant marseillais de 22 ans. Marine Tondelier raconte avoir reçu son appel « à la seconde » où elle posait le pied sur le quai de la gare, signe d’un lien étroit. Elle souligne qu’il est « très, très en lien » avec le mouvement écologiste : il a été reçu au Parlement européen grâce aux élus Verts et a participé au lancement de la campagne de Grégory Doucet à Lyon.
Benoît Payan salue « le courage d’un garçon qui a 22 ans et qui a vécu ce qu’il a vécu », évoquant sa « force de caractère ». Mais c’est sur la question de sa sécurité que le maire insiste le plus, la présentant comme une priorité absolue. Il évoque des « contraintes extrêmes » qui pèsent actuellement sur le jeune homme. « Amine est responsable de ses choix et il décidera de ce qu’il a à faire quand il le fera. »
L’incertitude Rubirola
Michèle Rubirola, première maire de Marseille élue en 2020 avant de céder son fauteuil à Benoît Payan, était également présente lors de cette annonce. Son rôle dans la campagne à venir reste toutefois à définir. Récemment, elle a déclaré : « Benoît Payan décidera de la place où je serai sur la liste », laissant ainsi au maire sortant le soin de déterminer sa position pour les prochaines élections municipales.
Un bilan écologique à défendre
Sur le terrain environnemental, le maire revendique des avancées en matière de biodiversité, de renaturation et de qualité de l’air, notamment sur la pollution des navires de croisière. Marine Tondelier défend un « mandat de remise à plat » face à une situation héritée catastrophique. Reste à savoir si cette alliance suffira à contenir la poussée de l’extrême droite.

Ryan Kashi