La pluie n’aura pas découragé les militants, plus de 2 000 personnes se sont rassemblées devant les anciens locaux de la Société marseillaise de crédit, pour l’inauguration officielle du QG de campagne du Printemps Marseillais. Une affluence qui marque l’entrée en campagne collective du mouvement de gauche.
« On a connu des orages et on les a vaincus »
Devant la foule de sympathisants, le maire sortant a profité des conditions météorologiques pour filer la métaphore : « On a connu des orages et on les a vaincus », a-t-il lancé, faisant référence tant à la pluie du jour qu’aux difficultés traversées durant son mandat.
Dans son discours, Benoît Payan a tenu à souligner l’importance du collectif et de son équipe, tranchant avec l’incarnation personnelle forte qu’il avait affichée lors de sa déclaration de candidature le 10 janvier dernier. Le candidat a martelé la philosophie de son camp : « Servir les Marseillais au lieu de se servir ». Il a également appelé à ne pas « céder à la tentation du repli sur soi », une pique à peine voilée à l’encontre du Rassemblement national et des discours identitaires portés par certains de ses adversaires.
Le maire a conclu en remerciant « tous ceux qui s’engagent » dans cette campagne pour les municipales de mars prochain.

Place Publique mise sur la Métropole
Parmi les soutiens présents, Pascaline Lecorché, figure de Place Publique à Marseille, a rappelé son engagement de longue date aux côtés du Printemps Marseillais. « En 2020, j’ai participé à la fondation et à la construction du Printemps Marseillais », a-t-elle expliqué. Pour elle, l’élargissement actuel de la coalition est « la suite logique du travail accompli ces cinq dernières années ».
Place Publique entend apporter sa contribution sur un enjeu majeur : la Métropole Aix-Marseille-Provence, actuellement présidée par Martine Vassal, candidate de la droite et du centre. « La Métropole dysfonctionne et elle est une des clés d’entrée pour demain pouvoir réellement accélérer la transformation de Marseille », analyse Pascaline Lecorché. Le mouvement fondé par Raphaël Glucksmann propose une « métropole de projet », articulée avec les programmes municipaux, notamment sur les transports et la création d’emplois. « Un jeune sur quatre est sans emploi ni formation » à Marseille, rappelle-t-elle, soulignant l’urgence économique et sociale.

Antoinette, 91 ans et toujours militante
Parmi les militants présents ce samedi, Antoinette Paoli, 91 ans. Communiste depuis l’âge de 18 ans, elle a rejoint le Printemps Marseillais dès sa création. « C’est une nouveauté, il n’y avait aucune ville qui avait fait ça », souligne-t-elle.
La nonagénaire défend le bilan de Benoît Payan tout en pointant les obstacles rencontrés : « On ne peut pas tout faire. On lui bloque un peu les sous et il y a beaucoup de choses qui dépendent de la Métropole, alors que les gens croient que ça dépend de la mairie. » Pour elle comme pour les cadres du mouvement, la conquête de la Métropole sera déterminante pour concrétiser les ambitions du Printemps Marseillais.

Avec cette inauguration, le Printemps Marseillais rejoint ses adversaires dans l’arène. Martine Vassal, Franck Allisio et Sébastien Delogu ont déjà lancé leurs offensives respectives. À sept semaines du premier tour, la bataille pour l’hôtel de ville entre dans une nouvelle phase.