« Marseille je t’aime » : l’émotion comme moteur
Dès l’ouverture, Romain Simmarano a donné le ton, évoquant « une bataille décisive pour l’avenir de Marseille » menée « depuis plus de sept ans ». Le discours mêle attachement viscéral à la ville et sentiment d’urgence : « Cette ville incroyable, bordel, qui nous fend le cœur », lance-t-il, rappelant le slogan scandé depuis six mois par les équipes de campagne.
L’accent est mis sur l’engagement inédit de personnalités issues de la société civile. « Pour beaucoup, n’ont jamais fait une élection de leur vie », souligne Romain Simmarano. « Pour beaucoup, se disent : il y a quelque chose qui cloche dans cette ville et qui fait que je dois m’engager, que je dois dépasser tout ce que j’ai fait toute ma vie. »
Des soutiens aux profils variés
Fabienne Bendayan, avocate et ancienne présidente du CRIF Provence, ouvre le bal des témoignages. Elle insiste sur sa proximité avec la candidate durant les moments difficiles pour la communauté juive : « Dans les moments douloureux de solitude pour la communauté juive, je vous ai vus, Martine et Renaud, attentifs, combatifs et protecteurs. » Pour elle, Marseille a besoin « d’une autorité qui soit juste, qui protège et qui rassure ».

André Bendano, ancien président de la Chambre des métiers, adopte un registre plus économique. « Je refuse que le déclin devienne une habitude », martèle-t-il, dénonçant les commerces qui ferment et les entreprises qui partent. Son cri du cœur : « Je dis stop au bradage du centre-ville. La Canebière, Noailles, le Vieux-Port doivent redevenir des lieux de vie et d’emploi. »
Christine Frontera, ex-commandant à la DIPN 13 et chef de commissariats, pour qui « l’insécurité n’est pas une fatalité. » détaille les propositions sécuritaires : un Hôtel des polices à la Caserne du Muy, une « zone zéro délinquance » dans le centre-ville équipée de caméras supplémentaires et de drones ainsi qu’une présence humaine renforcée. Sa conclusion résume la philosophie de campagne : « Sans sécurité, il n’y a pas de justice sociale possible. »
Jeunesse et ancrage local
Djihane Dib, représentante de Génération Marseille, incarne la volonté de parler aux jeunes électeurs. Elle évoque leurs « rêves mais aussi des galères concrètes de logement et d’études », et met en avant la proposition de gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Son témoignage se fait plus personnel : « Nous voulons pouvoir rentrer chez nous en sécurité le soir sans crainte. »
Omar Keddadouche, président d’un club de football amateur, revendique quinze ans de collaboration avec Martine Vassal. Il balaie les accusations de récupération : « Personne n’a le monopole du cœur ou des quartiers. » Et de tacler les adversaires : « On n’a pas besoin d’amateurs qui ont besoin d’un GPS pour trouver le centre-ville. On a besoin de gens qui ont fait leurs preuves. »

Muselier en première ligne
Renaud Muselier, accueilli par des chants scandant son prénom, assume son rôle de chef de file. Il évoque les doutes exprimés au niveau national sur cette campagne, mais affiche sa confiance : « On nous dit que cette région est un piège, mais ici, c’est le local qui va parler. Ce qui va se passer n’est pas ce que prédisent les projections nationales. »
« Marseille n’est pas un laboratoire »
Le ton est monté d’un cran lorsqu’il a fallu s’adresser aux électeurs tentés par le vote Rassemblement National. Martine Vassal a fermement rejeté l’idée que la ville puisse servir de terrain d’expérimentation politique : « Nous ne sommes pas un laboratoire, nous ne sommes pas des rats ».
Elle a conclu son intervention sur une note de mission quasi-sacrée : « Notre mission, c’est de sauver Marseille ! ». Une manière de rappeler qu’au-delà de la survie de la droite locale, c’est l’avenir de la cité phocéenne qu’elle veut incarner.
À deux mois du scrutin, le défi est de taille pour la candidate : inverser une tendance défavorable dans les sondages et transformer cette mobilisation en dynamique victorieuse.
Ryan Kashi