Village de Région Sud (2) : L’Isle-sur-la-Sorgue, scintillante de ses eaux

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La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur regorge de trésors. De belles pépites transmettent l’histoire et les fiertés du territoire. Chaque dimanche de ce mois d’août, Le Méridional a choisi de mettre en valeur, après visite, un village ou une petite ville de la région. L’Isle-sur-la-Sorgue est situé à environ 80 km de Marseille et à une vingtaine de kilomètres d’Avignon.

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Le chef d’orchestre de la commune de l’Isle-sur-la-Sorgue, et son nom l’indique : c’est la Sorgue, qui donne à la ville son ambiance et son charme. « Sorgo » signifie « petit cours d’eau » en provençal : petit, on demande à voir ! La rivière prend sa source quelques kilomètres au-dessus du centre-ville, à Fontaine-de-Vaucluse. Le nom même du département en est issu, puisque « vallis clausa », « vau-cluso », en provençal, désigne la « vallée close » d’où sort la source.

Le Gouffre de la Fontaine de Vaucluse reste un spectacle impressionnant, en particulier au printemps et à l’automne : la fonte des neiges ou les pluies abondantes donnent un débit extrêmement puissant à la source ; il est d’ailleurs le plus important de France. De la fontaine jaillissent les eaux provenant conjointement des Monts de Vaucluse, du Mont Ventoux et de la Montagne de Lure.

Roue à aubes de l’Isle-sur-la-Sorgue © DR

En outre, la ville se situe sur une nappe sub-affleurante, ce qui fait que lorsqu’il pleut, il arrive que l’eau remonte sur les terrains. Bref, on est ici dans une « ville d’eau », et si Martigues porte le surnom de « Venise provençale », l’Isle n’est pas peu fière d’endosser celui de « Venise comtadine » (d’après le Comtat Venaissin, auquel elle appartenait).

Un petit coin vaut le détour, à environ 1 kilomètre du centre-ville : le Partage des Eaux ; à cet endroit, la Sorgue se sépare en deux bras, la Sorgue de Velleron et la Sorgue d’Entraigues. L’endroit est connu pour sa fraîcheur… mais les baigneurs sont très rares, l’eau avoisinant les 13°, même en été !

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Une quinzaine de roues à aubes sont encore visibles, rappelant le dynamisme des industries textiles aux alentours (dont il ne reste aujourd’hui que quelques manufactures). Il est agréable de se promener dans les petites rues pavées et de se rafraîchir à la terrasse de l’un des cafés qui jalonnent la rivière, dans le petit centre-ville. On repère au passage quelques « nego chins » barques légères à fond plat (« noie chien » en provençal, en référence à leur stabilité incertaine…) Tous les ans, le premier dimanche d’août depuis la décennie 1960 a lieu un marché flottant, où les marchands en habits traditionnels proposent leurs produits.

Barque du marché flottant de l’Isle-sur-la-Sorgue © Marianne Casamance

Mais si l’Isle-sur-la-Sorgue est connue au-delà des frontières nationales, c’est aussi qu’elle est la troisième place européenne pour le marché des Antiquités, derrière Saint-Ouen et Londres ! Les Britanniques et les Néerlandais, notamment, apprécient la destination pour cette raison.

Finissons la promenade sur une note littéraire, avec le poète René Char (1907-1988), grand amoureux de sa ville natale. Un poème de Paul Eluard, dans Les Mains libres, associe leurs deux noms avec raison : « AVIGNON : Nous ne sommes restés qu’un moment à Avignon/Nous avions hâte d’arriver à l’Isle-sur-Sorgue/Où René Char nous attendait. »

Jeanne RIVIERE