Eclipse solaire du 10 juin : que pourra-t-on observer depuis Marseille ?

© WKMC

Avec lui, on peut parler lune rousse, lune rose, lune bleue ou lune rouge. N’essayez pas de le mettre en défaut : Lionel Ruiz jongle aussi bien avec les lunes qu’avec les explications. Mais aujourd’hui, si Le Méridional rencontre le directeur de l’association ANDROMEDE, de l’Observatoire de Marseille, c’est pour échanger à propos de l’éclipse solaire du 10 juin prochain; elle sera visible partiellement en France, et un tout petit peu à Marseille.

Que se passera-t-il le 10 juin ? Ce qu’on appelle une éclipse annulaire du Soleil. La Lune se déplace devant le Soleil, l’occultant partiellement; et elle est suffisamment éloignée de la Terre pour apparaître inférieure au Soleil. Les habitants de certains coins de l’hémisphère nord au Groenland, au Canada et en Russie, pourront observer l’éclipse solaire annulaire : la Lune cachera le Soleil, laissant seulement dépasser un anneau de feu. A ces endroits, “pendant quelques minutes, il y aura beaucoup moins de lumière, au point de pouvoir apercevoir les étoiles”, explique Lionel Ruiz.

Plus les habitants se situeront au nord-ouest de l’Europe, plus ils seront à même d’observer une fraction importante de l’éclipse. En France, l’éclipse sera visible tout au plus à l’échelle de 20%. Pour donner un ordre d’idées, l’observation sera de 18% à Brest, de 13% à Paris, de 6% à Lyon et seulement de 3% et de 2% à Marseille et à Nice. Mais le directeur d’ANDROMEDE le souligne : “Ce genre de phénomène est suffisamment rare pour qu’on lui accorde de l’attention.” Il faut dire que la dernière éclipse solaire visible depuis Marseille remonte à 2015. Et la prochaine le sera en 2026…

L’association ANDROMEDE organise donc à l’Observatoire historique de Marseille une séance d’observation ouverte au public et gratuite, pour scruter le plus finement possible l’éclipse partielle qui aura lieu à Marseille entre 11h30 et 13h.

Depuis chez soi, il est bien sûr recommandé de choisir soigneusement ses moyens d’observation. Lionel Ruiz rappelle l’importance de ne pas abîmer ses yeux en utilisant de mauvais outils “faits maison” comme les simples lunettes de soleil ou les clichés de radiothérapie, à bannir.

© ANDROMEDE – Observatoire de Marseille

La technique du sténopé

En revanche, d’autres techniques sont réalisables, avec des enfants notamment, pour comprendre le phénomène de l’éclipse. La technique du sténopé est particulièrement simple et efficace. Il suffit de prendre deux cartons (de taille A4 par exemple). On réalise un trou dans l’un des deux et on l’oriente vers le Soleil. On place le deuxième à l’ombre. Même si le trou est carré, l’image qui se projettera sur le deuxième carton sera ronde, puisqu’il s’agit de l’image du Soleil. L’expérience fonctionne également avec un morceau de miroir cassé.

“Démocratiser la culture de l’observation du ciel

Lionel Ruiz est en poste depuis 1994 à l’Observatoire de Marseille. Sa passion du ciel, il entend la transmettre un maximum. Il le constate aujourd’hui : “Les gens regardent beaucoup moins le ciel que les générations précédentes, qui en tiraient des modes de vie.” Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ne s’y intéressent pas ou n’ont pas la possibilité, en raison de la pollution lumineuse, d’observer les astres et les étoiles. L’équipe de l’Observatoire a donc d’autant plus à cœur de transmettre ses connaissances et d’intéresser les enfants à ce monde fascinant.

Lionel Ruiz, avec quelques autres passionnés, a d’ailleurs développé un système numérique optique particulier pour le planétarium ; il permet de projeter une image du ciel calculée en temps réel par des ordinateurs et adaptée pour une bonne visibilité à 360°. Cette méthode est utilisée aujourd’hui dans 200 planétariums à travers le monde. Etant peu coûteuse, elle démocratise ainsi l’observation du ciel. Un magnifique programme.

Jeanne RIVIERE

L’éclipse solaire se déroulera le jeudi 10 juin entre 11h30 et 13h pour la région de Marseille. Entrée libre et gratuite à l’Observatoire de Marseille (2, place Le Verrier, entrée place Rafer, bd Cassini,13004). Le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans. Toutes les autres informations sont à retrouver sur le site du planétarium.