En 2026, Marseille disposera d’une des 10 Escouades de Réserve Côtière (ERC) prévues en Méditerranée. Sa mission principale sera de surveiller le plan d’eau marseillais. Début octobre, le capitaine de vaisseau Raphaël Clivaz a pris le commandement de la flottille de réserve côtière (FRC) Méditerranée à Toulon, dont une escouade ouvre à Marseille en 2026.
Ces escouades ont commencé à être créées en 2024, dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030 qui prévoit le doublement des effectifs de la réserve opérationnelle, afin de renforcer la résilience de la Nation et la cohésion nationale, dans l’actuel contexte international tendu.
Trois flottilles ont donc été créées, dans la Manche, en Atlantique et en Méditerranée et chacune doit disposer à terme de dix escouades implantées sur le littoral, hors des grands ports militaires. En Méditerranée, ces réserves sont dirigées par un état-major installé à Toulon, commandé par le capitaine de vaisseau Raphaël Clivaz, sous le contrôle du commandant de la zone maritime, le vice-amiral d’escadre Christophe Lucas.

Les réservistes recrutés dans chacune d’elles doivent être intégrés aux différents territoires afin d’avoir une bonne connaissance de leur environnement et de pouvoir intervenir rapidement. Car leur mission principale est la surveillance du plan d’eau, la protection de l’environnement maritime et la sensibilisation des usagers de la mer et le soutien aux autorités locales lors des grands événements nautiques. « Ces escouades s’insèrent dans le dispositif de la chaîne sémaphorique, notamment du côté de Marseille, le sémaphore de la Couronne à l’ouest et de l’autre côté le bec de l’Aigle à La Ciotat. »
Déjà 4 escouades en Méditerranée
L’ouverture d’une ERC à Marseille a été annoncée le 2 décembre dernier par Catherine Vautrin, ministre des Armées et des anciens combattants. Elles complètent le dispositif méditerranéen qui en compte plusieurs autres à Sète, Cannes et prochainement Ajaccio.
Les soixante-dix marins réservistes de cette nouvelle escouade pourraient prendre leurs quartiers dans le quartier du Pharo, car « l’idée, c’est d’exploiter au maximum les infrastructures du ministère des Armées présentes dans la métropole, en l’occurrence les infrastructures de la Marine nationale qui sont situées au niveau de la pointe du Pharo. Mais tout cela doit être confirmé », prévient le commandant Clivaz. Des vérifications sont en cours pour s’assurer de la faisabilité de cette hypothèse. La confirmation pourrait intervenir assez vite, autour du mois de février.
Il faudra encore quelques mois pour que prenne forme cette escouade afin de recruter « le premier socle de commandement de l’escouade », qui dispose déjà de connaissances de la Marine nationale ou d’expérience pour ensuite trouver de plus jeunes recrues et les former, en particulier à la navigation, car les escouades disposent d’une embarcation semi-rigide pour intervenir dans un rayon de 6 nautiques, soit un peu plus de 11 km, ainsi que de microdrones.
Il leur faut aussi être suffisamment disponibles : « Pour les plus jeunes, il s’agit d’une trentaine de jours par an. Pour le socle de marins un peu plus formés, qui ont une connaissance du milieu, ce sera plutôt entre 50 et 70 jours par an. Et pour le commandement de l’escouade, cela peut monter jusqu’à une centaine de jours », précise le commandant Clivaz.
À Marseille, elle devrait donc commencer à opérer en fin d’année, avec une trentaine d’hommes et de femmes. Le dispositif sera complété au fil des ans pour compter 70 réservistes.
À terme, la flottille de réserves côtière Méditerranée comptera 5 escouades supplémentaires sur le littoral méditerranéen, soit un total de 800 marins réservistes.
Severine Krikorian