La décarbonation a été abordée durant les deux premiers jours du salon Euromaritime mais tout n’a pas été dit. Aujourd’hui il sera notamment question de la réglementation avec une volonté d’étendre la charte croisière et de faire le point aussi sur le secteur maritime à qui le gouvernement a lancé le défi de zéro émission d’ici 2030.
La conférence plénière de ce jeudi va s’interroger sur le choix entre électricité et hydrogène pour les petits navires et les industriels qui les construisent, qui s’annonce comme un défi majeur pour les armateurs et les chantiers navals français et européens.
La direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture (DGAMPA) organise une table ronde pour s’interroger sur Comment mieux structurer la recherche pour accélérer la décarbonation du secteur maritime ?
« L’événement est sous patronage ministériel et vient vraiment compléter l’approche gouvernementale et la logique que le gouvernement français a pour faire avancer cette filière maritime », indique Sabrina Jonas, commissaire générale d’ Euromaritime.
La réglementation européenne aussi a décidé d’imposer des escales tout électrique pour bon nombre de navires à l’horizon 2030. Les professionnels du secteur s’attachent donc à avancer ensemble vers une industrie plus verte poursuit-elle : « Plusieurs feuilles de route se croisent justement sur ces thématiques. Ce sont des travaux qui sont portés par plusieurs groupements. Le cluster maritime, bien sûr, mais surtout le GICAN, le groupement des industries de construction et d’activité navale, avec les armateurs. Ils ont cette feuille de route partagée qui permet de définir les grands axes pour faire avancer la décarbonation ».
La Norvège, figure de prou
L’Euromaritime cherche à s’appuyer également sur des exemples concrets d’expériences qui fonctionnent. Cette année, un pavillon norvégien a été installé. Ce pays est bien engagé dans la décarbonation et ont déjà été organisés dans ce pavillon pour partager leurs connaissances, indique Sabrina Jonas: « La présence des Norvégiens vient renforcer justement cet angle puisque ce sont des acteurs qui ont déjà une certaine expérience sur l’approche décarbonée. Ils ont également des problématiques de zone SECA en mer du Nord, donc leur retour d’expérience est intéressant ».
Il a aussi déjà été question du transport à la voile et dans ce secteur Marseille a su déjà se distinguer en accueillant en octobre dernier, le premier cargo à voile, le Neoliner Origin, en partenariat avec l’armateur CMA CGM, également présent à l Euromaritime. Ce type de navire à propulsion principale vélique doit permettre de réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre. « Le transport à la voile en est vraiment un très bel exemple puisque c’est quand même quelque chose qui est porté depuis maintenant 5-6 ans avec des annonces régulières », rappelle Sabrina Jonas.
Le concept de smart-port doit aider les acteurs du secteur à franchir ce cap de la décarbonation, les innovations dans le secteur sont nombreuses, certaines se basent même sur le biomimétisme pour se rapprocher au plus près de ce qu’il existe dans la nature et offrir ainsi un vrai avenir à toutes les espèces, y compris humaine.
