mercredi 21 janvier 2026
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Le binôme Allisio-Le Pen lance l’assaut sur Marseille

À deux mois des municipales, Marine Le Pen adoube Franck Allisio à Marseille. Le RN lance la bataille, teste l’union des droites et vise déjà 2027.
À deux mois des municipales, Marine Le Pen adoube Franck Allisio à Marseille. Le RN lance la bataille, teste l’union des droites et vise déjà 2027.

 

Le signal est donné. À deux mois du premier tour des élections municipales, prévu les 15 et 22 mars 2026, le Rassemblement National a transformé la traditionnelle cérémonie des vœux de Franck Allisio en une véritable rampe de lancement. Devant une salle comble au Parc Chanot, Marine Le Pen est venue adouber l’homme qui mènera la bataille du RN à Marseille.

Dans une salle acquise à la cause, les militants ne cachent pas leur dévotion. « Qu’est-ce qu’elle est belle, Marine », souffle un sympathisant. Un autre confie, presque intimidé : « Autant Bardella, on s’y fait, mais Marine, dès qu’elle est là, je reste figé. C’est quelque chose. » Une ferveur palpable qui montre le culte que lui vouent ses militants.

 

Discours de Marine Le Pen  lors de la campagne des municipales de Franck Allisio candidat du Rassemblement National (RN) a la mairie de Marseille. ©Alain Robert / Le Méridional

 

« Marseille lui portera bonheur et elle portera bonheur à Marseille. » C’est par ces mots que Franck Allisio a salué la présence de Marine Le Pen lors de la cérémonie des vœux du Rassemblement national. Le choix de la cité phocéenne pour ce premier déplacement n’est pas anodin. Pour la candidate à l’Élysée, « ce qui se joue à Marseille préfigure l’avenir du pays ». Une équation simple : France égale Marseille.

 

Franck Allisio, « l’homme qu’il faut »

Marine Le Pen a officiellement adoubé Franck Allisio comme tête de liste pour les municipales, vantant sa « sincérité », sa « valeur travail » et sa connaissance du terrain. Le député des Bouches-du-Rhône se pose en alternative au « macronisme ».

Face à une municipalité qu’il juge « désinvolte, déconnectée et désunie », Allisio affirme avoir déjà rallié une vingtaine d’élus LR cette année. Il présente son projet comme un plan « pour les Marseillais », en opposition à ce qu’il perçoit comme les priorités de l’actuelle majorité.

Cette main tendue à la droite a pris une dimension tactique le 19 janvier. Fort d’un récent sondage Ipsos le plaçant au coude-à-coude avec le maire sortant Benoît Payan (30% chacun), Franck Allisio a officiellement proposé un pacte de « front commun » pour le second tour. Il appelle Martine Vassal (DVD), actuellement créditée de 23%, si elle devait confirmer sa troisième place au soir du premier tour, il lui demande de s’effacer ou de s’allier pour faire barrage à l’alliance entre Benoît Payan et Sébastien Delogu (LFI), ce dernier étant crédité de 14% des intentions de vote.

 

Franck Allisio, député et candidat du parti Rassemblement National (RN) aux élections municipales a la mairie ©Alain Robert / Le Méridional

 

Un réquisitoire contre la « narco-ville »

Le discours a dressé un portrait sombre de Marseille sous la majorité du Printemps Marseillais. Franck Allisio a qualifié la ville de « narco-ville », pointant du doigt l’insécurité et les homicides liés au narcotrafic.
La mairie actuelle est décrite comme composée de « rentiers politiques en pré-retraite », accusés de ne pas régler les problèmes de fond : logement indigne, propreté, services publics défaillants.
Sécurité : le modèle Perpignan.

Sur le plan programmatique, le RN place la sécurité en tête des priorités. Franck Allisio s’est engagé à faire de la police municipale de Marseille « la première de France », sur le modèle de Perpignan. L’objectif affiché : tripler les effectifs, doubler le nombre de caméras pour atteindre la moyenne haute des grandes villes françaises.

 

Cap sur 2027

L’élection marseillaise est présentée comme le « premier acte de la grande alternance ». Marine Le Pen n’a pas caché ses ambitions nationales, esquissant un ticket Jordan Bardella à Matignon et elle-même à l’Élysée. Le parti annonce plus de 650 investitures au niveau national.
Sur le plan européen, la présidente du groupe RN a réaffirmé son opposition au « Frexit » tout en plaidant pour « changer l’Europe de l’intérieur », notamment en s’opposant au traité Mercosur. Elle a également fustigé Sébastien Lecornu, qualifié de « Calimero », et critiqué le plan « Marseille en Grand » de Macron, jugé « bâclé sur le volet sécuritaire ».

Interrogée sur son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen s’est dite « optimiste », refusant toutefois de « plaider devant la presse ».

 


Marien Le Pen et Franck Allisio durant une conférence de presse à Marseille le samedi 17 janvier 2026. ©Alain Robert / Le Méridional

 

Marseille, répétition générale

Reste à savoir si cette stratégie d’union des droites portera ses fruits. Martine Vassal, qui n’a pas répondu à l’appel d’Allisio, pourrait préférer jouer sa propre carte jusqu’au bout. Une chose est sûre Marseille s’annonce comme le premier champ de bataille de 2027.

 

 

Ryan Kashi

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