La cité phocéenne s’est figée ce samedi pour saluer une dernière fois Rolland Courbis. Entre le Vieux-Port et l’église des Réformés, des centaines de Marseillais ont remonté la Canebière dans un silence seulement rompu par le crépitement des fumigènes, des applaudissements et le respect dû aux légendes.
Marseille a le cœur lourd, et son ciel semble s’être mis au diapason. Samedi 17 janvier 2026, la lumière habituelle de la Provence avait laissé place à une grisaille solennelle. C’était le jour du dernier voyage pour Rolland Courbis, « le Coach », l’enfant des quartiers Nord devenu l’une des voix les plus emblématiques du football français.
Une Canebière aux couleurs de l’OM et du deuil
Le rendez-vous était donné sur le Vieux-Port. Dès le début d’après-midi, une marée humaine s’est formée pour escorter le convoi. En tête de cortège, le deuil portait un visage intime : on a ainsi pu y retrouver son épouse, Clara Paban, ainsi que ses enfants, Olivia, Amine et Stéphane, avançant soudés dans la douleur, ouvrant la voie à la procession sous les yeux embués de la foule.
Derrière eux, une marée humaine s’est déployée. On n’y voyait pas seulement des supporters, mais des Marseillais de toutes conditions, venus dire adieu à celui qui incarnait si bien la ville et leur passion dévorante pour l’Olympique de Marseille. Le cortège funèbre a remonté lentement la Canebière, cette artère qui a vu défiler tant de joies et de drames. Pas de cris de stade ici, mais une émotion brute, palpable, soulignée par les volutes orangées des fumigènes craqués par les groupes de supporters.
Une dernier banc de touche
Le silence qui entourait l’église des Réformés ce jour-là n’était rompu que par les souvenirs. Sur le parvis, le football français s’est réuni, non pas pour un match, mais pour une ultime causerie.
On y a vu l’émotion de Hilton, le roc brésilien, et la tristesse de Pascal Olmeta, compagnon de longue date. Tigana et Giresse, gloires du football français, avaient également fait le déplacement pour rendre hommage au Coach. Enfin, Éric Di Meco, représentant cette identité marseillaise et cette passion des ondes qu’ils partageaient avec la même ferveur.
Un héritage gravé dans le calcaire
Rolland Courbis ne quitte pas Marseille, il entre dans son panthéon. Pour beaucoup, il rejoint désormais au ciel des légendes un certain Bernard Tapie. La ville a perdu l’un de ses plus beaux parleurs, mais le souvenir de sa voix et de son génie tactique continuera de résonner longtemps dans les tribunes du Vélodrome et dans les rues de Saint-Joseph.
Ce samedi, sous les nuages d’hiver, Marseille a prouvé une chose : on ne meurt jamais vraiment quand on a été aimé avec autant de ferveur.
Ryan Kashi