Un équipement de défense intermédiaire
Une première vague de 9 agents du GAP a été dotée d’armes de catégorie D : des bâtons de défense télescopiques et des aérosols incapacitants (bombes lacrymogènes). Il ne s’agit pas d’armes à feu, mais d’équipements non létaux destinés à la défense et à la maîtrise d’individus violents.
L’objectif affiché par la Métropole et la RTM est de permettre aux agents de se défendre et de répondre proportionnellement face aux agressions physiques qui peuvent survenir sur le réseau mais c’est aussi un outil de dissuasion. À terme, l’ensemble des 99 agents que compte le GAP seront équipés une fois leurs formations de trois semaines, encadrées par d’anciens militaires, validées.
Selon la présidente de la RTM Catherine Pila, ces armes ne seront utilisées qu’en cas d’atteinte physique contre un agent ou un passager. L’absence de titre de transport ou le refus de présenter une pièce d’identité ne peuvent en aucun cas motiver leur usage.

Une remise officielle
Le 13 janvier, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence, a présidé la remise des équipements aux premiers agents concernés. Par ce geste, l’exécutif métropolitain a souhaité marquer le lancement de cette nouvelle doctrine de sûreté sur le réseau de transport.

De nouvelles prérogatives juridiques
Au-delà de l’armement, les agents du GAP voient leur champ d’action s’élargir. Ils peuvent désormais effectuer des palpations de sécurité, procéder à l’inspection visuelle des bagages et à des fouilles de bagages avec l’accord des voyageurs. Ils peuvent également relever l’identité des personnes en infraction et demander la présentation d’un document d’identité.
Pour encadrer ces nouvelles interactions, le port de la caméra-piéton a été généralisé. Depuis leur déploiement en décembre dernier, les caméras-piétons auraient entraîné une baisse de 40% des incivilités contre les personnels selon la Métropole, assurant également une traçabilité vidéo des interventions.
Toutefois, la Métropole souhaite aller plus loin et demande aux ministères des Transports et de l’Intérieur d’autoriser les mêmes prérogatives qu’à Paris : fouilles complètes sans consentement et contrôles d’identité de type policier, ce que la législation actuelle ne permet pas en dehors de la capitale.
Face à un sentiment d’insécurité persistant sur certaines lignes et à des incivilités chroniques, la RTM a donc fait le choix de la professionnalisation accrue de sa force d’intervention. Reste à voir, sur le long terme, l’impact de ce nouveau dispositif sur la sérénité des voyageurs marseillais.
Ryan Kashi