À la veille du déplacement à Angers, Roberto De Zerbi et Emerson Palmieri se sont présentés devant les journalistes pour faire le point sur l’état de l’équipe. Gestion de l’effectif, exigence mentale et respect de l’adversaire : chaque joueur doit être prêt à répondre présent sur le terrain.
De Zerbi : concurrence assumée et gestion des hommes
Interrogé sur la coexistence entre Pierre-Emerick Aubameyang et Amine Gouiri, De Zerbi a rappelé que « c’est toujours le terrain qui parle ». Pour l’entraîneur marseillais, les profils des deux joueurs sont très différents :
« Aubameyang et Gouiri ont des caractéristiques complètement différentes. Il y en a un qui attaque l’espace et la profondeur, alors que l’autre aime davantage jouer, protéger le ballon, faire monter l’équipe et échanger avec ses coéquipiers. »
Il a également insisté sur la nécessité de ménager Aubameyang, très sollicité ces derniers mois :
« Aubameyang a énormément donné ces derniers mois, il a toujours joué, en étant pressé au maximum. Aujourd’hui, il a besoin de récupérer de l’énergie, surtout mentalement, pas forcément en étant sur le banc, mais pour retrouver son niveau à 100 %. C’est un joueur fort qui nous a déjà beaucoup apporté et qui pourra encore nous donner beaucoup sur les quatre derniers mois. »
Le coach olympien a ensuite évoqué Hamed Traore, revenu en forme et promis à un rôle important dans la rotation :
« Il a bien joué les matchs où il a été utilisé, notamment contre le PSG, et il a été bon lors des derniers matchs en groupe. Traore est en train de devenir un grand joueur, je l’espère. Je l’ai entraîné quand il était très jeune et je le trouve aujourd’hui beaucoup plus mature. Le fait d’avoir des enfants, de s’être marié, les années qui passent, et l’expérience acquise à Sassuolo et à Auxerre sont des choses positives pour lui. J’espère qu’on pourra l’aider à devenir encore plus grand et qu’il pourra nous aider à grandir aussi. »
Concernant Mason Greenwood, très utilisé depuis le début de saison, De Zerbi assume ses choix :
« Il faut comprendre que, quoi qu’on fasse, il y aura toujours des questions. Si je le remplace, on me demandera pourquoi je l’ai sorti. S’il joue toujours, on me demandera pourquoi il joue toujours. Greenwood, s’il va bien, s’il court, s’il lutte et s’il joue avec générosité, dans mon équipe, il joue. C’est pareil pour Paixao ou pour Gouiri. Aujourd’hui, le football a évolué. Tout le monde doit courir. Manchester City, Arsenal, le PSG, tout le monde court. Si tout le monde court dans ces équipes-là, alors tous les autres doivent courir aussi. Marseille aussi, parce que nous sommes en dessous de ces équipes. »
Critiques et rumeurs : « Elles ne me feront pas fuir »
Interrogé sur les critiques et son avenir, De Zerbi s’est montré ferme et déterminé :
« Les critiques qu’il y a eues ou qu’il y aura ne m’ont jamais fait changer d’avis sur mon travail ni sur mon envie de rester dans ce club. Ce ne seront pas les critiques des radios, des anciens joueurs ou celles faites pour faire du mal au club qui changeront ce que je pense de Marseille et de l’OM. Les critiques ou les rumeurs ne me feront pas fuir, bien au contraire. »
Sur Pierre-Emile Hojbjerg, très courtisé, l’italien répond :
« Les informations ont été démenties par son agent, qui est quelqu’un de sérieux, comme lui. Hojbjerg n’a jamais été sur le départ, ni dans ma tête, ni dans celle de Pablo ou de Medhi Benatia. C’est l’un des joueurs les plus importants et des leaders de l’équipe. Je ne vois pas pourquoi il devrait partir. »
Angers, un adversaire respecté
De Zerbi a également tenu à souligner la qualité du jeu angevin :
« Même avant de les affronter, je me suis rendu compte que c’était une équipe bien organisée, qui jouait bien. On sent la patte de l’entraîneur. J’aime beaucoup la manière dont ils jouent et certains de leurs joueurs. À ce moment-là, c’était, selon moi, l’une des équipes qui jouait le mieux du point de vue du jeu, et je confirme ce que j’ai dit. »
Il a insisté sur le fait que l’absence possible d’Abdelli ne modifierait pas l’approche de l’OM :
« Abdelli est un joueur fort, comme d’autres joueurs d’Angers. Je ne sais pas s’il jouera ou non. Honnêtement, je n’aime pas parler des joueurs des autres équipes par respect. Je dois rester concentré sur mon équipe. Si des joueurs forts ne jouent pas chez l’adversaire, tant mieux pour nous, mais notre approche reste la même. »
Emerson : en quête de concentration et de régularité
Emerson Palmieri a analysé l’inconstance de l’équipe, en pointant surtout l’aspect mental :
« Ce n’est pas seulement sur le terrain, c’est aussi mentalement, dans la concentration, dans la manière d’aborder tous les matchs comme des finales. Contre Nantes, c’était un match étrange, quelque chose qui n’arrive généralement pas. On doit être humbles et comprendre qu’on ne peut pas perdre ce genre de match chez nous. »
Le latéral italien estime que les performances contre Paris reflètent le vrai visage de l’OM :
« Contre Paris, et sur d’autres matchs aussi, c’est notre vrai visage. Il ne faut pas faire plus ou moins, il faut simplement être nous-mêmes et maintenir ce niveau pour toute la fin de la saison. »
Sur l’enchaînement des matchs :
« D’abord, on pense à Angers. Le match de demain sera difficile, surtout parce qu’on a déjà perdu des points contre eux. C’est un match très important pour récupérer ces points. Après Angers, on pensera à Liverpool. On a tellement de matchs qui s’enchaînent qu’on ne peut pas rater une préparation en pensant à un autre match. »
Enfin, sur le retour de Traore :
« C’est un ami. Il a énormément souffert ces derniers mois, et nous aussi on se sentait mal pour lui. C’est un très bon garçon, il travaille tous les jours très dur. Après plusieurs mois en dehors des terrains, il est revenu en super forme, comme s’il n’avait pas été blessé. On est très heureux pour lui et on espère pouvoir l’aider à montrer toute sa valeur ici. »
Alors que l’OM se prépare à défier Angers, le message de De Zerbi et d’Emerson est limpide : concentration, rigueur et esprit collectif seront les clés pour transformer les paroles en performance. Entre gestion fine de l’effectif, retour en forme de Traore et ambition affichée, Marseille entend bien montrer sur le terrain que le club est prêt à relever les défis de cette deuxième moitié de saison.
Photos : Alain Robert – Le Méridional