mardi 13 janvier 2026
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L’étonnante histoire de l’hôtel de Cabre

Construit au XVIe siècle, l’hôtel de Cabre reste le plus vieil immeuble de Marseille. Il porte de nom d’une famille de négociants d’Aubagne qui y a habité trois siècles durant. Qui aurait pu imaginer le destin de cet immeuble, reconnu monument historique, qui a d’abord été vendu aux enchères en 1812, puis mis en vente […]

Construit au XVIe siècle, l’hôtel de Cabre reste le plus vieil immeuble de Marseille. Il porte de nom d’une famille de négociants d’Aubagne qui y a habité trois siècles durant. Qui aurait pu imaginer le destin de cet immeuble, reconnu monument historique, qui a d’abord été vendu aux enchères en 1812, puis mis en vente […]

Construit au XVIe siècle, l’hôtel de Cabre reste le plus vieil immeuble de Marseille. Il porte de nom d’une famille de négociants d’Aubagne qui y a habité trois siècles durant.


Qui aurait pu imaginer le destin de cet immeuble, reconnu monument historique, qui a d’abord été vendu aux enchères en 1812, puis mis en vente le site d’annonce en ligne Le bon coin en 2021. C’est le promoteur immobilier marseillais Rise qui le rachète finalement et réalise plus d’un million d’euros de travaux pour restaurer les éléments les plus emblématiques du bâtiment et rénover l’intérieur pour créer 4 logements avec un commerce en rez-de-chaussée.

Un des seuls bâtiments sauvés des bombardements

Classé en 1941, le bâtiment est l’un des seuls à être resté debout après les bombardements allemands de 1943, avec l’église Saint-Laurent. Plus de 1200 immeubles autour du Vieux-Port disparaissent alors.

En 1954, alors que se redessine la ville, pour libérer la Gran Rue tout en conservant l’édifice, il pivote de 90° ! Une véritable prouesse technique. L’immeuble, construit 5 siècles auparavant, est scié à sa base, placé sur des rails et déplacé chaque jour de quelques centimètres. « Les journaux titrent quotidiennement en disant l’hôtel de Cabres a avancé de X centimètres hier. C’est vraiment un événement majeur. Et les gens viennent regarder le spectacle » raconte Ludovic Herrero, co-fondateur de l’agence Rise, s’appuyant sur les archives qu’il a consultées.

Des découvertes historiques

Lancé en 2024, le chantier de rénovation a permis de restaurer ses sculptures en façade, de refaire les menuiseries du XVIe siècle, dont les vitraux ont été conservés et doublés par l’intérieur pour améliorer l’étanchéité ainsi que l’isolation thermique et acoustique.

Lors de la rénovation ont été mise à jour des peintures sur les poutres intérieures, qui laissent penser qu’elles datent du temps de la famille Cabre, car parmi elles figurent des chèvres, qu’on retrouve sur le blason de la famille.

Les poutres des plafonds ont été laissées apparentes pour montrer les peintures qui dateraient du XIVe siècle. ©SK – Le Méridional

Le choix de poutres apparentes s’est alors imposé lors de la rénovation et l’agencement des appartements a été possible en construisant des boites autoportantes, selon le système dit de boite dans la boite, pour ni s’accrocher sur les poutres, ni les occultées.

Une rénovation minutieuse

Les poutres ont aussi fourni de précieux indices quant à la période de construction de l’immeuble, et la date de 1535 qui reste incertaine :

« On a fait des datations de poutres, on a trouvé des faisceaux d’indices qui nous permettent de dire que ça peut dater de cette époque-là, que c’est peut-être une reconstruction, pas une construction initiale » explique Ludovic Herrero, co-fondateur de l’agence Rise. « Probablement, Louis de Cabre, au début du 16e siècle, achète le terrain pour faire construire sa maison, et en 1535, il est nommé consul de Marseille », ajoute Stefania Guiducci, gérante de l’agence d’Archigem.

Stefania Guiducci, gérante de l’agence d’Archigem et Ludovic Herrero, co-fondateur de l’agence Rise présentent les restaurations de l’hôtel de Cabre ©SK – Le Méridional

Des savoir-faire ancestraux alliés aux techniques modernes

Les aménagements choisis offrent un design très moderne et façonnent de grands studios avec un meuble central qui sépare la chambre du salon, pour conserver, autant que possible, la disposition originelle poursuit l’architecte : « On voyait bien que ce n’était qu’une seule pièce. Alors quand on a imaginé la rénovation, on a proposé un projet qui prenait en compte l’histoire du bâtiment ». Ainsi les pièces humides, cuisine et salle de bains, ont été disposées là où il avait déjà des réseaux.

Les travaux ont été achevés le 20 novembre dernier et les clefs remises aux 4 propriétaires. L’immeuble entame progressivement une nouvelle vie à mesure que les locataires s’installent.

Séverine Krikorian

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